7/10

12 Mois

12 mois, un an, quatres saisons... Voici le cadre de ce manga sentimental : la chaleur de l'été, la nostalgie de l'automne, la désolation hivernale et le renouveau printanier illustrent les espoirs et les déceptions amoureuses de la petite Tosachi.
Le cycle irrémédiable des saisons donne une tournure inéluctable aux événements, une sensation de prédestination que l'on peut souvent associer aux histoires d'amour.

12 mois
12 mois
L'histoire débute sur un ton léger et joyeux, flirtant souvent avec le merveilleux, éminemment lié au point de vue interne de Tosachi. Avec le début de l'été vient Shû, qui semble avoir avoir apporté le beau temps avec lui tant il est beau au yeux de l'héroïne.
Mais au fil de l'histoire et alors que les saisons s'écoulent, toute la magie enfantine s'estompe et la réalité devient froide et implacable, comme l'hiver ou la sortie de l'enfance.
L'histoire s'achève sur le printemps, qui est la saison des nouvelles rencontres et de la joie à venir.

S'il ne fallait pas attendre autre chose de Mari Okazaki qu'une histoire d'amour, cette dernière n'en pas moins absolument atypique et unique. Il est très impressionnant que constater que l'auteur sait garder les mêmes thèmes et idées en main, et donc rester relativement prévisible, tout en apportant à chacune de ses oeuvres une esthétique, une valeur exclusive.
C'est ici la dimension merveilleuse et poétique qui donne à 12 Mois toutes ses lettres de noblesse. Okazaki nous dévoile tout son génie lyrique, déjà entrevu dans certaines nouvelles de son recueil Le Cocon, mais totalement libéré ici. De Merino, personnage omniscient doté d'une paire d'ailes et capable d'entendre la naissance de l'amour aussi nettement que le son d'une cloche, au dragon annonçant le début de l'hiver, les images poétiques de l'auteur fonctionnent avec brio, et s'il fallait comparer à un autre auteur, ce serait sans doute à Hayao Miyazaki.
A cette débauche de surnaturel contraste la pauvreté réaliste de fin de récit, accentuant la désillusion de l'héroïne. Néanmoins, comme dans BX, les dernières pages restent clairement positives, et annoncent le retour du merveilleux comme du bonheur.

Il n'empêche que les thèmes propres à l'auteur sont toujours là, à savoir la passion amoureuse, moins malsaine que dans Déclic Amoureux, mais bel et bien présente à travers le personnage de Tosachi. Comme toujours, cette passion déçue est le moteur du personnage, qui s'en nourrit pour avancer, et comme toujours, c'est avec un certain recul caractérisé par le ton humoristique du manga, que l'auteur dépeint un univers que l'on sent plus ou moins inspiré de la réalité.
Les dessins sont moins vides, plus aboutis que dans les autres oeuvres de l'auteur. On peut presque ressentir leur texture, notamment par un effet de consistance plutôt rare dans le monde du manga. Les émotions sont superbement bien rendues, mais le style reste celui de Mari Okazaki, moins net, plus ‘sale' que la moyenne, mais aussi très efficace, et surtout de plus en plus appréciable au fur et à mesure qu'on a l'occasion de l'observer.

Tout comme ses dessins, Mari Okazaki est un auteur qui gagne en intérêt au fil des lectures, 12 Mois permet de témoigner à nouveau. Ce shôjo (qui n'en est pas vraiment un) est d'excellente qualité, d'une fraîcheur et d'une créativité assez grande pour faire oublier tout les soucis mineurs de narration et de dessins vides inhérents au style.

A découvrir

Monsieur est servi

Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques