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Abenobashi Magical Shopping Street

Quand on parle du studio d'animation Gainax, c'est quasiment uniquement pour parler d'Evangelion, leur création la plus importante, à laquelle des millions d'otakus vouent un véritable culte pas forcément justifié. Mais rien ne nous avait préparés à Abenobashi Magical Shopping Street...

Quand on parle du studio d'animation Gainax, c'est quasiment uniquement pour parler d'Evangelion, leur création la plus importante, à laquelle des millions d'otakus vouent un véritable culte pas forcément justifié. Quoi qu'il en soit, la evamania assurera toujours à Gainax des revenus considérables et lui permet de se lâcher totalement. FLCL fut le premier délire sorti de l'imagination de cette équipe talentueuse. Mais rien ne nous avait préparés à leur dernière production : Abenobashi Magical Shopping Street.

Sashi et Arumi sont deux amis d'enfance qui habitent depuis toujours dans le quartier d'Abenobashi qui porte le nom de la galerie marchande se situant en plein coeur. Modèle d'architecture, cette galerie se compose de deux grandes rues traçant les axes nord-sud et est-ouest en parfait accord avec les points cardinaux. Il faisait bon vivre dans ce coin un peu rétro d'Osaka mais la modernité et le progrès arrivent à grands coups de buldozers pour remplacer ce paisible quartier par une série d'immeubles et pour détruire les rêves d'enfants. En effet, la famille d'Arumi qui possède le grill Pélican va déménager à Hokkaido. Arumi étant évidemment du voyage, elle ne verra plus Sashi et ça rend ce dernier assez triste. Dans ce contexte un peu morose, un incident grave va survenir et envoyer le grand-père d'Arumi à l'hôpital. Le lendemain, Sashi et Arumi vont être projetés dans un monde très bizarre ressemblant à leur galerie préférée mais au Moyen-Age ! Dans ce monde surréaliste et très coloré, ils vont retrouver tous les personnages qu'ils connaissent (leur familles, les commerçants...) ainsi que la mystérieuse et pulpeuse Munémuné. Quand ils trouveront enfin le moyen de quitter ce monde, ce sera pour replonger dans un autre Abenobashi...

A travers 13 épisodes, nos deux héros vont visiter 10 mondes différents ayant chacun un thème bien précis : le Moyen-Age, la SF, le polar, la Chine et le kung-fu... Tous ces mondes sont évidemment "haut en couleurs" et les auteurs s'en sont donnés à coeur joie pour les créer. Chaque monde regorge de parodies et de références aux grands standards des mangas, du cinéma et des jeux vidéo tout en préservant l'univers propre d'Abenobashi empreint de magie et de yin-yang. Ainsi, on retrouvera les grands-parents des héros costumés façon Freddy vs Jason, des combats de grands robots avec des armes aux noms débiles, des collégiennes aux grands yeux et aux longues nattes, des voyages façon 2001 L'odyssée de l'espace... Mention spéciale à l'avant-dernier épisode qui arrive à parodier un nombre incroyable de films en quelques minutes seulement. Les mondes n'étant pas réels, il n'y a aucune limite à l'imagination et les créateurs n'hésitent pas à tuer leurs héros ou à nous offrir des scènes encore plus irréalistes que dans un épisode de Kimengumi. On répète souvent que les japonais sont des gros pervers et bien Gainax l'assume totalement en affublant tout le temps ses héros féminins de formes et de vêtements affriolants. Le studio se moque même souvent gentiment de ceux qui ont fait leur gloire : les otakus.
Pourtant, bien que l'on s'amuse beaucoup et que l'humour soit souvent en dessous de la ceinture, le scénario n'a pas été oublié et se révèle assez complexe et même plutôt triste. Les phases purement scénaristiques sont totalement à contre-pied de l'ensemble de l'anime et parviennent à introduire un décalage et beaucoup d'émotions pour les personnages. Bien développée et suffisamment complexe, l'histoire paraîtra sûrement moins obscure aux anti-Evangelion.

Cerise sur le gâteau, Abenobashi est un petit bijou technique. J'ai rarement vu un anime avec des plans aussi travaillés, aussi fournis en détails et jouant aussi bien sur les contrastes et la lumière. Cela va même plus loin que cela : Gainax change parfois totalement de style entre les épisodes, passant d'un anime normal à des angles de caméras loufoques et à des persos déformés. Chaque monde a ainsi son style bien à lui collant parfaitement avec l'ambiance qu'il dégage. Enfin, l'animation est sans faille et bien plus détaillée que dans la plupart des productions.

Drôle, innovant et original, que peut-on reprocher à Abenobashi ? D'abord la BO n'est pas exceptionnelle. Les mêmes thèmes sont réutilisés malgré les changements de monde et c'est bien dommage. De plus, la qualité des épisodes est très variable. Si on atteint des sommets à certains moments, deux des épisodes sont très longuets et pas extraordinaires. Enfin, certains gags finissent par être lourds à force de les revoir dans tous les épisodes. Et pourtant, passer à coté d'Abenobashi serait une grossière erreur. Si vous en avez marre des "Pokemon Shonen Gundam Vampire", foncez sur cet anime qui vous fera un peu réfléchir sur votre condition d'adulte tout en vous faisant bien marrer.

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    1 commentaires

    • lemouetton

      20/12/2008 à 16h46

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      J'ai vu cet animé il y a un petit moment aussi mais je me dois de lui poser une critique tellement je l'avais apprécié.


      Bien qu'après avoir vu le premier épisode j'ai hésité à regarder la suite, il n'en a pas été de même avec les suivants. En effet l'histoire est longue à se mettre en place mais l'univers qui en découle est tellement loufoque que ça vaut le coup de persévérer (mais qu'un petit peu ^^).


      Je ne me rappelle pas avoir trouvé certains gags lourds comme tu dis car la série est assez courte au final. D'ailleurs certains m'ont vraiment fait rire! Mais derrière cet humour se cache une "vraie" histoire et il serait dommage d'y passer à côté.

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