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Aï Suru Hito

Aï Suru Hito parle de sexe à longueur de pages. Mais non, ce n'est pas un manga bassement érotique que nous avons entre les mains. Avec un peu de chance, d'ici la fin de cette critique, vous aurez été convaincus.

Dans la vie, on ne fait pas toujours ce qu'on veut, ça c'est sûr. Faut savoir se résigner, prendre un ou deux coups pour mieux en profiter après, tout le monde sait ça, à défaut de le mettre en pratique. Enfin, c'est un peu ce qu'on se dit quand le Boss sort de son sac un manga avec une couverture comparable à celle de Aï Suru Hito. On soupire, on prend sur soi, et on se barre en traînant des pieds et en pleurnichant, dure vie de rédacteur... qu'est ce qu'y faut pas faire pour la bonne cause.

Aï Suru Hito
Aï Suru Hito
Attitude fort peu justifiée à vrai dire, tant la couverture de Aï Suru Hito est - pour une fois - très mal représentative du contenu. D'ailleurs, ne tournons pas autour du pot. Autant mettre les choses au point de suite : oui, la mention ‘Pour Lecteurs Avertis' a bel et bien une raison d'être, et oui Aï Suru Hito parle de sexe à longueur de pages. Mais non, ce n'est pas un manga bassement érotique que nous avons entre les mains. Avec un peu de chance, d'ici la fin de cette critique, vous aurez été convaincus.

Aï Suru Hito parle de sexe. Un peu réducteur comme qualificatif peut-être ? Que nenni. Voyez un peu : Sakiko est folle amoureuse de son jeune et vaillant prof de droit. Elle fait tout pour s'en rapprocher, et ce dernier l'ignore superbement. Un beau jour, elle se retrouve à la porte, et fait la connaissance de Natsuo, frère dudit professeur. Il l'invite à vivre dans un studio à coté de celui de son frère. Seulement, Natsuo est un dragueur plein d'arrières pensées, et profite pleinement de l'innocence de la petite Sakiko, qui quant à elle, voit un moyen de se rapprocher de l'objet de son amour. Elle parviendra à ses fins après maintes tentatives, pour constater que son beau professeur est - désolé d'être cru, les enfants - nul au lit. Alors se pose le plus grand dilemme de sa vie : du dragueur qui connaît tout au sexe ou du professeur qui à un peu plus de mal à ce niveau, mais qui reste le Grand Amour d'une vie, qui choisira Sakiko ?
Avec une intrigue de ce genre, vous comprenez bien que le sujet est placé plutôt en dessous de la ceinture. Pourtant, Aï Suru Hito n'est jamais vulgaire. Explicite et débile, d'accord, mais jamais vulgaire !

D'une part, il faut bien dire que les scènes purement érotiques sont assez rares, et on pourrait presque aller jusqu'à dire qu'elles se justifient au niveau du scénario. Le ‘presque' fait toute la différence, et le jour où le contenu d'une oeuvre arrivera à transcender une scène de sexe en ce qu'elle n'est pas, prévenez donc la rédaction de Krinein. Il n'empêche aussi qu'elles se comptent sur les doigts de la main, parsemées sur les quatre volumes qui composent la série.
Cela dit, parvenons au coeur de ce manga, le noyau dur, l'âme même de l'oeuvre, qu'est l'humour. Toute l'histoire de Aï Suru Hito est dévouée, tournée vers ce but sublime qu'est le rire. Chaque situation, chaque phrase, chaque regard, a pour essence la cause comique.

Un humour très ciblé, digne héritier de City Hunter dans un sens, mais peut-être encore plus poussé. Un touchant mélange entre caricatures et blagues on ne peut moins subtiles s'enchaînent à une vitesse frénétique. Le premier volume saura vous divertir, mais c'est à partir du deuxième que l'oeuvre prend ses réelles proportions comiques.
Un mot sur les caricatures, très bien réussies, surtout celles en fin de chapitre, mettant en scène les aventures de l'auteur aux prises avec les chats de son voisinage. Combiné à un comique basé sur la répétition et les personnages (Sakiko la première), on se surprend à rire aux éclats. Un bon humour bien débile comme on en voit rarement, mais toujours affublé d'un certain cachet, d'un style personnel que nous vous laissons le soin de découvrir, et qui ne va pas sans une certaine lecture parodique du shôjo mielleux, avec deux ou trois scènes d'anthologie comme le rêve prémonitoire à deux balles.

Aï Suru Hito se lit donc avec plaisir, pourvu que les blagues salaces ne dérangent personne. Le dessin est vieillissant, mais ne gêne en rien la lecture. Une belle oeuvre qui prouve que les japonais peuvent aussi faire des mangas tournant autour du sexe tout en cultivant une certaine qualité. En ce sens, Aï Suru Hito est même un miracle de la bande dessinée.

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Sirius

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2 commentaires

  • Tenshikurai

    26/11/2005 à 14h39

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    J'ai vraiment beaucoup rigolé en lisant Ai suru hito, les gags ne sont absolument pas fin et portés vraiment beaucoup sur le cul mais mon dieu que c'est drôle. De plus l'histoire n'est pas spécialement longue ce qui évite une trop grande "lourdesse".
    J'ai un ami qui n'a pas supporter la lecture, mais je pense qu'une vision très machiste de ce genre de manga ne peut pas être une reussite!
    Pour terminé si on aime rire, et qu'on a un moment à passer sans se prendre la tête, la lecture de Ai suru hito est toute conseillé!!!

  • Anonyme

    19/11/2008 à 20h33

    Répondre

    que dire de ce manga sinon qu'il est excellent! les graphismes sont jolis et surtout c'est à mourir de rire!!!

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