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Ailes d'Honneamise (Les)

Alors que les Français découvraient le Club Dorothée et Akira au cinéma, Hiroyuki Yamaga s'était fait un nom au Japon en écrivant et en réalisant Les Ailes d'Honneamise, sommet du film d'animation...

A une époque indéterminée, au royaume d'Honneamise. L'armée a vu naître en son sein une section aérospatiale avec pour but avoué d'envoyer des hommes dans l'espace, entreprise jamais réalisée jusqu'alors et régulièrement réduite à l'échec. Alors que les autorités songent à stopper les financements de la Royal Space Force, l'incrédule Shiro se porte volontaire pour une nouvelle mission, fraîchement convaincu du bien-fondé d'un tel voyage par sa rencontre avec la pieuse Riquinni. Mais les ennuis commencent avec l'entraînement et la construction d'une fusée, car le royaume traverse une crise économique et militaire qui pousse ses habitants à attendre des mesures plus sociales de la part du pouvoir.

Alors que les Français découvraient le Club Dorothée et Akira au cinéma, Hiroyuki Yamaga s'était fait un nom au Japon en écrivant et en réalisant Les Ailes d'Honneamise, sommet du film d'animation qui, malgré ses multiples récompenses aux oscars locaux, devra attendre quelques années et la première vague de direct-to-video manga destinés à notre beau pays.

Si le film reste agréable à l'oeil presque vingt ans après sa réalisation (décors détaillés et soignés, animation généralement fluide), son intérêt tient davantage à ses qualités d'écriture et de mise en scène. Le moindre plan fait l'objet d'un cadrage et d'une disposition très travaillés. Quant au découpage du story-board, cumulatif et très étudié, il met en valeur chaque élément, visant toujours à produire un effet précis chez le spectateur.

Mais tout monteur de génie que l'on soit, on ne captive pas les foules avec du vent. Et Honneamise n'a pas grand chose à craindre de ce côté-là. Le récit au « présent alternatif » préfigure des oeuvres comme Jin-Roh ou Serial Experiments Lain : une trentaine d'années après le début de la conquête spatiale, Yamaga nous montre un monde au style architectural et vestimentaire rétro-futuriste, nourri d'influences aussi bien occidentales qu'orientales, dans lequel l'espace est toujours cette dernière frontière que personne n'a jamais approchée. Honneamise pose ainsi la question : et si le Japon l'avait réussi avant ? La réponse, de l'ordre de la fiction, propose néanmoins une lecture incroyablement stimulante de l'histoire aérospatiale en montrant les multiples implications que peut avoir une telle aventure.

Ainsi, le film comporte presque à chaque instant plusieurs niveaux de lectures. Ce jeune homme qui, lors de la scène d'ouverture, rêve comme un gosse devant les décollages d'avions, s'avérera l'élu idéal pour faire rêver les hommes de ses propres voyages, spatiaux. D'abord blasé par le monde qui l'entoure et par sa condition, peu excitante à ses yeux, Shiro va trouver une raison de vivre en rencontrant Riquinni, une dévote vivant à l'écart de la civilisation. Son point de vue de croyante, qui lui fait voir la conquête des étoiles comme quelque chose de positif et divin, balance habilement le regard pragmatique du héros réduit à l'état de pion dans le jeu politique que livre le royaume avec ses ennemis. Sans compter les remous sociaux qui surviennent avec la nouvelle notoriété de l'astronaute : folie médiatique, attentats...

Les Ailes d'Honneamise raconte également le cheminement interne de son protagoniste (procédé narratif que reprendre plus tard Oshii). Dans plusieurs scènes, Shiro voit la lumière au sens premier du terme, ce qu'il faut évidemment lire comme une métaphore de son parcours spirituel. Lié à un corps d'armée faisant tant bien que mal le lien entre les militaires et les scientifiques (tous volontairement caricaturaux), le héros fait le lien entre la jeune fille et « les hommes ». Touché par son engagement, il ressent pourtant une attirance sexuelle pour elle. Son refus le pousse à réfléchir sur les relations humaines. L'occasion pour lui de comprendre que le rêve d'aller dans l'espace cache des choses peu avouables : si des combines politiciennes sont nécessaires pour mener à bien la construction de la fusée, ces mêmes combines causent la destruction des maisons des plus démunis.

En dépit d'une légère baisse d'intensité dans la seconde partie, Les Ailes d'Honneamise se termine par un final absolument étourdissant, entre film de guerre et aventure épique aux portes de la science-fiction. La dernière séquence, sublimée par la musique de Ryuchi Sakamoto, prend même des allures métaphysiques qui rappelleront le 2001 de Stanley Kubrick. Ces quelques images nous disent qu'à travers le destin individuel d'un homme, ce n'est rien de moins que l'histoire de l'humanité que nous conte ce film. Cette humanité qui, au-delà des guerres et de la folie, pousse les hommes à se dépasser et à se rapprocher de Dieu.

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1 commentaires

  • Anonyme

    11/05/2009 à 03h35

    Répondre

    Très déçu...


    Le film est très... très ... très calme... Pas ou très peu d'action. On s'attend bien à ce que ça bouge un moment ou un autre mais rien ne vient sinon à la toute fin mais il est déjà bien trop tard.


    Je me suis endormis... J'ai fait l'effort de revenir où j'en étais une fois reveillé mais rien n'y a fait, on ne dépasse pas le niveau d'un épisode de Derrick et l'effet est identique !


    J'attend d'un manga, sinon un bon défouloir, (AKira, Ninja Scroll, Ghost in the shell, ...) au moins un scénario captivant (Chihiro, Le chateau ambulant, ...) mais je n'ai rien trouvé de tout cela dansLes ailes d'Honneamise...

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