Les Akata des mois de mars-avril 2015

Le mois en deux mots trois mouvements : crise d’identité / tristesse / découpage / bourrinage


Dans l'intimité de Marie 1 : Le nouveau titre des éditions Akata nous met dans la peau (Very poor choice of words comme dirait le Joker…) d'Isao Komori, un jeune adulte qui a abandonné l'idée d'aller à l'université. Dans son quotidien d'hikikomori (une personne qui reste cloîtrée chez elle et qui ne cherche aucune interaction avec les autres), sa seule lumière vient d'une lycéenne qu'il voit le soir lorsqu'il va faire ses courses à la supérette du coin. Alors qu'il la suit (mode stalker activé…), elle va se retourner et lui sourire. Après ça, c'est le trou noir dans les souvenirs de Komori. C'est vraiment dommage parce que lorsqu'il se regarde dans le miroir… il est devenu ladite jeune fille ! Dans l'Intimité de Marie fait partie de ces étrangetés dont on ne sait pas trop quoi penser au premier abord. Alors qu'on aurait pu s'attendre à une déferlante de fanservice (le pitch va quand même énormément dans ce sens), Shûzô Ôshimi prend ses lecteurs à revers en tentant de les faire réfléchir un petit peu. En réalité, qu'est-ce que signifie le genre ? Peut-on être la même personne en étant une femme ou en étant un homme ? Komori réfléchit à tout ça et se rend compte qu'être lycéenne, ce n'est pas si facile. Entre la gestion du cercle d'amis de Mari, la préservation de sa réputation et de son niveau scolaire, il a du pain sur la planche ! Il sera aidé par une autre lycéenne qui semble aussi fasciné par Mari que lui. Yori ne lui a pourtant jamais adressé la parole et se contentait joyeusement de la stalker compte tenu des tas d'informations qu'elle possède… Les deux stalkers vont-ils faire la paire ? Pas si sûr quand on voit Yori agir comme une gamine à injurier Komori (ou lui dire qu'elle le hait) toutes les trois lignes. Les réactions de la camarade de classe de Mari sont peut-être le point noir de ce premier volume. Il y a un mélange de jalousie et de gaminerie qui est difficile à appréhender et peut-être un peu trop exacerbé pour être réaliste. Quand on y pense, Komori n'a (pour le moment en tout cas) rien fait de mal. Il ne comprend pas ce qui lui arrive et cherche des repères. Malgré la tentation, il n'a pas succombé au voyeurisme et le justifie par une sorte de déification de la jeune fille. Pour Komori, elle reste encore quelqu'un d'inaccessible et représente la pureté et l'innocence de la jeunesse. On peut se douter qu'il finira par regarder mais ce moment ne pourra qu'être synonyme d'une ré-humanisation de Mari. Avec un tout petit tome, difficile de vraiment juger Dans l'Intimité de Marie mais l'histoire possède un côté addictif et des éléments particulièrement intrigants. On ne manquera pas de vous en reparler ! 

Double Je 1 : Nobara et Kotori sont deux jumelles qui ont grandi avec un caractère complètement différent l'une de l'autre. Alors que Kotori fait tout correctement, Nobara est plutôt rebelle. Malheureusement, la tragédie guette la famille… Pourquoi un tel résumé ? Parce que spoiler ce titre serait assez dommage, surtout au premier volume. Au final, qu'en dire ? Eh bien, j'ai surtout l'impression que Reiko Momochi déteste son héroïne ! En termes de drame, ça va très très loin… L'auteure n'hésite pas à lui faire subir deux épreuves particulièrement difficiles, épreuves qu'elle va réussir à surmonter mais qui ne la laisseront pas sans séquelle. Double Je est un jôsei qui s'intéresse à la douleur mais aussi à la rédemption. La vie de Nobara commence de manière traditionnelle mais très rapidement, ses relations avec sa mère vont se détériorer et la jeune fille va en être particulièrement chamboulée. C'est avec le temps et un petit jeu d'échange de places avec sa soeur qu'elle pourra trouver le moyen de renouer le lien. En fait, le problème est là. Nobara est incapable de parler directement à sa mère. Pour le faire, elle est obligée de passer par les traits de sa soeur. Même si son petit ami est capable de les discerner (grâce à un tout petit détail mais quand même), ce n'est pas le cas de la plupart des gens. Pour la jeune fille, même si sa mère ne se rend pas compte qu'elle est là, les moments partagés restent les mêmes et elle a une chance de rattraper le « temps perdu ». Cette série étant antérieure à Daisy, on aurait pu s'attendre à quelque chose de moins abouti scénaristiquement mais pas du tout. On retrouve déjà ce qui a fait le succès de la première série de l'auteure à être publiée en France. Les personnages principaux ne sont pas convenus et la construction de l'histoire réserve ses petites surprises et ses moments chocs. Il est, de surcroît, très difficile de ne pas se faire prendre par deux fois au piège de l'auteur et ce, même en ayant lu le résumé. Pour ma part, je suis donc curieux de voir comment la série va évoluer et surtout, dans ce jeu d'échanges, comment l'héroïne va réussir à découvrir qui elle est elle-même. 


Ladyboy VS Yakuza 2 : Le grand n'importe quoi continue sur l'île de Kon-Lancul même si Toshifumi Sakurai se permet de nous montrer qu'il peut aussi faire dans le drame. En effet, les retrouvailles entre Kôzô et son père ont un côté tragicomique prononcé. L'ambiance très décontractée du premier tome se fait un peu plus pesante et l'action est ralentie… pour repartir de plus belle lorsque le transsexuel croise la route de God. Ce dernier a monté une secte sur l'île qui comprend quelques adeptes qui cherchent à se repentir même s'il s'avère qu'il vibre assez rapidement lorsque le besoin s'en fait sentir ! C'est un personnage à deux visages que développe Sakurai et même si on se doutait qu'il y avait anguille sous roche, la naïveté de Kôzô le mettra en bien mauvaise posture. Ce n'est que le premier mais on se rend compte que les criminels de Sakurai ont de la ressource et qu'ils savent fomenter les pires plans pour arriver à leurs fins. L'auteur réussit à surprendre le lecteur en mettant en scène un événement qu'il est assez difficile de voir venir. Les méchants semblent triompher et Kôzô va probablement devoir agir comme un animal pour s'en sortir. Jusque là, les situations difficiles s'enchaînent pour lui et la chance semble l'avoir abandonné… ou pas. Il fait la rencontre de Lion, un monstre qui va devenir son « ami » et qui va peut-être permettre de redistribuer les cartes… Ladyboy VS Yakuza continue à nous faire rire tout en développant une histoire de plus en plus travaillée. La comédie pure laisse peu à peu la place à la tragicomédie dans un titre qui se complexifie avec le temps. 

Magical Girl of the End 5 : Militaires ou pas, les magical girls se font plaisir et continuent à massacrer joyeusement de l'humain sous les yeux de Kogami et des autres. C'est alors que Kentarô Satô fait naître l'espoir d'un personnage totalement inattendu… Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette fin de saison ne fait que poser des plus de questions… Une partie de la solution pour l'être humain se trouve dans le sang des magical girls, ces guerrières immortelles venues… du futur. Eh oui, on commençait à s'en douter avec le retour dans le passé mais c'est bien une technologie venue des humains qui est à l'origine de tous les maux. Le premier à le découvrir, c'est le policier pervers le plus classe du monde. Ce dernier se positionne clairement comme le pilier de la lutte contre les envoyées de Tsukune (ou de son alter égo, qui sait…). Par trois fois, il réussit à mettre à l'amende la même magical girl, lui-soutirant par la même occasion, des informations capitales.  Entre les révélations qui ne font qu'obscurcir les idées que l'on avait et la dose d'action monstrueuse, le lecteur ne s'ennuie pas une seule seconde.


 

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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