6.5/10

Akumetsu

Le Japon n'a décidément pas de chance. Bien que des milions de héros et de redresseurs de torts y sévissent, le nombre de méchants (mafieux, racketteurs, politiciens véreux) ne baisse jamais. Les deux auteurs d'Akumetsu nous proposent donc une nouvelle version du héros défendant la veuve et l'orphelin, mais cette fois sous un angle beaucoup moins politiquement correct.

Le Japon n'a décidément pas de chance. Bien que des milions de héros et de redresseurs de torts y sévissent, le nombre de méchants (mafieux, racketteurs, politiciens véreux) ne baisse jamais. Les deux auteurs d'Akumetsu nous proposent donc une nouvelle version du héros défendant la veuve et l'orphelin, mais cette fois sous un angle beaucoup moins politiquement correct.

Et pour une fois, le synopsis de l'éditeur est parfait :
Récession économique, nation bureaucrate, corruption... Qui a mis le Japon dans cet état-là ?!
Puisque personne d'autre ne veut s'y coller, un héros va exterminer tous les méchants qui prolifèrent, sans en laisser un seul. Son nom : Akumetsu, le héros le plus méchant de l'histoire. Il va tuer, éliminer, éradiquer le mal au Japon !!

Akumetsu
Akumetsu
Cette petite description retranscrit parfaitement le ton de la série : violence, perversions, et une bonne grosse dose d'autodérision ! Akumetsu est un manga qui ne se prend pas au sérieux, et sur lequel les auteurs ont véritablement du recul.

Akumetsu n'est pas vraiment un héros ordinaire. Un héros, en temps normal, est un justicier, un redresseur de torts. C'est une personne intelligente qui décide de mettre ses capacités au service des opprimés. Akumetsu est une tête brulée, un être violent et sans concession. Sa méthode est simple : on trouve un gros méchant, on l'humilie, puis on le tue de manière très violente, et on se fait exploser la tête. Exploser ? Oui, mais il semble qu'Akumetsu n'en soit pas affecté, car on le retrouve dès le lendemain à chasser un autre lièvre.

Très sincèrement, la première chose à laquelle m'a fait penser ce manga, c'est à V pour Vendetta. La comparaison est flatteuse, mais assez inexacte. Le seul point commun entre ces deux “héros”, c'est leur goût pour les méthodes expéditives, éloignées des canons du genre. Le reste diverge totalement. Là où le comics était très sérieux, le manga devient délirant, et par là même, comique. Attention, ce ne sont pas les scènes qui se veulent drôle qui le sont (le SD parfois employé est assez raté), mais bien le deuxième degré. Tous les clichés (ou presque) du grand-méchant-pas-beau y passent, sous un angle assez caricatural. Le premier éliminé en est assez représentatif : ancien ministre des finances, il est maintenant conseiller dans une banque, il a détourné des centaines de millions de yens, et on le retrouve en train de peloter des lycéennes (“vendues” par des parents endettés) dans une soirée privée. Au premier degré, c'est affligeant, mais au deuxième, c'est marrant.

Le seul problème, c'est qu'en abordant ce manga, on ne sait pas trop si c'est “du lard ou du cochon”. Il faut attendre la fin du premier tome, et une note des auteurs, pour bien voir que ce n'est que du délire, et en aucun cas une vision douteuse de la justice partagée par les auteurs. Passé ce stade, le manga devient tout de suite plus divertissant, et plus agréable à lire.

Techniquement, c'est assez réussi : l'histoire se tient, et est pleine de Deus Ex Machina, prévisibles et attendus. Le dessin est maîtrisé, assez dynamique. Rien de révolutionnaire bien sûr, mais c'est loin d'être déplaisant à regarder. On remarquera toutefois que le style général fait penser à du manhwa plus qu'à du manga. Cela vient sans doute du trait très épais, et des visages parfois un peu vides (au sens vide de traits, pas d'expressions).

Coté édition, c'est du Taïfu, donc c'est propre et agréable. On appréciera particulièrement les petits lexiques qui jouent aussi le rôle de mini encyclopédie, sans laquelle on ne comprendrait aucune des références du manga. Au chapitre des bonnes idées toujours : la petite phrase qui dit quand le tome suivant sortira. Cela évite de devoir faire une recherche sur le net, c'est déjà pas mal.

Au final, on se doute qu'Akumetsu ne restera pas dans les esprits, à cause de son manque d'envergure. En revanche, on passe un bon moment à le lire, dès qu'on le prend au deuxième degré. Et pour une fois, fiez vous au petit logo “pour public averti” : Akumetsu, c'est avant tout beaucoup de violence gratuite.

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Azamaru

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