8.5/10

All my Darling Daughters

Cela faisait un bon bout de temps, depuis Everyday pour être précis, que Sakka n'avait pas sorti de manga sentimental qui vaille vraiment le détour. Jeux d'enfant était sympathique, mais était loin d'être un chef d'oeuvre. Mais cessons de médire : la barre est plus que redressée avec All my Darling Daughters, petite merveille du genre.

Cela faisait un bon bout de temps, depuis Everyday pour être précis, que Sakka n'avait pas sorti de manga sentimental qui vaille vraiment le détour. Jeux d'enfant était sympathique, mais était loin d'être un chef d'oeuvre. Mais cessons de médire : la barre est plus que redressée avec All my Darling Daughters, petite merveille du genre.

All my Darling Daughters
All my Darling Daughters
Comme pour la plupart des manga sentimentalo-réfléchis, l'héroïne possède un caractère bien trempé, et elle a dans ses connaissances directes des gens au passé fort. Et ne parlons pas de sa propre famille : sa mère vient de se remarier, avec un homme plus jeune qu'elle ("qu'elle" la fille, pas "qu'elle" la mère, soyons clairs) et la met devant le fait accompli. Elle-même décide rapidement de se marier, pour partir du domicile familial, où elle cohabitait sans trop de problèmes avec sa mère, mais dans lequel la présence du jeune époux (un ex-hôte de bar "spécial") rend les choses nettement plus difficile. Une transition qui se fait sans difficultés majeures, mais qui est nettement moins superficielle qu'elle n'y parait.

Rassurez-vous, All my Darling Daughters ne parle pas que de ce déménagement. Il s'agit même d'un événement mineur dans la non-histoire de ce one-shot. On serait bien en mal de décrire l'intrigue si on nous le demandait, puisqu'à l'instar du très beau Sing Yesterday For Me il s'agit d'une tranche de vie. On prend le train en marche, juste avant un événement marquant dans la vie du personnage, pour le lâcher un peu plus tard. Le récit se concentre autour de Yukiko (l'héroïne), et si elle n'apparaît pas lors d'un chapitre, c'est que la vedette lui a été soufflée le temps de quelques pages par une de ses amies proches. Des petites digressions qui ne servent finalement qu'à une chose : divertir le lecteur. Ces autres personnages ont aussi des personnalités fortes. On est loin, très loin des habituelles femmes de manga qui n'ont généralement pas grand-chose d'autre pour elles que leur beauté. Et ce qui leur arrive ne ressemble pas non plus aux actions convenues des rôles auxquels elles sont généralement cantonnées. On ne dira pas non plus qu'il s'agit d'une exception, puisque ces rôles de femme forte ont déjà été développés dans d'autres manga. Ce qui est particulièrement apprécié ici, c'est que Yukiko n'est finalement qu'une salarywoman, pas une chef d'entreprise, pas une rebelle qui vit de petit boulots, pas une femme qui suit ses rêves d'enfance et devient actrice ou je-ne-sais-quoi. Elle est une femme normale, qui s'embarrasse moins que les autres des conventions sociales. Une façon comme une autre de dénoncer les carcans sociaux qui semblent rester plus que présent dans la vie quotidienne des japonaises, mais une façon très agréable, tout en douceur. Le message passe bien, et le lecteur passe un bon moment, sans jamais y penser vraiment.

N'allez pas croire pour autant que ce one-shot est un pamphlet extrêmement bien écrit. C'est avant tout une oeuvre qui se veut divertissante, en alternant les passages plus intimistes, plus proche du shôjo et ceux qui se veulent comique. On rit souvent de bon coeur en parcourant ce manga, grâce à un humour adulte mais jamais gras. Comme quoi il ne sert à rien de donner dans la surenchère.

Mais ce qui se remarque dès le premier coup d'oeil, ce n'est ni la critique ni l'humour. C'est le dessin, tout simplement magnifique. La couverture suffit à nous en convaincre : Fumi Yoshinaga est vraiment très douée. En ouvrant le livre, on constate que le niveau baisse, à cause de l'aspect résolument shôjo du dessin, généralement dépourvu de décors et faisant la part belle aux gros plans sur les visages. Mais les illustrations que l'on trouve entre les chapitres sont, elles, absolument sublimes, et rappellent parfois Forget-me-not. On est très loin du trait généralement mal maîtrisé, un peu tremblant, peu affirmé qui va trop souvent de pair avec le genre.

Un seul regret, et il est minime : il faudra à quelques personnes (dont moi) une deuxième lecture pour bien saisir les relations entre tous les personnages. Mais cette deuxième lecture est tout aussi bonne que la première. Alors ne boudons pas notre plaisir.

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Paprika

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