7.5/10

Amour est une Protéine (L')

Huit autres récits de formats très divers (d’une seule page à une trentaine) composent ce recueil dynamique et surprenant, dont les traitements graphiques très diversifiés offrent un bon échantillon du potentiel de Choi Kyu-sok. L’esprit général reste néanmoins celui de la comédie noire, à l’ironie mordante.

Décidément les auteurs coréens de Nouilles Tchajang sont de sacrés cinglés. Après avoir découvert le travail de Ki-hyun Byun dans Lotto Blues et sa dizaine d'histoires tordues, voici venir le temps d'appréhender avec le plus grand soin l'humour profondément macabre et déjanté de Kyu-sok Choi dans L'Amour est une Protéine. L'espace de six nouvelles bourrées de créativité, le manhwaga nous embarque dans un trip fabuleusement onirique et burlesque. Dans cet ouvrage, le « portnawak » s'approche de l'absurdité dans sa grandeur la plus probante tout en gardant sous la main une importante part de nouvelles intéressantes. Cependant, l'importance des histoires rocambolesques n'a d'égal que leur don pour les émotions larmoyantes. Fort, très fort même si parfois inégal de l'un à l'autre. Un recueil d'ambiance, presque d'art et d'essai...

T'as la frite, poulet ?

Le récit éponyme ouvre ce recueil avec brio. L'Amour est une Protéine nous plonge d'emblée dans un monde fantastique où humains côtoient animaux géants et parlants et plus particulièrement un coq géant forcé de vendre son poussin de fils pour un délice de gallinacé frit. La nouvelle est hilarante de bout en bout et propose un délire total au pays de la consommation reine. Dans la même optique Dinosaure Dooly fait la part belle à l'absurde, reprenant un personnage de bande dessinée très connue au pays du matin calme.

(c) Casterman
(c) Casterman
Mais l'auteur sait aussi alterner avec des récits plus adultes et noirs, gardant une sorte d'humour mais plus détaché, encore plus macabre comme dans Cocaman ou Ma décision dans lesquels les comportements humains déviants sont mis en avant, laissant bien derrière lui les récits précédents mais avec autant de réussite. Pour conclure, le naïf Léviathan ne s'illustre que par son côté graphique en « conte » avec des tableaux. Inversement, Aiguille de pin apparaît comme le plus réussi avec un dessin très typé seinen dont on rêve de voir l'ensemble des manhwagas produire à longueur de volume.

 

Love, hate, love

Six histoires mais pas autant de chefs d'oeuvres, si la première est à mourir de rire, les autres explorent des domaines qui feraient presque penser à du manga d'auteur avec des thèmes et des styles graphiques changeant du tout au tout. Comme pour Lotto Blues, on passe aussi bien du traditionnel noir et blanc (Dinosaure Dooly, Aiguille de pin, Cocaman) à des histoires en couleur aux tons pastels (L'Amour est une Protéine) ou travaillés conventionnellement (Léviathan), voire même jusqu'à un très esthétique mélange de couleurs aux tons sombres (Ma décision). L'un ne ressemblant jamais à l'autre, difficile de se faire une idée définitive du style de l'auteur mais l'ensemble présente une facette plus que charmeuse à l'oeil.

Hanguk fait paraître son deuxième recueil de nouvelles et celui-ci tient la dragée haute au premier, tarissant d'un coup sec les reproches faits aux auteurs coréens. Pour autant, on se demande véritablement à quel public s'adresse la collection autre que des fervents passionnés de lecture asiatique. Car c'est certain, L'Amour est une Protéine restera un titre quasiment anonyme...

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