6.5/10

Aqua / Aria

Dans la lignée de Edison Fantasy Science, Kami sort un nouveau manga de science-fiction avec nulle autre ambition que de se rapprocher de l'univers de Yoshitoshi Abe. Un pur moment de détente en deux tomes.

Venise reste un lieu de mystères depuis plusieurs siècles. Lieu d'intrigue et de trésors cachés, la cité lacustre se voit transposé dans un futur lointain par Kozue Amano et son projet Aqua. Refaire vivre le métier de canotier à travers l'apprentissage de débutantes sans aucune notion et qui se lanceront à la découverte d'un monde fantastique dans lequel les chats représentent une communauté étrange. Un petit manga où rien ne semble se passer mais qui séduit doucement...

A quoi ?

Aqua (c) Kami
Aqua (c) Kami
2301. Les voyages intergalactiques sont devenus monnaie courante. Une jeune fille, Akari, se rend sur Aqua, anciennement Mars. Décidée à devenir une ondine, guidant les touristes à travers la ville, elle débarque ainsi à Neo-Venezia, bâtie sur les eaux et inspirée de Venise, pour tout apprendre du métier. Elle intègre la compagnie d'ondines Aria, tenue par un chat martien et par Alicia, une jeune femme connue à travers toute la ville pour être une des ondines les plus expertes. Akari fait également la connaissance d'Aika au tempérament survolté, qui est comme elle une ondine en devenir dans une compagnie concurrente...

L'ambiance ressemble étrangement à celle de Ailes Grises, le lecteur a l'impression de se faire bercer dans ce petit monde que l'on appréhende au rythme des flots tranquilles des canaux de Neo-Venezia. La poésie des mots et des regards perdus dans le lointain rappelle immédiatement le thème du rêve et du désir de devenir ondine du jeune protagoniste féminin. La vie de canotier vu par les yeux d'une jeune fille rêveuse apprenant le dur métier en s'émerveillant de tout et réalisant des rencontres opportunes vogue doucement, tout doucement. Et pourtant, le charme agit et le plaisir est au rendez-vous, on se laisse aller et on admire le récit qui ne semble suivre aucune autre directrice que celle de l'initiation d'Akari en se demandant où cela peut bien nous mener. Mais après tout, on s'en fiche. Et on admire la poésie. Aqua rappelle la poésie dernièrement entrevu dans Kamisama, la mélodie du vent porté par des chats aux allures fantastiques malgré leur apparence tout à fait commune (ou presque). Et sinon...

O sole mio

Le manga ne déborde pas d'une vitalité exceptionnelle tellement tranquille qu'il pourrait lasser et endormir certains du fait de son manque d'action flagrant. Ce point concédé, il faut préciser que Aqua se base essentiellement sur des dialogues et les pensées d'Akari sur sa situation avec humour et légèreté. Mais c'est surtout la ville en elle-même qui fascine par son côté romantico-futuriste mettant parfois en pleine page de superbes illustrations soulignant le caractère créatif du mangaka. Le lieu de l'intrigue est le véritable thème du manga, l'eau omniprésente impose une symbolique de douceur et de calme, laissant aller à des pensées de bien-être. Effet régénérateur entre deux lectures plus actives, Aqua apparaît différent : intéressant par son ambiance et son cadre mais manquant considérablement d'événements pour focaliser une attention certaine.

Kozue Amano offre un chara design des plus communs, ne mettant en scène que des héroïnes et des chats. Si le chara design est des plus communs et vire souvent au SD, il s'agit plutôt d'observer - comme dit précédemment - la ville en elle-même. Les bâtiments représentent un mélange superbe de l'époque romantique avec une touche futuriste qui ne prône que le beau par nature. L'eau y apporte un plus côté romantique pour un ensemble fou de créativité. La notion environnementale et de développement durable chers aux nippons est sans cesse évoqué par des touches intelligentes (canots sans moteur, éoliennes) pour un effet charmeur.

Dans la lignée de Edison Fantasy Science, Kami sort un nouveau manga de science-fiction avec nulle autre ambition que de se rapprocher de l'univers de Yoshitoshi Abe. Deux tomes sinon rien pour admirer un trait simple à première vue mais efficace sur des illustrations d'une nouvelle Venise. Le manga est à prendre comme une lecturette pour fasciner les yeux et rêver de la poésie. Mais sans créer de remous ni roulis.

Aria, la suite1180449701_250
Aria (c) Kami

La suite à l'identique mais sous un autre nom se nomme Aria. Même cadre, mêmes personnages, même scénario reposant sur à peu près rien d'autres que des instants kawaï. Cependant, Kozue Amano semble vouloir prendre plus de temps pour décrire l'environnement de Neo-Venezia et le système solaire propre qui lui est dû. Pour le reste, pas la moindre innovation, le manga est la copie conforme du précédent, notre héroïne conjugue toujours son bonheur d'être une ondine à celui des préoccupations de ses clients, le patron chat occupe autant de place dans les moments SD qu'auparavant et Aika joue la brune ténébreuse comme à son habitude. Le copier-coller est parfait. Bref, la même chose avec un titre différent pour un résultat similaire...

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