5/10

Arms

Ryouji Minagawa. Un nom qui ne dira probablement pas grand chose aux encyclopédistes adeptes de mangas, mis à part peut-être les ultra-branchés cyberpunk qui affirmeront avec une certaine satisfaction que le mangaka est déjà connu pour une série sortie en France sous le nom de Stryker. Et cet homme, selon certaines sources, serait l'instigateur de ce que nombre de gens bien informés n'hésitent pas à qualifier de « Nouvel Akira ». Plutôt flatteur, non ? Le nom de cet apparent prodige : Arms. Traduit de l'anglais : « Bras », ce qui n'est pas forcément une indication à prendre en considération. Vingt-deux volumes à se farcir, j'ai bien dit vingt-deux, versés goutte après goutte en France au rythme d'un bouquin tous les deux mois. En sachant que le numéro quatre vient à peine d'être traduit, faites le calcul et vous obtiendrez peut-être le dernier volume pour les fêtes de noël 2006. Commencer Arms, c'est s'engager sur le long terme, et surtout avoir confiance en sa propre détermination. Car, « Nouvel Akira » ou pas, le manga démarre nettement en sous-régime et supporte avec peine la réputation qu'on aimerait lui attribuer.

Arms
Arms
Dès les premiers jours de la rentrée, Ryo Takatsuki, jeune lycéen pourtant calme et affable, s'attire sans raison apparente les foudres du nouvel élève, Hayato Shingû. Le garçon va même jusqu'à enlever Katsumi, l'amie d'enfance de Ryo, pour l'attirer dans un piège et tenter de le tuer. Son atout principal : une prothèse au bras gauche incroyablement meurtrière, même pour quelqu'un d'aussi compétent en arts martiaux et survie en milieu hostile que Ryo. Mais l'affrontement des deux garçons est interrompu par Crow, un homme pourvu de griffes acérées visiblement commandé pour éliminer Ryo et Hayato. C'est alors que Ryo révèle, lui aussi, un bras bionique dévastateur et complètement hors de contrôle...

Le premier volume a de quoi déconcerter, de toutes les façons qu'une bande dessinée puisse déconcerter. En premier lieu, par son style graphique. Car il faut reconnaître que, si Minagawa reste un mangaka, la qualité du graphisme frôle parfois l'amateurisme chronique. Déformations des visages, proportions étranges, regards bancals, des petites difformités que l'on retrouve avec aigreur sur la totalité des volumes parus. Quand on a côtoyé des auteurs comme Tsukasa Hojo (City Hunter), Yukito Kishiro (Gunnm), ou encore Masakazu Katsura (I''S), le décalage est d'autant plus frappant, sans pour autant aller jusqu'à l'illisible, le bonhomme affichant tout de même une certaine aisance à rythmer l'action et la violence de son récit. Mais déboule alors un reproche nettement plus personnel : l'Arms. Une amas de processeurs et circuits qui prend à peu près n'importe quelle forme. Et souvent la plus hideuse. Les personnages se retrouvent dès activation dotés de bras de deux mètres complètement disproportionnés (d'où une première connexion avec Akira, le bras organique de Testuo dans les dernières minutes de l'anime), avec la farouche ambition de nous faire croire à une arme élégante, efficace, et très maniable.
Le scénario démarre lui aussi sous des augures à rendre sceptique voire suspicieux. Prenons le cas Hayato, le maniaco-névrosé sanguinaire en rage contre Ryo, qu'il croit engagé dans l'organisation « super-puissante » qui lui veut du mal, principal élément des premiers chapitres du manga. Il suffira de quelques pages pour le transformer en jeune lycéen très Cool Attitude, blagueur et sympathique. Ou tout du moins, c'est ce qu'on espère nous faire avaler. Combiné à Ryo, le taciturne héros calme, réfléchi, intelligent, compétent, et de surcroît doté de l'Arms la plus puissante, ainsi qu'aux Egregoris, l'organisation de proto-vilains au-delà de toute loi très intéressée par les Arms (coup de génie de l'auteur), inutile de dire que l'originalité a très peu de chance de provoquer une embolie cérébrale.

Et le second volume n'arrange rien. Takeshi, « l'homme qui a des Arms aux pieds » (je ne crois même pas ce que je viens d'écrire), débarque dans le même collège que nos amis, à la petite différence qu'il ne semble pas vraiment pourvu des qualités de héros réclamées dans le cadre de la lutte contre les Egregoris. Tout du moins dans les prémisses, puisqu'une bonne plâtrée de sentencieuses morales lui gavera le crâne et fera de lui un parfait troisième larron. Loué soit Ryo et son sang-froid à toute épreuve !
Les combats et destructions massives s'enchaînent parallèlement, sans temps morts, donnant bonne part aux aptitudes d'un Ryo toujours au mieux de sa forme, même dépourvu du contrôle de son cinglé de bras. Le rythme s'accélère dans le troisième volume, nettement plus généreux sur le combat de grande envergure (et aussi sur les phases de parlottes inutiles), apportant un certain nombre d'informations sur l'origine des Arms et du passé de nos héros. Un bagage scénaristique dans la continuité des deux premiers volumes, conventionnel dans la majorité de ses aspects. Mais c'est pourtant ce troisième volume qui marque le tournant de l'intérêt de la série, par le pivotement des derniers chapitres du volume en question. Inattendu. A tel point que la lecture du quatrième volume devient une nécessité jusqu'alors inconnue avec la série Arms.
Et ledit quatrième volume semble bien pédaler pour remonter la pente. L'arrivée du quatrième Arms (Kei, les yeux revolver), les X-Army des Egregoris, Ryo qui (enfin !) pète un peu les plombs, et quelques soubresauts amusants de révélations, si pris avec humour. Les bases restent toujours fragiles, Hayato insupportable, Takeshi absent, mais la trajectoire amorce une rectification qui ne pourra être confirmée que dans les volumes suivants.

Difficile de considérer une oeuvre de vingt-deux volumes, avec seulement quatre titres de parus dans notre beau pays du fromage qui refoule. Surtout en découvrant les deux premiers volumes, amorçant une histoire peu originale et sans réelle saveur, conventionnelle dans les thèmes abordés et portée par des personnages typés et peu attachants. Le troisième volume prend un virage serré, relançant du même coup l'intérêt de la série et cassant enfin les stéréotypes du genre. Confirmation il y aura, mais au rythme d'un volume tous les deux mois, les chances de laisser tomber redoublent de puissance.

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Basara

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4 commentaires

  • Anonyme

    21/08/2007 à 02h39

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    je pense que l'auteur de la critique est un grand fan de akira et a donc du mal a juger le manga a ca juste valeur n'acceptant pas de comparaison avec son manga fetiche.... de la a invoquer les rythmes de parutions comme un défaut (en suivant cette optique j'arreterais quasiment toutes mes séries , arf il reste plus de 15 one pieces a sortir , jvai les arréter c'est sur).... dommage , pourtant ce manga est loin de valoir un 5 sur 10

  • Prospero

    21/08/2007 à 10h15

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    Bah non, je ne trouve pas. Il n'y a guère qu'une ou deux références discrètes à Akira, qui ont toutes leurs sources dans l'argument éditorial affirmant que les deux séries sont comparables. Le plus choquant dans ce manga restant tout de même le dessin qui met un nombre de volumes conséquent pour devenir lisible et acceptable... Cela dit, Miura aussi a mal commencé, et j'aurais tendance à ne pas vouloir juger d'après les premiers tomes.

  • Anonyme

    21/08/2007 à 12h29

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    héhé tu es partout ^^

  • Anonyme

    03/11/2008 à 12h31

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    SUPER drole moi je vois rien de comparable avec akira, je n'est lus que 2 volumes, car l'histoire est au mm niveau que les graphique.


     Enfin bref rien a voir avec Akira.

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