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Astro Boy

Astro Boy est à ranger au rayon des oeuvres mythiques car ayant influencé beaucoup de mangakas actuels. Le fond de l'oeuvre est profond, avec une vision humaniste comme toujours chez Tezuka

Toute une génération a été bercée par un anime qui représentait le premier d'une longue série défilant sur les petits écrans. Aujourd'hui, bien sûr, cette animation n'a plus grand-chose à voir avec les productions actuelles donc j'ai décidé de ne me consacrer qu'au manga. Signé par la patte d'Osamu Tezuka (Nanairo Inko, le ara aux sept couleurs), Astro Boy est à ranger au rayon des oeuvres mythiques car ayant influencé beaucoup de mangakas actuels, qui n'hésitent pas à lui faire de sympathiques clins d'oeils d'ailleurs. Pourquoi parler d'une vieillerie datant de 1951 ? Tout simplement car le fond de l'oeuvre est profond, avec une vision humaniste comme toujours chez Tezuka, et aussi car une grande partie des oeuvres de l'auteur ne sont éditées que récemment.

Retour vers le futur

Astro Boy
Astro Boy
Les robots sont nés de l'imagination des hommes. Après plus de cinquante années passées à faire progresser et améliorer les intelligences artificielles, les hommes sont parvenus à créer des robots à forme humaine qui parviennent peu à peu à s'adapter à la vie humaine et assimiler leur mode de vie pour se confondre dans la population mondiale. Notre histoire prend forme à partir de 2003 lorsque Tobio, jeune garçon tout ce qu'il y a de plus normal, meurt dans un accident de voiture. Son père, le Dr Temma, étant un éminent chirurgien spécialisé dans la robotique et directeur du ministère des sciences, décide de le ressusciter, réalisant par la même occasion le robot le plus puissant au monde.

La folie d'un père jouant à l'apprenti sorcier va pourtant rapidement se transformer en un rejet colérique. Le fils prodigue n'est devenu qu'un ersatz d'humain ne grandissant plus. Vendu à un marchand puis à un cirque, Tobio est rapidement repéré par le Dr Ochanomizu qui va se poser en nouveau père et le transformer un peu plus qu'il ne l'est. Equipé de quelques gadgets indispensables pour créer un être parfaitement adapté à la charte robotique, Astro Boy est né. Doté de capacités spéciales, il se met au service des humains pour les protéger des projets les plus fous mis en place par tous les ennemis de l'humanité, monstres ou humains.

Face à des adversaires monstrueusement puissants ou aux pouvoirs immenses, Astro va devoir trouver plus que ses qualités innées pour parvenir à renverser la situation. En effet, il va devoir faire appel aux souvenirs de son ancienne vie pour faire ressurgir l'humanité profonde qui sommeille en lui mais aussi à ses amis comme Tamao ou son bienfaiteur, Ochinamozu. A travers des petits chapitres, la vie d'Astro va prendre forme et les relations entre humains et robots ne vont cesser de s'améliorer. Astro va devenir le Superman japonais. Sans aucun artifice, le manga parvient à s'imposer mais aujourd'hui la technique comme le fond ont pris un coup de vieux assez conséquent.

De mon temps... (voix chevrotante)

Osamu Tezuka n'hésite pas à se mettre lui-même en scène au sein de ses dessins avec les détails qui le caractérisent, comme le béret, afin d'exposer la situation à laquelle va être confronté. Comme d'habitude chez le mangaka, nous pouvons toujours retrouver un fond important qui s'articule autour du thème de l'humanité d'un androïde. Astro montre souvent bien plus de sentiments que ses adversaires humains. Malheureusement, le thème et la manière dont est traité ont pour majeur inconvénient le tempss. De nombreuses autres productions plus récentes ont traité le problème beaucoup plus complexement.

Astro Boy permet de poser les bases de nombre de mangas actuels, il est donc essentiel de jeter un coup d'oeil au minimum pour comprendre l'influence qu'il a eu sur les mangakas d'aujourd'hui. Par contre, question suspense scénaristique, on repassera...

Techniquement, il est clair et net qu'Astro Boy a pris un énorme coup de vieux. Un découpage simple, un remplissage parfois inexistant et des traits donnant des formes trop arrondies, preuve que le manga était avant tout destiné à une large partie de la jeune population de l'époque. Chacun des personnages possède des caractéristiques physiques qui permettent d'établir rapidement de quel bord il est (gentil/méchant). D'une simplicité enfantine parfois, le dessin passe souvent après le scénario et de nombreux défauts apparaissent au niveau des proportions et finitions.

Tezuka présente aussi les notions de tolérance et de courage du robot qui s'opposent aux sentiments d'incompréhension et de rejet dont font preuve la plupart des hommes lors des catastrophes qui les touchent. Ceci prend tout son sens lorsqu'on replace la création du manga dans le contexte du Japon des années 50. La reconstruction du pays nécessite un héros sans peur ni reproche, il est trouvé.

Essentiel par sa fraîcheur à son époque, le manga a mis plus de quarante années à franchir les frontières japonaises avec une réputation de vieillerie déjà présente vingt années plus tôt sur les écrans français. Dommage même si le message reste porteur. Enfin, Astro Boy ne constitue pas l'oeuvre la plus passionnante du maître mais il présente de nombreuses analogies avec la cohérence du reste de son oeuvre. Un manga à réserver au public désirant faire une plongée dans les sources du manga ainsi qu'à ceux désirant comprendre les nombreuses nipponeries présentes dans les mangas actuels.

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