8/10

Bakuon Rettô

Le monde des bosozoku est à portée de mains. Car le quotidien des Hell's Angels japonais ne s'avère pas de tout repos et leurs péripéties se montrent explosives...

Tokyo, 1980. Les parents de Takashi, très soucieux de l'avenir de leur fils, ont déménagé dans un autre quartier plus tranquille de Tokyo afin de séparer Takashi de ses mauvaises fréquentations. Il ne tarde pourtant pas à se faire de nouveaux amis et de l'avis de chacun : "c'est le bled, ici", "un vrai furyô ne peut pas rester toute sa vie dans un endroit pareil". Pour les jeunes gens, les seules distractions qui en valent la peine sont les rassemblements de motards. Vêtus de leur tenue de combat et regroupés en bandes très hiérarchisées, ils s'affrontent dans des courses de motos urbaines aussi impressionnantes qu'illégales ! Takashi découvrira avec engouement cet univers de chromes et de grosses bécanes, et il est prêt à tout pour en faire partie ! Voilà le timide Takashi, casque sur la tête, propulsé à toute allure sur le macadam tokyoïte ! Furyô manga typique, c'est-à-dire un manga de mauvais garçons, Bakuon Rettô impressionne par son style de dessin au graphisme nerveux restituant à merveille une ambiance digne des meilleurs romans noirs.

Bakuon Rettô
Bakuon Rettô
Tsutomu Takahashi nous avait plutôt habitués jusqu'à maintenant à nous délivrer des titres effrayants (Alive, Blue Heaven ou Sky High). Bakuon Rettô se montre radicalement différent avec un titre en partie biographique à travers lequel l'auteur se plaît à commenter en préface des éléments de sa vie de bosozoku. Le scénario nous emmène en pleine apogée du phénomène de réunions de motards au sein duquel l'itinéraire d'un jeune freluquet va se transformer en épopée drastique. Au rythme des poignées tournées, des conquêtes féminines et des petits larcins, Tsutomu Takahashi transforme son jeune héros en criminel en devenir. Proche du monde des yakuzas, celui des bosozoku promène des thèmes semblables, à savoir une grosse dose de testostérone drapé dans un honneur porté à tout bout de champ, cela peut parfois faire cliché mais on devient tout de même client. Car ça marche. La sauce prend car on sent une colère poindre et un manque de certitude de la jeunesse nipponne. L'évolution pas à pas de Takashi vers un destin inimaginable aux premiers instants est l'œuvre d'une très bonne narration. Espérons seulement que l'auteur parviendra à ne pas reproduire des conclusions branlantes de quelques-unes de ses autres œuvres.

S'il n'a rien perdu de la maestria de ses œuvres plus courtes, Tsutomu Takahashi trouve ici un écho avec encore plus de répondant car en adaptant son trait au contexte, il parvient à dégager un grand nombre d'images fortes et marquantes, comme ces motos prenant vie sur des planches entièrement dédiées à donner une impression de puissance. L'auteur y arrive à merveille et délivre un titre qui sent le soufre. Plus que les personnages déjà attrayants, c'est bien l'ensemble des caractéristiques graphiques du seinen manga qui lui donne un pouvoir attractif, quasiment sans faille.

Bakuon Rettô offre un éclairage intéressant et promet d'être une grande aventure sur les méconnus bosozoku et peut se ranger dans la même catégorie de titres qu'Ushijima ou Sanctuary. Un potentiel fort exploité à merveille par un auteur connaissant bien le sujet et dont on peut encore attendre monts et merveilles.  

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1 commentaires

  • Anonyme

    24/12/2008 à 19h16

    Répondre

    simplement genial tout ce que j aime

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