8.5/10

Barakamon T.1


Naru et Seishu
Seishu Handa, étoile montante de la calligraphie japonaise, collectionne les prix d'excellence pour son travail. Beau et jeune, mais surtout d'une arrogance sans bornes, il met sa carrière en péril le jour où, excédé, il assomme un éminent conservateur de musée qui juge son travail “formaté et sans saveur”… Sanction immédiate pour ce coup de sang : Seishu est puni et contraint d'aller expier son crime sur une petite île, au fin fond de la campagne nippone ! Le jeune citadin, qui espérait au moins pouvoir pratiquer son art dans le calme, ne tarde pas à déchanter : entre les voisins qui débarquent à l'improviste et la bande de gamins (et surtout la petite Naru qui ne compte pas lui laisser une seconde de répit en venant toute seule ou accompagnée) qui a choisi son atelier comme terrain de jeu, la partie s'annonce compliquée… Attachants, irritants, farfelus et pleins de vie, les habitants du village vont chambouler son quotidien bien réglé.

Difficile de parler de cette nouvelle série des éditions Ki-oon sans faire référence à Yotsuba &! (prononcez [jotsuba to]) donc ne vous étonnez pas trop ! Au niveau du graphisme, j'ai trouvé ça plutôt fouillé et moins simple que les traits rondouillards (mais parfaitement adaptés) de la petite fille aux cheveux verts. Plus de détails équivalent à plus de petites blagues en arrière-plan, ce qui ne manquera pas de faire sourire les lecteurs les plus attentifs ! Cette absence de rondeur dans le trait nous permet de réaliser directement que l'on se trouve du point de vue de l'adulte et non pas de l'enfant. Le point de focus n'est pas Naru, c'est bel et bien Seishu ici, ce qui change radicalement de la série publiée chez Kurokawa.

D'ailleurs, même si la petite Naru est l'un des personnages les plus importants, on se rend vite compte que tous les habitants du village sont un peu loufoques et qu'ils ont tous leur rôle à jouer. C'est à dire qu'ils n'hésiteront pas à débarquer complètement à l'improviste et à écouter à la porte du pauvre Seishu. Ce dernier devra apprendre à ne pas sous-estimer la vitesse de propagation des rumeurs dans le village sous peine de se voir affublé de nombreuses qualités qu'il n'a... pas vraiment (Moralité : Ne jamais laisser une gamine s'en aller en hurlant qu'on fait du "S & M") !

Plutôt que de se centrer sur la petite Naru, Barakamon met plutôt en scène la relation entre Seishu et le village. Le jeune citadin n'a pas vraiment l'habitude du fonctionnement de ce genre de communauté et se retrouve un peu perdu au début. C'est pour ça qu'il ne sait pas trop comment réagir quand une parfaite inconnue lui demande de garder son fils parce qu'elle doit aller pêcher ou même quand le vice-principal lui demande de lui apprendre le monocycle... Seishu va vite réapprendre à faire un peu plus confiance aux gens mais aussi à lui-même puisque c'est ce qu'il a perdu lorsque le conservateur du musée lui a fait la remarque qui l'a poussé à le frapper.

Avec de jolies références à Urashima Taro et à Dragon Ball, Barakamon démarre en trombe. Malgré ses ressemblances apparentes avec la série de Kiyohiko Azuma, c'est loin d'être un ersatz ou une pâle copie. Le titre possède ses propres points forts et met en scène une relation complètement différente (Seishu/Naru) de celle entre Yotsuba et son père puisqu'hormis la vivacité des jeunes enfants, les caractères sont totalement différents. Barakamon est une de ces séries à ne pas lire dans le métro si vous ne voulez pas qu'on vous prenne pour un fou. Eh oui, vous pourrez y mettre toute la bonne volonté du monde, à certains moments, impossible de se retenir de rire !

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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