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Beast of East

Le créateur de la Guerre de Lodoss revient en France pour une nouvelle saga de fantasy, où se mêlent créatures magiques, contes ancestraux, décors et vêtements traditionnels et affrontements physiques et spirituels.

Avec son ensemble graphique fortement détaillé et impressionnant, Akihiro Yamada a su impressionner avec la grande franchise Les Chroniques de la Guerre de Lodoss et en particulier avec son dernier ouvrage La Dame de Falis qui remettait au goût du jour la saga, plus seinen. L'auteur s'est attaché à l'heroic fantasy au point de faire paraître son propre ouvrage sur une base du folklore de l'Extrême Orient mais pour un résultat mitigé à tout niveau. Beast of East ou comment une lecture peut vous charmer graphiquement tout en ne vous laissant aucun souvenir graphique mémorable...

Number of the beast

Beast of East
Beast of East
Le roi Chû est mort ! Mais comment ? S'est-il immolé ? A-t-il été tué ? "Cela s'est passé mille ans avant notre ère. Chû, le dernier roi de la dynastie des In, se fait manipuler par une créature maléfique, et perd toute moralité avant de disparaître. Il existait à l'époque une renarde au poil doré et au visage blanc qui avait 9 queues. En Inde, elle se nommait Dame Kayô et avait ensorcelé le Prince Hansoku. En Chine, elle se faisait appeler Dakki. Deux mille ans plus tard, cette renarde s'introduit au Japon et provoqua une fois encore des nuages orageux, des cruautés et des obscénités..."

Dans la grande tradition de l'heroic fantasy, un groupe de héros alliés par la volonté du destin part combattre le puissant vilain pas beau prenant les traits d'une femme possédée par un démon renard. Inspiré des traditions orales asiatiques, Beast of East délivre un scénario pas vraiment original mais se complexifiant par une intrigue politique au cours de son dénouement. Mais tout de suite entré dans l'histoire, le lecteur se sent happé par la confusion ambiante et de scènes sans transition, se raccrochant à quelques passages pour se remettre dans le droit chemin. Si l'intrigue n'est pas toujours facile à suivre, la faute en revient sans doute à la narration intégrant un nombre insensé de personnages. Pas facile à lire mais efficace car l'intrigue devient prenante par l'intermédiaire du groupe de personnages emmené d'Oniômaru et d'un roi sans humanité. Bon, on le répète, pour l'originalité, on repassera mais la forme dégage un goût fort appréciable...

Foklore et steampunk

Un autre point fort de Beast of East est d'offrir un univers mélangeant aussi bien le steampunk que les traditions asiatiques. A migrer entre les différentes civilisations oeuvrant en Asie, l'auteur nous offre un véritable feu d'artifice graphique. Même si la pauvreté du scénario laisse carrément sur sa fin, l'ambiance est installée et à se délecter de ceci, on prend un malin plaisir à les voir s'en mettre plein la tronche tellement c'est... beau. Tout simplement. Le dessin met en valeur l'ensemble mais dessert la cause du scénario tellement on s'attarde sur les croquis. Un décalage qui inflige une peine au cervelet tandis que les yeux se régalent...

La mise en bouche graphique est servie par un ensemble colorisé se déclinant sur plusieurs pages et qui s'effeuille continuellement par la suite en noir et blanc, servi par le trait sans faille du mangaka. Personnages possédant de superbes descentes de reins ou héros musculeux à souhait, la diversité du chara design s'avère impressionnante laissant véritablement l'envie de se replonger dans La Dame de Falis. L'apparence de quelques personnages secondaires louchant n'est qu'un détail, le reste est de toute beauté, le bestiaire étant sûrement l'un des plus impressionnants avec celui de Miura (Berserk). Si le héros prend les traits de celui de Monster Collection, l'humour est peu présent d'où des visages extrêmement fermés mais diablement forts en intensité d'expression. Les planches de toute beauté sont servies par un remplissage de maître et un découpage hors proportion mettant sens dessus dessous la ligne directrice de l'intrigue.

Un cran en dessous de son oeuvre précédente, Yamada offre quand même un grand bouquin riche graphiquement qui devrait trouver grâce aux yeux des amateurs de fantasy sans pour autant leur laisser un souvenir mémorable tant l'histoire finit banalement. Un petit manga en deux volumes qui ne fait pas de mal, c'et toujours ça de pris...

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