7.5/10

Benkei in New York

Plus que de montrer un tueur avec classe, ce one-shot fait ressortir les plus bas instincts des comportements humains des victimes et entretient un type de personnage qui mériterait à être connu.

Meurtre à New York... un thème repris encore et encore, qui ne cesse d'alimenter les pensées et les scénarios d'auteurs de tout poil. Quand ce sont les japonais qui s'y mettent, ça donne Benkei in New York, one-shot époustouflant en tout point. Brillantissime à souhait au niveau d'un scénario composé de sept histoires indépendantes les unes des autres mais reliées au travers de la vision d'un même héros. Des aventures exceptionnelles au sein d'un univers noir et autour d'un dessin assidûment travaillé. Le thème du tueur à gages se renouvelle ici avec une dimension bien plus psychologique que dans Noir et se décline sur 222 pages orchestrées de main de maître par Jirô Taniguchi.

Meurtre en peinture

Benkei in New York
Benkei in New York
Comme Child Hazard, Benkei in New York est un one-shot et cela sous-entend que toutes les caractéristiques de l'histoire doivent être développées dans un seul et même volume. Pas de perte de temps inutile, l'histoire est accrocheuse dès les premiers instants de lecture. Benkei possède un prénom tiré de l'histoire, japonaise qui était celui d'un religieux et brigand bouddhiste doté d'une force surhumaine mais il garde un aspect mystérieux (quoi de plus normal pour un tueur à gages).

D'allure, Benkei ne paie pas de mine. Grand et costaud, il a pourtant un visage rondouillard plutôt sympathique qui fait de lui un homme classieux aimant l'art et en particulier la peinture dont il a fait son métier. Pourtant, il se révèle aussi être un tueur très efficace agissant sur l'ordre de clients en quête de « adauchis » (vendettas en français) pour des motifs divers.

Cependant, il possède une éthique : ne jamais assassiner en disposant d'une arme à feu et toujours détenir une raison juste pour une vengeance, un peu comme Itto Ogami dans Lone Wolf and Cub. Avec Maria, âme égarée travaillant dans une boîte de strip-tease avec laquelle il entretient une relation tumultueuse mais vraie, l'amour est son unique moyen de rédemption. On pourrait presque comparer Benkei à un rônin se vendant pour commettre des meurtres mais en gardant cette éthique si particulière, digne des samouraïs de la grande époque. Faisant face à ses adversaires, il met sa propre vie en danger face à de simples personnages désirant cacher une part de leur passé ou à des organisations mafieuses redoutables... aucune peur ne subsite car il possède chaque fois l'avantage grâce à sa manière si différente de « travailler ». Piège et manipulation sont au rendez-vous.

Chaque chapitre du one-shot est une plongée au plus profond des passés troubles des anciens meurtriers et futures victimes. Tout l'intérêt du manga est de montrer la manière dont Benkei va réussir à piéger avant de tuer. Ne jurant que par son éthique et par une moralité très japonaise, le tueur se rapproche de sa victime, sympathise même avec elle parfois jusqu'au dénouement sanglant. Du grand art scénaristique dû à Jinpanchi Mori sur des thèmes aussi divers que la vendetta pure et simple, l'amour déçu ou encore la jalousie. Pas de véritable morale mais les auteurs proposent une véritable réflexion om le silence prend souvent le dessus sur les mots.

Impressionnant Taniguchi

Le trait excessivement soigné de Jiro Taniguchi sert parfaitement New York, montré sous toutes les coutures. Les personnages sont à dimension réaliste car humains mais le plus bluffant reste sans doute le sens des proportions données aux différents lieux de vie de Benkei tel ce bar rempli de bouteilles du premier chapitre... impressionnant !

Plus que de montrer un tueur avec classe, ce one-shot fait ressortir les plus bas instincts des comportements humains des victimes et entretient un type de personnage qui mériterait à être connu en raison de sa distance envers les clichés que la soi disante violence excessive des mangas tendrait à véhiculer. Ici, l'exécuteur est bien souvent plus humain que ses victimes. A méditer...

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Gon

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