3.5/10

Black Jack, le médecin en noir

Une adaptation inutile car démesurément simplifiée à moins d'amener des jeunes lecteurs à découvrir les mangas du maître dont Yamamoto glorifie les talents à travers les pages de transition

Rendre un hommage à Osamu Tezuka en reprenant une de ces séries pourrait être une bonne idée si elle avait été bien exploitée. Après le désastre de la reprise d'Astro Boy l'an dernier, la fondation Tezuka a accordé les droits de Black Jack à Kenji Yamamoto pour une adaptation fidèle... fidèle au point de reprendre intégralement les scénarios de son prédécesseur avec un trait plus actuel et une simplification pour un plus large public. Sous quelle mouture se présente les « nouvelles aventures » de Black Jack ?

Black remake

Black Jack, le médecin en noir
Black Jack, le médecin en noir
Black Jack est un chirurgien « marron », exerçant sans avoir prêté le serment d'Hippocrate mais il a véritablement un don pour ce qui concerne les opérations les plus compliquées rivalisant d'ingéniosité et d'intelligence pour obtenir les meilleurs résultats. Sans diplôme, il ne peut pas oeuvrer au sein d'un quelconque institut médical et se trouve obligé d'exercer dans son propre cabinet. Sa réputation est si forte que nombre de clients n'hésitent pas à se déplacer de plusieurs centaines de kilomètres pour se faire opérer par cet homme. Cependant, une clause importante est à signaler : Black Jack se fait fortement rétribuer pour chacune des opérations, ne permettant pas à n'importe qui d'être son patient. Riche à millions après un nombre incalculable d'opérations réussies, le chirurgien ne semble pourtant pas motivé par ces sommes mais par une autre cause qui aurait rapport avec son passé...

Le scénario est la reprise à la virgule près du scénario de Tezuka. De ce fait, Yamamoto reprend à sa guise certaines des histoires les plus marquantes de l'oeuvre pour les reprendre sans y apporter une quelconque touche personnelle, se contentant de resservir tièdement un Black Jack perdant tout son charisme et des histoires toujours aussi percutantes mais toutes aussi bien narrés chez Tezuka. A ce stade, vain et inutile pourrait qualifier le manga mais celui-ci possède aussi quelques qualités car le choix des histoires se révèle convaincant et permet de mettre en valeur le personnage principal. Cependant, le contrecoup est terrible lorsqu'il s'agit de parler du traitement du manga, extrêmement simplifié, perdant en grande partie son côté noir et machiavélique.

Jack in Black

Le traitement shônen prend le pas sur les qualités du manga et Black Jack, le médecin en noir peine et devient même grotesque par instants, la faute à des histoires tournant à la parodie avec des passages humoristiques rajoutés mais mal venus mais surtout au design de personnages secondaires perdant la récurrence intéressante de ceux insufflés par Tezuka. La comparaison est inévitable et tourne largement en défaveur de Yamamoto. L'hommage prend de mauvaises allures, heureusement que cela ne dure que trois volumes...

Le trait de Yamamoto est formaté et donnant trop de chaleur au personnage principal pour être définitivement convaincant. Black Jack devient l'un de ces personnages décochant un sourire à chaque nouvel exploit, un véritable petit personnage modèle de shônen basique. Tout est perdu, le massacre continue, toute la sobriété et les ténèbres entourant le mythe disparaissent. Le trait s'actualise et tout ce qui fait le manga aussi, donnant une chance à ceux rebutés par le dessin de Tezuka de découvrir le Black Jack, mais sinon l'original est meilleur ou aussi bon sur tous les points.

Une adaptation inutile car démesurément simplifiée à moins d'amener des jeunes lecteurs à découvrir les mangas du maître dont Yamamoto glorifie les talents à travers les pages de transition. Black Jack, le médecin en noir non, Black Jack oui !

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3 commentaires

  • Anonyme

    05/01/2007 à 16h54

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    Les japonais ont quand même des concepts assez bizarres...
    C'est comme si quelqu'un,à la mort de Bilal,réécrivait ses BD à sa sauce...complétement inimaginable chez nous!

    Comment justifier un tel travail?On ne peut même pas considérer ça comme un hommage.c'est...un recopiage,j'ai pas de meilleur mot.
    Mais dans quel but?

  • juro

    05/01/2007 à 17h23

    Répondre

    Mais dans quel but?

    Combler les pages vides d'un magazine en faisant tout un foin autour ?
    Remplir les poches des éditeurs en jouant sur la corde sensible ?
    Attirer les nostalgiques pour les délester de quelques yens ?
    Faire acheter aux parents un contenu dont ils sont sûrs pour leurs enfants ?
    On cherche encore...

  • Prospero

    07/01/2007 à 10h00

    Répondre

    "Faire acheter aux parents un contenu dont ils sont sûrs pour leurs enfants ?"


    Si j'avais des enfants, je ne leur acheterais sûrement pas Blackjack. Y'a quand même des thêmes 'achement dérangeants pour de jeunes yeux (et oreilles ?). Bon, je réponds à côté, je sais, mais c'était plus fort que moi.

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