7/10

Black Jack - la série

Scalpel, mon beau scalpel, dis-moi qui est le plus grand docteur de l'histoire du manga ? Le docteur Tenma... non, trop tourmenté. Les dingues de robotique comme le Dr Slump ? Non, trop taré... Les élèves de Say Hello to Black Jack et Ray sont-ils à la hauteur ? Que nenni. Un seul et unique chirurgien se taille la part du lion en étant adapté à maintes reprises sous les différents supports, apparaissant comme une image forte du monde du manga. Ce seul et unique professionnel du bistouri, c'est un toubib même pas diplômé mais à l'histoire folle car il s'agit de Black Jack...

Paint it black

Pour tous les cas sortant de l'ordinaire ou pour les opérations impossibles, un seul médecin est capable de répondre aux attentes : Black Jack. Médecin marron, chirurgien de génie, homme sans conviction extrêmement vénal, les histoires du docteur d'Osamu Tezuka ont connu une adaptation en dix avec des scénarios originaux étalés sur sept années. Aux quatre coins de la planète, sa renommée n'a d'égale que son talent et le cynisme qu'il porte sur la condition humaine.

Le personnage d'Osamu Tezuka prend vie çà travers cette adaptation qui si elle est loin d'être parfaite possède le grand mérite de proposer des scénarios dignes de ceux du maître. Black Jack se trouve confronté à des situations extrêmes dans lesquels il doit tirer son épingle tant bien que mal, agissant envers et contre tous mais aussi contre la maladie. La solitude du personnage est toujours compensée par les apparitions criardes de Pinoko mais quoiqu'il arrive, il demeure à la fois terriblement charismatique et sordide aussi bien physiquement - drapé dans ses habits noirs et la frange lui barrant le regard - qu'au niveau de l'attitude avec un humanisme profondément caché derrière une armure de dédain. Toutes ces intrigues se greffent autour de ce personnage sans pour autant être comblés de réussite et c'est la grande force de l'intrigue qui, à l'instar de son héros, possède une face sombre, faisant des clins d'oeil à l'oeuvre originale (apparition du Dr Kiriko et du « bestiaire » à personnages de Tezuka) mais aussi à d'autres manga du répertoire du mâitre (Kirihito pour la première aventure).

Black or white

Le scénario est plaisant et même s'il possède parfois des relents animés très années 1980 avec des passages ultra stéréotypés, un découpage scénique très chapitré et des plans fixes détestables, Black Jack se déguste à sa juste valeur. Les scénarios ne manquent pas d'intérêt même s'ils baissent de rythme par instants sur une durée aussi longue que cinquante minutes. Le point positif reste une intrigue véritablement développée sous tous ses aspects. Excepté, ces quelques défauts, l'anime s'apprécie fort bien en parvenant à nous montrer un homme qui utilise le serment d'Hippocrate selon son propre credo, ne cessant à aucune tentation. Sa seule mission reste d'accomplir son travail quoiqu'il lui en coûte une fois celui-ci accepté... pour un prix astronomique. Bien évidemment.

La réalisation d'Osamu Dezaki ne tombe pas dans la copie de Tezuka et impose son propre style même s'il en garde les bases. A défaut d'être Tezuka, le réalisateur donne une vraie carrure à ses personnages. Le trait est consistant, parfois trop mais rend grâce au travail scénaristique, l'animation repousse en raison de plans fixes et de bruitages désopilants. Les personnages sont toutefois caricaturaux, un peu comme la vision de certains coins du globe. Comme le personnage, l'atmosphère vire entre le noir et le blanc sans manichéisme, avec une vision unique et de points de vue respectant l'oeuvre originale.

Asia Spirit obtient une acquisition intéressante qui montre une nouvelle fois les aventures de Black Jack. Si la technique n'est pas le top du top mais un juste reflet de la période des années 1990, les derniers épisodes gagnent en intensité et en fluidité. Une petite série en dix épisodes sans aucun lien mais qui ont le mérite de prolonger le bonheur donné dans le manga...

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