8/10

Boogiepop Phantom

Qu'a donc fait Takeshi Watanabe entre Slayers et Ikkitousen ? La question mérite d'être posée car entre deux séries de moyenne qualité, il réussit l'adaptation d'un manga trop méconnu : Boogiepop Phantom (Boogiepop wa Warawanai). Dans une ambiance profondément morose, le microcosme lycéen tokyoïte se retrouve pris dans la tourmente à la suite d'un étrange événement. Mad House prouve encore une fois sa grande maîtrise technique en livrant un anime bénéficiant d'un superbe visuel, remarquable en tout point, pour servir une intrigue dont l'ambiance se rapproche de celle de Serial Experiments Lain.

« Pas de boogie-woogie avec le fantôme ce soir » (à peu près E. Mitchell)

Une nuit à Tokyo, un halo de lumière déchire le ciel. Un corps sera retrouvé, celui d'un lycéen, prélude à une série de cadavres tous plus déchiquetés les uns que les autres. Le mystère reste entier sur l'identité d'un potentiel meurtrier mais la rumeur court dans les rangs scolaires. Et si le Boogiepop Phantom, le dieu de la mort, était à l'origine de ce massacre ? Pas possible ! Et pourtant...

Si la comparaison à Serial Experiments Lain est inévtable, Boogiepop Phantom se rapproche encore plus de Texhnolyze. Le scénario est compliqué, un vrai casse-tête dont les différentes pièces s'assemblent au fur et à mesure par l'intermédiaire de personnages récurrents qui apparaissent sporadiquement, les questions philosophiques sur le sens de la vie et de la mort se multiplient, le spectateur se laisse perdre avec angoisse dans ce tumulte silencieux car l'expectative est exploitée au maximum dans Boogiepop Phantom.

Chaque protagoniste est le héros d'un épisode qui le fait se confronter à ses peurs les plus profondes ou des illusions terriblement réalistes. La construction d'un épisode se fait sous forme de saynètes qui coupent le rythme et donnent un aspect contemplatif à l'anime. L'ambiance est profondément noire, surfant entre polar et film fantastique, les personnages sont irrésistiblement marqués par la détresse et se déshumanisent totalement. Seul le Boogiepop Phantom peut se permettre de venir mettre fin à leur torture mais ses décisions suivent une logique indéfinissable en choisissant la punition adaptée : continuer de vivre avec ses souffrances ou mourir pour en être délivré... Comme dit précédemment, le puzzle prend forme doucement et si les sept premiers épisodes n'aident pas beaucoup à comprendre un chouia de l'univers, la suite est limpide et philosophiquement très intéressante...

Fantômas, mwahahahaaaa

Techniquement, Mad House et Takeshi Watanabe se sont donné les moyens de réaliser une très bonne série avec une réalisation originale, beaucoup d'angles de vue différents, des plans fixes bourrés de détails, une fluidité en toutes circonstances. Réussi à tout point de vue, l'anime marque encore un peu plus grâce au grain de l'image tel une caresse lors des plans de jours ou une claque lors des plans de nuit, innovant dans le bon sens du terme sans exagération ni délire artistique. Le chara design ne fait pas preuve d'originalité mais les traits humanisés des personnages crédibilisent l'ensemble. Par contre, le scénario conquit définitivement par des répliques réfléchies agrémentées de nombreuses citations d'auteurs nippons qui s'insèrent dans l'action.

L'OST possède une aura mystique, attirante, fort agréable avec une gestion des sons qui ne cesse de rappeler Lain et les oeuvres musicales expérimentales, sans pour autant marquer durablement les esprits même si l'opening et l'ending sont tout bonnement superbes.

Pas de miracle pour un coffret provenant de chez Dybex avec un packaging en carton fin qualifiable de « peu aguicheur » à « plutôt moche ». A l'intérieur, pas beaucoup mieux, aucun booklet mais surtout aucun bonus disponible à l'exception des quelques teasers. De ce côté-là, zéro pointé pour une série qui valait largement mieux que le traditionnel emballage.

Boogiepop Phantom reste un excellent anime à réserver à un public averti car la cruauté de certaines scènes ferait blêmir plus d'un réalisateur de films gores. Techniquement somptueux et doté d'une base scénaristique qui prend son essor progressivement, on ne que peut constater que Boogiepop Phantom est un anime discret qui gagne à être connu.

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Zed

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1 commentaires

  • Anonyme

    28/08/2007 à 15h12

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    Autant Serial Experiment Lain est passionnant, brillant dans sa mise en image et terriblement original, Boogiepop Phantom quant à lui est très ennuyeux, lourd, et franchement bâclé sur le plan de l'histoire. L'intrigue pseudo-philosophico-ado-gothico-commerciale ne présente au final absolument aucun intérêt. Une grande perte de temps en ce qui me concerne.

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