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Brève cohabitation

Imaginaire débordant, humour déroutant : un manhwa qui ne ressemble à rien de connu !

Si la solitude était trop grande, si votre enfermement dans le travail constituait une barrière sociale difficilement franchissable, qu'en serait-il ? Seriez-vous prêt à accepter la compagnie aussi non hygiénique soit-elle d'un... cafard à taille humaine et parlant ? C'est en tout cas la vision semi-autobiographique de Kyung-sup JANG, l'auteur de Brève Cohabitation, manhwa d'auteur recelant de trouvailles et basé sur une narration forte.

Beetlejuice

Brève Cohabitation
Brève Cohabitation
Un soir que M. Jang rentre chez lui, solitaire comme presque toujours, il découvre dans le studio qu'il occupe un cafard géant. Plutôt que de chercher à s'en débarrasser, il accepte la présence de l'insecte dans son environnement quotidien, comme une sorte de repère familier, presque rassurant. Et c'est ainsi que débute une improbable cohabitation entre l'homme et l'animal. Pas facile, à tous points de vue. Car il leur faut à tous deux surmonter les préjugés que chacune des deux races prête à l'autre. Et l'affaire se complique davantage encore lorsque Jang, contre toute attente, noue une relation amoureuse et fusionnelle avec une fille, Uisoo... qui s'avèrera appartenir elle aussi au monde des insectes !

Avec Le Marécage, ce deuxième manhwa traitant de la vie en collocation ne se base pas tant sur des gags avec des formats prédéfinis de quelques pages mais sur des histoires courtes à la langueur variante. Le lecteur suit l'évolution de la vie de Jang sur quelques mois entretenant tour à tour déprime de la solitude ou joie de la vie en collocation et couple. Les relations sociales et l'évolution personnelle du protagoniste sont au centre de toute la première partie du manhwa, traité sous la forme de rencontres et d'événements quotidiens se succédant chronologiquement jusqu'à installer un contexte inattendu. Mais c'est véritablement dans la seconde partie du manhwa, après « l'hibernation », que la solitude réapparaît que l'auteur réalise des prouesses, sombrant peu à peu dans une folie relative au fait du pathétisme de sa situation, devenant tour à tour schizophrène, éberlué, négatif, pensif... Chaque état d'esprit trouve sa place et l'auteur parvient à le narrer avec brio à tel point que l'immersion dans sa vie se révèle convaincante.

Colloc cafard

Si le personnage de l'auteur narrateur de ses propres aventures devient attachant, les deux autres personnages jouent un grand rôle. Outre Uisoo dont l'apparence réelle devient une réelle surprise, le personnage du cafard parlant est un appel à la tolérance des espèces différentes et à autrui en général. Brève Cohabitation s'illustre par son duo de personnages Jang / cafard, chacun apprenant à appréhender les habitudes de l'autre, à le comprendre et tout bonnement à s'apprécier. La thématique n'en devient que plus impressionnante par rapport au contexte des insectes dans la société décrite.

Le style graphique peut paraître rudimentaire, notamment au niveau du chara design mais les hachures permanentes dénotent d'un travail de précision servant le manga. Difficile de s'y faire cependant car les personnages paraissent bien pâle à côté de la force narrative. Plutôt décevant sur ce point, Brève Cohabitation rehausse le niveau par des angles subtils mais qui font véritablement « plus » manhwa d'auteur que les précédents one-shots de la collection Hanguk.

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