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Brothers

Quand le boucher sanguinaire du manga nous compte une bleuette, ça donne Brothers. Et, oui le coeur du boucher, c'est la meilleure pièce du morceau...

Quand le boucher sanguinaire du manga nous compte une bleuette, ça donne Brothers. Et, oui le coeur du boucher, c'est la meilleure pièce du morceau... Sho-U Tajima n'en est plus à son coup d'essai, chacune de ses nouvelles créations suscitant une vague d'impatience parmi les fans. Apportons tout de suite un bémol car jusqu'à présent le mangaka n'est pas parvenu à rendre une copie parfaite sur la durée, ses scénarios s'étiolant peu à peu pour partir vers des chemins tortueux (MPD Psycho) voire obscures (Léviathan). Néanmoins, le mangaka sait créer le buzz et d'aucuns s'accordent à lui trouver du talent, c'est pourquoi il fait régulièrement parti de la bande d'invités récurrents de Robot. Et cette fois-ci, il nous embarque vers un trio amoureux insolite composé de frères et soeurs dans le bien intitulé Brothers.

Old bros

Brothers
Brothers
Deux frères peuvent-ils tomber amoureux de leur soeur en même temps ? Derrière cette épineuse question aux relents incestueux se cache en vérité une histoire d'amour d'une grande pudeur... Anko, Shunpei et Kyohei sont des triplés issus de trois mères différentes mais ils forment bien une seule et même famille autour de leur père commun. Cette famille pas comme les autres se révèle être un véritable nid de secrets dans lequel le plus grand de tous réside dans les sentiments de ces deux frères tombé sous le charme certain de leur "petite" soeur.

Le trio amoureux s'installe en à peu près trois phrases, les sentiments adolescents des garçons envers leur soeur se montre relativement vite. La suite vire entre drame, comique et aventure avec un rythme sinusoïdal. Les bons moments sont suffisamment forts pour donner un bon coup de booster à l'intrigue (les multiples révélations familiales faites souvent autour d'un père déjanté) mais les moments faibles plombent en profondeur (l'histoire de vengeance et de nouveaux personnages qui tombent comme un cheveu dans la soupe dans un second volume de transition). Plutôt agréable à tout point de vue, Brothers se permet même le luxe de passer parfois complètement à un autre sujet l'espace de quelques pages pour mieux revenir sur son intrigue principal, signe d'une maîtrise intéressante de la part de son auteur. Mais comme dit plus haut, le sujet perd en intensité une fois la plupart des révélations passées et on a même parfois l'impression que l'auteur comble son manque d'idées par ces mêmes pirouettes scénaristiques. Brothers est sympathique mais On est à des millions d'années lumière des poésies faites manga d'Adachi dans le même genre.

2 garçons, 1 fille, 3 possibilités


Les principales questions sur l'inceste fraternel n'auront pas tenu longtemps (soit un volume) mais le final de cette triptyque peut révéler quelques surprises amusantes pour connaître le fin mot de l'histoire. Le comique prend souvent le pas sur le dramatique et les gags s'inscrivent souvent dans la continuité de l'histoire pour un résultat bienheureux. On aime se retrouver complètement mené en bateau avec des revirements de situation souvent distrayants mais on déteste que l'auteur se relâche pour nous offrir des passages de bas étage lorsqu'il ne sait plus que dire. Des sentiments contrastés qui montre bien le manque d'aboutissement de Brothers que l'on pourra considérer comme un coup d'essai somme toute positif.

Du grand classique pour qui connait le mangaka avec son trait fin et ses personnages blafards aux yeux asiatiques (pour une fois). Un seinen qui montre des défauts de jeunesse, notamment au niveau des proportions, certaines finitions et un travail de fond. C'est essentiellement les personnages qui se trouvent mis en valeur avec des poses expressives souvent bien amenées.

Une impression globalemet bonne jaillit de Brothers sans pour autant que le manga ne devienne une référence en la matière. Un bon petit exemple de genre qui fait apparaître Sho-U Tajima sous un nouveau jour à travers une de ces premières oeuvres. Sans gore cette fois-ci. Capable de se muer en conteur plutôt qu'en boucher sanguinaire, l'auteur de Madara demande à être revu dans ce registre. Il pourrait surprendre.
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1 commentaires

  • Anonyme

    06/08/2008 à 16h11

    Répondre

    Tajima n'est pas le scénariste de Léviathan (c'est Eiji Otsuka) ni le dessinateur (Yuu Kinutani)

    Sur MPD Psycho il ne fait que le dessin (le scénario étant à nouveau de Eiji Otsuka).

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