5.5/10

Au Café Kichijôji

Une troupe de jeunes éphèbes à votre service. Et en plus, ils vous font rire. A réserver aux (très, très, très jeunes) femmes.

Asuka sait varier les genres, du très bon Fleuve Shinano au peu aguichants titres de la collection Lolita, sans oublier le cultissime Hokuto no Ken. Alors, quand Au Café Kichijôji vous tombe du ciel entre les mains, la couverture révèle déjà bien des choses et peut faire craindre le pire à quiconque s'y risquerait. Courage, le plus dur consiste à l'entamer... pour révéler quelques bonnes surprises avec un titre porté sur le comique autour d'une bande de serveurs aussi dingos que beaux gosses. Mesdemoiselles, vous les réclamiez, les voilà !

Bishonen Café

Au Café Kichijôji (c) Asuka
Au Café Kichijôji (c) Asuka
Dans un café situé à Kichijôji vous attendent le parfum du thé noir et cinq employés aux styles aussi divers que variés. Mais avec cinq hommes, l'enver du décor n'est évidemment pas si rose et leurs vies quotidiennes sont pour le moins étranges et farfelues... pour ne pas dire bizarres !

Des serveurs. Des clients. Des histoires. Des gags. Et un grand vide dans le scénario. Mais bon. On s'en serait presque douté tellement les teasers nous annonçaient bien à quel genre de manga il fallait s'attendre. Dans la grande tradition des titres à destination du public féminin, Au Café Kichijôji aurait presque pu être qualifié de yaoi s'il avait viré du côté sombre. Préférant se concentrer sur des histoires (creuses) mais amusantes du quotidien de garçons de café, le titre se révèle comme un moyen de passer le temps. Pas plus. Bah non, le problème reste et demeure le même pour ce genre de titres : l'impression de retrouver des situations vues cent fois réadaptées au goût du jour. Par conséquent, on s'amuse l'espace d'un demi-volume avant d'attaquer la suite sans grande vigueur car avec l'impression d'avoir fait le tour des propos du duo d'auteurs. Il n'y aura bien qu'aux adolescentes désireuses d'admirer du bishonen dans toute leur splendeur pour s'enthousiasmer des heures devant. Les craintes de la couverture sont levés, le contenu y répond parfaitement. Comme si on avait lu dans le marc de café (rires enregistrés). 

Garçon !

Ce n'est pas que l'on montre exigeant envers ce genre de titre mais on se retrouve tellement face à des exemples en pagaille (Host Club en tête de liste), pour contrer cette nouveauté qu'on se demande ce que les auteurs espérait dégager. Le résultat est tout de même à la hauteur des espérances avec des gags bienvenues, un rythme soutenu et des instantanés SD plutôt réussis. A l'inverse, l'entreprise fond comme au neige au soleil au niveau de l'inspiration car les personnages restent confondus dans leurs tenues de pingouin kawaï et leurs caractères prédéfinies. Au Café Kichijôji est la réponse shôjo au shônen de comédie romantique sur ce point de vue avec des débordements hystériques et des montées ridicules dans la surenchère de l'absurde...

Niveau graphique, c'est sans doute le meilleur point du manga comme on pouvait s'y attendre avec un travail conséquent sur le chara design. Même si toujours stéréotype à la mode shôjo, les physiques de nos serveurs se montrent plaisants, pas trop exagérés. Au point que le graphisme s'avère même séduisant par moments, le résultat d'une variation des effets de styles et à un découpage aéré centré sur l'action, oubliant les mini-cases comiques pour. Effet voulu, effet payant.

Au Café Kichijôji cerne un public bien précis pour n'être rien d'autre qu'un shôjo comique sans véritable envergure mais tout juste plaisant. Pour résumer : L'addition. Pas de pourboire. Bonne soirée.

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1 commentaires

  • Anonyme

    28/07/2008 à 22h50

    Répondre

    Je ne suis pas tout à fait d'accord avec cet avis... Au Café Kichijôji est tout de même bien marrant, c'est un moment agréable que j'ai passé, et pas seulement jusqu'à la moitié d'un volume. (Et je tiens à préciser que non, ce ne sont pas les bishonens qui m'intéressent -il y a mieux, si c'était juste ça, je n'aurai pas tout lu). Pour ce qui est des caractères 'figés' et 'stéréotypés" des personnages, n'est-ce pas une constante du comique en général ? Ce n'est certes pas le manga du siècle, qui va susciter des passions et marquer une génération, mais c'est assez léger et amusant pour valoir le détour. J'ai apprécié en ce qui me concerne les 'surenchères' d'absurdes qui s'escaladent et atteignent un sommet sur la fin.


    Voilà, je fais peut-être partie de la minorité précise qui apprécie ces trois volumes délirants, maisje tenais à ajouter qu'il y a des gens pour laisser un pourboire quand même.

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