6.5/10

Cashgirl

Dona et sa famille sont à la rue depuis qu'elle est toute petite, depuis que la société de son père a fait faillite et depuis la mort de sa mère. Un jour, son père rencontre un de ses anciens collègues de travail devenu riche et lui confie sa fille, sous prétexte de devoir partir pour un voyage d'affaire.
Changement total de décor pour Dona, qui se retrouve du jour au lendemain propulsée de son rang de paria à celui de jeune fille aisée. Les mentalités s'opposent entre elle et Nohae, le fils du maître des lieux, pourtant anciennement ami et amoureux de Dona. Forcés de vivre en communauté, les deux enfants se lieront malgré leurs différences. Relation peu aisée pour Nohae ; le coeur de Dona ayant été totalement desséché par des années de vie dans la rue, ses valeurs se résumant à des considérations strictement matérielles. Peu à peu elle réapprendra la valeur des sentiments, dont l'amour.

Cashgirl
Cashgirl
Cashgirl
est un manwha sentimental et comique, dans la droite lignée des oeuvres éditées par Saphira. On y retrouve le contexte d'un Kill Me Kiss Me et le manque de sérieux d'un Demon's Diary. Rien de spécialement original, dira-t-on, si ce n'est le sujet plutôt délicat des sans abri, soigneusement évité dans la bande dessinée tout autant au Japon qu'en Corée (avec une exception remarquée pour Ki-Itchi). Violation d'un tabou ou simple sujet d'actualité, l'auteur l'intègre en tout cas avec naturel dans son histoire, sans l'appuyer plus qu'il ne faut (c'est-à-dire très peu), et s'en sert comme prétexte pour justifier un personnage que l'on qualifiera ‘d'asentimental'.

Et voila bel et bien le sujet du manwha, bien entendu aseptisé pour ne pas déranger le lectorat certainement plus habitué à un festival d'émotions à la Katsura (I's, Video Girl Aï) qu'à un romantisme comparable à un désert aride. Cette vaste question, d'ordre limite existentiel et abstrait, qui fait figure de terrain à très haut risque sur lequel les mangakas ne s'aventurent que peu souvent, est ici éludée grâce à l'humour omniprésent dans l'oeuvre. Ainsi, Dona n'est pas clairement déshumanisée, mais simplement désintéressée de ce qui ne lui rapporte pas d'argent, comme l'on peut le constater dans une scène comique où l'on voit à travers ses yeux que la petite fille n'aperçoit pas l'enveloppe corporelle des gens pour les différencier mais leur portefeuille.

Un humour réussi, reposant plus sur les personnages que les situations. On retiendra la déléguée schizophrène qui change de personnalité en mettant ou enlevant ses lunettes, et le beau gosse de service qui peut faire tourner sa tête à 180° sur son cou (depuis qu'il s'est fait piétiner par une horde de filles). Un comique frais, relativement original, où la sensation de déjà-vu n'est éprouvée que lors de scènes gentiment parodiques (rien de bien lourd), ou pendant les inévitables scènes d'amour, même si le sérieux n'est jamais très longtemps le seul élément de la scène. Caricatures et remarques stupides ne sont jamais bien loin.

En somme, un manwha efficace et drôle : de quoi passer un bon moment, d'autant plus que les dessins, tout vides qu'ils sont (cet adjectif ayant de plus en plus tendance à se généraliser dans la rubrique manga dès qu'il s'agit de qualifier les dessins), n'en restent pas moins beaux, soignés, développés et très agréables, notamment le personnage de Dona. Pas de surprise, Cashgirl ne sera certainement rien de plus qu'un simple divertissement pour vous, mais un de qualité.

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