4/10

Castlevania - le manga

Une adaptation c'est toujours compliqué. Mieux vaut prendre des pincettes lorsqu'on est un jeune mangaka qui a besoin de manger de peur de se casser les dents professionnellement. En voici un exemple...

La tradition de l'adaptation n'a pas échappé aux sagas de jeux vidéo à succès : on ne compte plus le nombre de ratés en la matière souvent du à un boulet nommé cahier des charges où les auteurs doivent se dépatouiller d'un tas de contraintes tout en rendant leur scénario acceptable. Impossible. A ce petit jeu, Kou Sasakura montre ses limites à reprendre un univers aussi important que Castlevania. Et même si l'adaptation possède ses bons côtés, on mesure son enthousiasme à la lecture...

Le vampire et moi

Castlevania
Castlevania
Au Moyen-Âge, l'alchimie est l'étude de la transformation des matières. Les alchimistes voulaient transformer du gaz en métal précieux, l'esprit en corps vivant. Cette étude a attiré quantité d'alchimistes. Dans le même temps, dans un endroit obscur, une autre étude est tout autant pratiquée, « l'Alchimie démoniaque », une technique de création d'un démon par une force magique. Deux personnes maîtrisent cette technique, Isaac et Hector.

Deux volumes pour relater le préquel Castlevania : Curse of Darkness. Sans aucun doute, pas le meilleur de la série. Pour les amateurs de la saga, on reste immédiatement sur sa faim en sachant que la famille Belmont, chasseurs de vampires de père en fils, ne fait pas partie de l'intrigue alors qu'elle se trouve être au centre de la saga en tant qu'héros. Ceci dit, à vouloir lire un titre intitulé Castlevania, on retrouve l'ambiance sombre des Carpates de Vlad Tepes. Le donjon brille toujours au clair de lune et la magie fait partie intégrante de l'aventure. Mais qu'est-ce que c'est lent à démarrer ! Le lecteur aura beau tourner les pages jusqu'à la moitié du premier volume, il n'aura rien d'intéressant à se mettre sous la dent, le gogo mordra peut-être dans le fait de retrouver un personnage adolescent faire quelques gaffes avant de devenir le personnage relatant le dénouement de l'intrigue... Le scénario s'épuise comme une peau de chagrin pour aller droit au but sans prendre de pincettes et montrer le combat d'Hector contre Isaac et accessoirement le vampire en chef...

Château en ruine

Néanmoins, une fois la première moitié dépassée, le rythme s'impose et les événements commencent à devenir relativement plus intéressants. On sent que Sasakura s'est débarrassé de toutes les contraintes propres à l'adaptation avant d'élaborer un dénouement potentiel. Castlevania s'en porte d'autant mieux par la suite. La deuxième partie aurait presque pu rendre le titre intéressant si le mangaka ne se prenait pas les pieds dans le piège à loups en offrant un bestiaire somme toute faiblard et peu convaincant (voir le loup-garou horripilant). Peu d'emballement et on ne voit pas comment on pourrait faire autrement devant cet amoncellement de déceptions qui aurait pu être bien mieux exploité.

L'auteur ne brille pas non plus par son talent graphique restant dans la norme. Pas vraiment de quoi décoller de sa chaise, c'est juste propre et bien léché tout en reprenant les images types de Castlevania (soir de pleine lune, escalier en pierre taillé, décors gothiques...). Les personnages élancés restent tout de même le point le plus positif du manga. Ca fait trop peu pour y adhérer...

Une adaptation supplémentaire à ranger aux côtés de celles de Zelda, Sonic ou Mario. Un truc pas vraiment intéressant, à réserver uniquement aux fans pur et dur du jeu. C'est tout et c'est quand même bien peu.

 

A découvrir

Clown (Le)

Partager cet article
A voir

Desert Coral

A propos de l'auteur

1 commentaires

  • Anonyme

    28/02/2008 à 17h42

    Répondre

    Personnellement, je trouve que ce manga est un véritable petit bijou mais je ne suis pas très objective sur ce coup-là, j'avoue!


    Mon avis: Dans le premier tome, j'ai pu découvrir certains personnages qui ne sont pas présents dans le jeux, si ce n'est de nom au début. Au départ, un peu perplexe quant à leur rôle, j'avoue qu'ils me sont devenus attachants à la fin du premier manga. Par contre, le héros en lui-même ne m'a pas spécialement touché.Dans le jeux, il apparait plus humain tandis que dans le manga, j'avais l'impression de voir un iceberg ambulant. Son ennemi , par contre, m'est apparu sous un nouveau jour, beaucoup plus tourmenté et moins fou que dans le jeux. Ces différences m'ont poussé à acheter le deuxième tome. Dans celui-ci,le héros m'est apparu changé: enfin il retrouvait toute l'humanité qui le caractérise dans le jeu. Son ennemi,lui, montre enfin le côté complètement barge qui le rend attachant dans le jeux. Certains détails de leurs vies passées en tant qu'humain nous sont dévoilés. A compte goutte bien sûr!


    Arrivée à la fin de Castlevania 2, j'ai l'eau à la bouche. La fin nous montre, enfin, qu'il va y avoir de l'action dans la suite. Des nouveaux personnages. De la mort. Les ennemis tapis dans l'ombre...  Non, il n'y a pas de quoi être déçu!


     Maintenant, d'un point vu subjectif,il est vrai qu'un non initié au monde de Castlevania ne verra pas ce manga de la même façon. Déjà certaines pages sont tellement chargées de noir qu'il rebute au premier coup d'oeil( exemple: l'oiseau qui suit le "héros" du manga apparait parfois comme une grosse tâche noire au milieu de la page...). Ensuite, les personnages - inconnus pour le non fan- ne sont pas scpécialement attachant lors de la première lecture, ils le deviennent au fil de l'histoire.


    Lire ce manga à froid - sans oeil critique bon ou mauvais- n'apportera rien au lecteur. J'ai eu l'occasion de le constater: les non-fans apprécient dans l'ensemble mais sans plus. Si la suite ne vient pas, ils n'en feront pas une attaque cardiaque...


    Pour finir, il apparait ceci: un fan appréciera sans doute ce manga - comme moi- mais ceux qui vont l'acheter sans avoir la moindre connaissance de Castlevania Curse of darkness -si ce n'est de nom- risquent de déchanter assez vite et le placer au fond d'une armoire... Maintenant les exceptions existent donc peut-être que des petits nouveaux vont jeter un coup d'oeil aux jeux grâce à ce manga. 


    En conclusion: ce manga n'est pas à dénigrer, il ouvre un regard neuf sur le jeux. J'y rejoue avec un autre goût... Mieux ou moins bien? Je l'ignore mais ça ne me déçoit pas le moins du monde. 


    Ce manga vaut la peine pour celui qui veut découvrir Castlevania Curse of darkeness. Ou en savoir davantage.  

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques