7.5/10

Chobits

Comme quoi shojo n'est pas incompatible avec ordinateur

Chobits. Ce mot se rapporte à une légende urbaine très vivante sur le net. Les ordinateurs ont forme humaine, ils parlent, se déplacent et font tout comme les humains, mais ils sont conditionnés par leurs programmes. Les Chobits seraient une sorte d'ordis à part, car ils seraient plus que des machines avec un programme : ils seraient des véritables êtres humains dans des corps mécaniques.
Hideki Motosuwa est un étudiant rônin : ayant raté son examen d'entrée en fac, il fait une prépa à Tokyo (comme Keitaro). A cause de son échec, ses parents lui ont coupé les vivres et il doit travailler dans un bar/restaurant pour gagner sa vie. Évidemment fauché, il ne peut se permettre de s'offrir un ordi mais il en rêve. C'est alors qu'il en trouve un, dans les poubelles. Cet ordi possèdant l'apparence d'une magnifique jeune fille ne semble pas pouvoir dire autre chose que "Tchii". Mais Hideki va bientôt se rendre compte que Tchii (il l'a baptisée ainsi) ne fait parti du catalogue d'aucun constructeur...

Un shojo qui sort des sentiers battus

Chobits
Chobits
Chobits
est une série de Clamp et ça se sent : graphiquement, on nage en plein shôjo. Les décors sont quasi inexistants, les personnages féminins portent souvent des tenues « kawai » au possible, on les voit régulièrement en train de flotter dans les airs avec un fond des fleurs ou un pluie d'étoiles. Bref, tous les codes du shôjo sont respectés. Mais Clamp est un groupe expérimenté habitué naviguer entre shojo et shonen, et c'est sans doute la base de leur succès. Une fois de plus, le quatuor de mangakas évite le traditionnel coup du héros un peu trop introverti, contourne le piège des lycéens/lycéennes niais et les dialogues du genre « mais je ne sais pas comment lui dire que je l'aime car il aime une autre fille et je suis pas sur qu'il veuille sortir avec moi et j'ai peur de briser notre belle relation d'amitié ».
Mieux, elles abordent dans ce manga le thème de l'intelligence artificielle, des relations virtuelles et le problème de l'humanisation des ordinateurs (ce qui, au vu des démonstrations technologiques de certaines universités, pourrait bien être le futur des ordinateurs). Et le thème est traité avec beaucoup d'intelligence. Jamais on ne voit de condamnation claire, ou d'avis très tranché. On sent que les personnages trouvent que les ordinateurs prennent une place un peu trop grande dans la vie des humains mais ils ne critiquent pas ouvertement, ils ne font qu'exprimer des regrets. A cela s'ajoute un certain nombre de clin d'oeils aux "nerds", de conseils déguisés. On trouve tout le long de ce manga des situations, des phrases qui incitent les otakus à sortir s'aérer l'esprit, à trouver une vie sociale.

Mais Chobits, c'est avant tout une histoire d'amour impossible, un Roméo et Juliette d'un nouveau genre. Et encore une fois, les auteurs arrivent à renouveler le genre. Tchii est « formatée », elle ne sait plus rien faire, ni parler, ni comment se comporter. La relation Tchii/Hideki est assez intéressante sur ce point. Le jeune homme doit tout lui apprendre, et pour cela il doit analyser les codes sociaux et surtout ses propres sentiments, car il est clair dès le début que pour Tchii, il est quelqu'un de particulier. La partie introspection est donc introduite de manière assez fine, on est bien loin des clichés.

Une réalisation grandiose

Techniquement, cette série est irréprochable : le dessin est tout simplement superbe, le découpage des cases s'adapte à la situation, devenant complètement anarchique quand il y a de l'action, ou au contraire très aérien, avec juste une ou deux cases par page lors des passages sentimentaux. L'emploi du SD est très raisonnable. Certes, on en trouve souvent, mais il est toujours utilisé à bon escient. Dans le registre des bonnes idées, Clamp introduit un livre, appelé « la ville déserte » qui suit les personnages tout au long de la série. Tchii achète ce livre, et on découvre avec elle les différents épisodes. Ce procédé a l'avantage de présenter des scènes qui pourraient sembler terriblement niaises si elles impliquaient les personnages principaux avec des personnages différents, avec un autre style graphique. Et du coup, tout cela passe très bien.

Mais pas totalement exempte de défauts

Hélas, ce manga n'est pas parfait. Tout d'abord, on peut lui reprocher des derniers volumes un peu faibles. C'est bien simple, on n'apprend quasiment rien pendant les deux derniers volumes. De plus, les tomes ont tendance à être un peu mous, sauf dans les 50 dernières pages, où l'histoire avance à pas de géant, pour nous laisser dans l'attente du tome suivant. On aurait préféré avoir un peu plus de rythme en permanence, et que les auteurs se reposent sur les qualités de la série pour que le lecteur achète le tome suivant et non pas sur un procédé scénaristique trop voyant. On peut aussi regretter le coté "kawai" de Tchii, vraiment exagéré. Lorsqu'un personnage lui donne des robes très compliquées qui sont pile à sa taille, Motosuwa ne se pose pas de question. Les tenues de Tchii sont vraiment hors norme, tout comme ses cheveux, et c'est un peu dommage car cela enlève un peu de crédibilité au personnage.

Chobits est un bon manga, qui manque un peu de rythme. Il est servi par une édition excellente, comme d'habitude avec Pika, et on trouve chaque tome une carte collector à l'effigie d'un des personnages Kawai de la série.
En deux mots, il s'agit sans aucun doute d'un des meilleurs manga de Clamp et vu le faible nombre de volumes, il serait dommage de passer à coté.

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Chonchu

A propos de l'auteur

    2 commentaires

    • "L"

      20/06/2006 à 22h44

      Répondre

      Le manga est très beau(c'est du CLAMP) et reste interessant jusqu'à la fin . Les 8 volumes sufisent , plus long aurait été trop . Par contre l'anime est nul à ch...

    • Anonyme

      02/10/2007 à 15h19

      Répondre

      Graphiquement c'est magnifique et l'histoire est belle.


      Mais il est vrais que l'anime m'a beaucoup deçue

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