6/10

C.L.A.S.S.


Aussi bon que Switch Girl ?
Leila est fraîche et pimpante pour son premier jour dans son nouveau collège. Comme toutes les élèves transférées en plein milieu d'année, elle a un peu peur et appréhende la réaction des autres élèves. Manque de chance pour elle, la classe dans laquelle elle arrive possède un système de fonctionnement un peu particulier. Ancienne classe à problèmes, la 3eme2 a été réformée par l'un de ses élèves, Jin, qui a instauré un système de classement basé sur les statistiques des élèves. Grâce à celui-ci, finis les persécutions et autres comportements déviants, la classe semble avoir un fonctionnement plus qu'efficace. Pourtant, ce système cache une autre perversion puisque les élèves de rangs inférieurs doivent obéir aux élèves de rangs supérieurs sans broncher. Entre les amitiés brisées, les stratégies pour monter en grade et la délation encouragée par ce système cruel et sans pitié, Leila aura beaucoup de mal à passer outre et fera tout pour changer ce système injuste et aberrant.

Natsumi Aida le dit elle-même dans ses petits bonus, "Ne vous attendez pas à trouver trop de gags dans C.L.A.S.S.", tout simplement parce que la mangaka a voulu s'essayer à un genre un peu différent. En fait, on revient dans du shôjo presque pur avec ce titre, c'est à dire qu'il a des sentiments, des émotions vives, des filles qui s'affirment... Bref, sans totalement retomber dans le cliché, les stéréotypes sont bien présents et pour avoir lu d'autres manga traitant de l'ijime (ce phénomène de persécution des faibles dans les collèges et lycées japonais), je n'ai pas trouvé que C.L.A.S.S. était particulièrement efficace. C'est vrai qu'au départ, l'idée est plutôt bonne et permet de mettre en relief quelque chose d'original : une torture psychologique plus que physique, mais aussi une volonté de changer les choses émanant de la classe. Cependant, le traitement est assez rapide et on pourrait même dire sommaire. La classe qui ne s'était pas rebellée en plusieurs mois change du tout au tout en 3 jours avec l'arrivée de Leila. Oui, c'est l'héroïne, oui, c'est un shôjo manga mais il faut avouer que ça fait un peu light !

Ce qui faisait le point fort de Switch Girl, série phare de Natsumi Aida, c'était cet humour à la portée des garçons comme des filles. Il est complètement absent dans C.L.A.S.S., ce qui rend le manga un peu peu plus pesant. Les émotions passent souvent par des effusions de larmes (c'est pas si facile à fabriquer en théorie) et c'est un peu dommage car l'auteur possède d'excellentes capacités graphiques, capacités qui lui permettraient de trouver d'autres moyens. Parlons en du graphisme d'ailleurs. Il est vraiment très réussi, vraiment, à ce niveau là, chapeau, c'est vraiment agréable à regarder et l'héroïne est quand même bien classe et en impose pas mal en ce qui concerne le style.

Au final, je finis plus ou moins mitigé. C.L.A.S.S. n'est pas un mauvais titre mais en tant que grand fan de Switch Girl, je crois que j'en attendais un peu trop. Je crois que le talent de l'auteur réside réellement dans son humour qui réussit à capter un public masculin et un public féminin. Même si le sujet est traité de manière un peu superficielle, l'idée de base est originale et aurait presque mérité une série longue. Un volume, c'était probablement trop court, dommage...

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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