7/10

Clover

Un nouvel éditeur pour une premier titre conventionnel mais tout à fait sympathique.

L'arrivée de Clover concorde avec celle d'un nouvel éditeur sur le marché français du manga. 12bis, puisque c'est son nom propose un catalogue intéressant à première vue avec des parutions aussi diverses que Gagoze, le très attendu Detroit Metal City ou Le Sabre de Shibito. Et les premières sorties laissent augurer de jours heureux sous tous les genres. Pour l'heure, voici un shônen au demeurant assez linéaire mais qui s'inscrit dans la droite lignée des bons titres de genre avec un trait léché et une intrigue simple mais peut-être bien plus complexe qu'elle n'y paraît...

Our friends will never die as long as we live

Une gauche qui fait mal
Une droite qui fait mal
Tomoki
le solitaire taciturne, Hayato la tête brûlée et Kenji la force tranquille sont 3 adolescents bien ancrés dans la réalité et liés par une indéfectible amitié.
Suite à un terrible accident, le père de Kenji se trouve dans l'incapacité de rembourser une importante somme d'argent qu'il doit à des gens peu recommandables...
Kenji va tout faire pour aider son père à régler cette dette, sans mêler ses amis à ses turpitudes familiales. La violence va faire rage et Tomoki et Hayato vont faire bloc avec Kenji face à l'adversité...

L'amitié est la valeur prédominante qui ressort des premières pages, se gagnant souvent à coups de poing. Le shônen semble prendre un tournant très commun. Pour le reste, le scénario virevolte entre baston, retrouvailles, flash-backs et un vague mystère en toile de fond dans un cadre lycéen... Mais la présence magnétique d'un héros qui rappelle celui d'un titre comme High School ou Racaille Blues. Le joyeux délire s'organisant autour de trois "a-types-iques" prend des allures rocambolesque rapidement et le manga devient plaisant à lire quasiment immédiatement. Il est bien évident qu'il ne faut pas cher­cher de grandes ré­flexions dans le titre, celui-ci étant des­ti­né à un as­pect exclusivement lu­dique. Pour une fois, l'essentiel réside dans les personnages et la reconstitution d'un fameux trio d'amis d'enfance même si une approche sociale des "rebuts" ou "exclus" de la masse lycéenne "normale". L'improbable combinaison de personnages se dessinant offre de futurs moments d'humour, de déclaration d'amitié et d'absurdité en perspective. Le cocktail est connu, marche souvent lorsqu'il est bien exploité mais encore faut-il que celui propose suffisamment de situations originales sur la durée. Le remplissage de cet objectif commence plutôt bien avec un premier volume drôle à souhait qui ridiculise autant qu'il embellit ces héros, petites frappes roulant des mécaniques ou amis sincères.

Danny Clover

La plume de Tetsuhiro Hirakawa rappelle les belles heures de celle de Masanori Morita avec un chara design aux proportions réalistes et au look actuel (et surtout dans un style rap gangsta US). Bien rempli, bien découpé, bien détaillé et avec un fort pouvoir d'expressivité, les personnages sont le reflet de la pensée de l'auteur qui se débarrasse souvent de bulles superflues pour arriver à un résultat définitif amusant. Passant d'un sentiment à l'autre par le biais d'un passage souvent en SD, Tetsuhiro Hirakawa nous montre toute la palette d'un mangaka complet.

Clover est beau. Clover fait du bien. Clover sent bon (cherchez l'erreur). Mais en tout cas, 12bis nous propose un titre sympathique qui aura au moins le mérite de lancer l'éditeur dans la cours des grands par un manga accessible et travaillé qui ne devrait sans doute pas en rester à ce niveau mais progresser vers un stade supérieur. Espérons-le...

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Zeitnot

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