6.5/10

Cobra

Il y a fort longtemps, du temps où les restrictions télévisuelles étaient beaucoup moins importantes qu'aujourd'hui, un héros d'anime se pavanait dézinguant tout ce qui passait, cigare au bec et incroyable coureur de jupons. Mon dieu, appelez Familles de France ! La morale, pourquoi faire ? Respectant les grandes lignes du shônen de l'époque dans la grande lignée d'un personnage comme Lupin III ou Harlock, Cobra reste pour toujours au panthéon des plus grandes séries du genre space opera de l'époque au côté d'Ulysse 31 notamment. Si la version animée est bien connue depuis sa diffusion durant les années 1980, le format papier reparaît aujourd'hui à un prix modique dans la collection Convini de Taïfu Comics. Avec ses cheveux blonds, sa cool attitude et son air de petit malin au grand coeur, le pirate de l'espace Cobra a influencé (dans l'esprit) toute la génération suivante de scénaristes pour des séries aussi diverses que Cowboy Bebop ou City Hunter. Un personnage de légende qui reste dans la convention shônen malgré ses airs de gentil rebelle.

Space pirate

Cobra
Cobra
Quelque part dans la galaxie, le crime sévit à tous les niveaux. La police galactique est incompétente face à la guilde des pirates qui règne quasiment en maîtresse sur l'ensemble de l'univers. Leur chef répondait au nom de Cobra mais il a subitement disparu, laissant derrière lui un empire du crime en miettes.

Bien des années ont passé...

Derrière les traits de Johnson, l'ancien chef des pirates de l'espace va se réveiller et reprendre ses activités lucratives en solo ou presque. Toujours armé de son bras gauche - rayon Delta, l'ancien chef de la guilde des pirates va devoir se heurter à toutes sortes de nouveaux défis et mystères aux quatre coins de son système solaire. Allant de planète en planète, Cobra retrouve amis et ennemis d'antan - ainsi que bimbos de l'espace - dans une grande course au trésor impitoyable...

Inspiré de Jean-Paul Belmondo, le personnage de Cobra n'aurait plus qu'à lancer : « Tac, tac, me voila » pour que le lecteur y croit. Reprenant les mimiques de l'acteur et sa manière d'être dans les films, Buichi Terasawa crée sans peine un personnage charismatique, charmeur et attachant pour lequel l'attention demeure malgré son côté stéréotypé et des blagues à deux balles. Le scénario évolue tant bien que mal avec des courtes intrigues plus ou moins passionnantes vers la construction d'un univers cohérent dans lequel le héros est constamment mis en valeur pour faire un one-man show. L'humour est omniprésent dans Cobra à croire que les bons mots ont été écrits avant que le scénario ne soit brodé autour. Si le postulat de départ tombe un peu comme une crêpe par terre, la première intrigue étoffe conséquemment la portée du récit de Terasawa. La suite lorgne un peu entre le surplace et les scénarios sans conséquence pour la suite de l'histoire... pourtant, l'action donne suffisamment de punch pour que l'ennui n'apparaisse pas. Les personnages secondaires ne prêtent pas à une attention particulière tellement ils sont à l'écart du Cobra show, une légère touche de fan service en plus. Bref, le manga est une lecturette, sorte de défouloir sans prise de tête.

Serpent venimeux

Même si dès le premier coup d'oeil, le trait ressemble à la convention de l'époque avec peu de finesse rendant les visages des personnages masculins carrés et les féminins ronds, le travail de Terasawa est encore tout à fait acceptable, notamment avec un gros travail au niveau des détails et du remplissage ainsi qu'un découpage clair donnant un bilan visuel agréable. L'univers kitsch de la science fiction des années 1970-80 prend tout son essor dans Cobra, Terasawa s'amusant même à reprendre les univers de Star Wars ou 2001 : l'odyssée de l'espace pour sa propre inspiration. Le graphisme respecte les proportions de belle manière, les mechas sont de bonne facture, pas de faute majeure sinon peut-être un manque de créativité artistique. Le manga reste dans la norme aussi bien au niveau du héros que du graphisme. Pas toujours très fin (un peu comme l'humour) mais suffisant.

Sans se prendre au sérieux, les aventures de Cobra permettent de s'amuser un petit moment mais le point noir reste tout de même bel et bien l'édition. Proposant le manga à l'unité au prix le plus bas du marché (3 euros) sous la forme d'un coffret de cinq livres sans jaquettes, Convini ne pouvait pas fournir un travail d'une qualité exceptionnelle. Pas de surprise, l'édition possède des défauts au niveau de l'impression et de la qualité du papier mais l'ensemble reste correct. Un tout petit mieux qu'une parution de J'ai lu.

Une certaine tendresse reste pour Cobra malgré des défauts qui devraient persister dans les prochains coffrets à venir. Désormais, il existe aussi une version Deluxe en moyen format. Le héros blond et à l'humour ironique devrait toutefois trouver son public auprès des amateurs du revival ou des fauchés. Un manga qui possède des arguments simples : action et humour, un duo qui a fait ses preuves.

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