6.5/10

Conductor


Premier volume

Jeune flûtiste de talent, Naomi est perturbée par un cauchemar récurrent : un inconnu vêtu de noir qui tient un crâne entre ses mains la précipite dans les ténèbres. Elle finit par consulter un psychanalyste pour comprendre la raison de ces rêves inquiétants.

C'est alors que la police fait une macabre découverte dans l'appartement voisin du sien : un corps sans tête, momifié. Y aurait-il un lien avec ses cauchemars ? Un passé oublié semble revenir hanter la jeune fille…

Conductor est l'une des dernières trouvailles des éditions Ki-oon en matière de thriller. Même si, à première vue, on n'a pas forcément l'impression d'avoir une perle sous la main, la série possède quelques qualités qui ne sont pas négligeables.

La première se situe dans la narration.
Deuxième volume
Même si l'histoire en elle-même n'est pas forcément géniale ou imprévisible, la façon dont elle est présentée est très originale. Les auteurs ont choisi de suivre un cheminement de type roman (le point de vue passe de personnage en personnage) et non pas de type manga. Ne vous attendez donc pas à voir une progression rapide, avec de nombreux rebondissements. Ici, le déroulement et lent et logique. Chaque indice laissé par l'auteur s'explique plus tard dans l'histoire et surtout, les choses se déroulent progressivement. Une autre bonne chose est le mélange entre la réalité et le fantastique. On ne sait pas trop d'où vient le psy de l'héroïne et comment il se débrouille pour se trouver pile où il faut quand il le faut. Il n'y a pas non plus d'explication précise sur les rêves de Naomi, qui sont loin d'être anodins.

Cependant, même avec une bonne narration, Conductor possède une faiblesse certaine : ses personnages. L'héroïne, Naomi, a le charisme d'une huitre, et aucun de ses amis n'est là pour relever le niveau. Yasufumi, qui est censé être le
Troisième volume
beau gosse qui a réussi, ne sert pas à grand chose pendant toute l'affaire. Le couple formé par Tamaki et Maya n'est pas non plus très enthousiasmant tant il est manipulable à souhait... Le flic verreux, je n'en parle même pas... Le seul personnage qui semble tirer son épingle du jeu, c'est le psychothérapeute qui réussit à brouiller toutes les pistes et à semer le doute partout où il passe. Au départ, on a du mal à comprendre le lien qui les unissait (et aussi comment il a été brisé) mais tout devient plus clair au fur et à mesure que l'on plonge dans leurs pensées les plus intimes.

Le trait fin et précis de Nokiya s'adapte parfaitement à la narration subtile et tout en finesse du scénariste. On remarque une
Quatrième volume
utilisation occasionnelle des codes du shôjo et il n'est pas rare de voir des petites étincelles ou des yeux pétillants. Ce n'est pas vraiment un point négatif dans la mesure où ça sert plutôt bien l'histoire et où ce n'est pas utilisé excessivement. Nokiya utilise aussi beaucoup les alternances noir/blanc, vide/plein pour nous permettre de voir un peu plus ce qu'il y a dans la tête des personnages. Plus ils sont inquiets, plus leur appartement est rempli et désordonné, plus ils sont sereins, plus ils sont vides et désorganisés.

Je conclurais en disant que malgré sa catégorisation de shôjo, Conductor tire plutôt vers seinen et ce, pour plusieurs raisons. D'abord pour son côté narratif très soigné, à la limite du roman, mais aussi par sa galerie de personnages complexes (même si un peu fades) qui renverrait jouer aux billes n'importe quel autre shôjo. Les fans du scénariste, Manabu Kaminaga, seront heureux d'apprendre qu'une autre série de cet auteur arrivera en France au mois d'aout chez Panini : Shinrei Tantei Yakumo (on ne manquera pas de vous en parler sur Krinein). Au final, Conductor est une petite série en quatre volumes, ce qui fait que l'investissement n'est pas une mauvaise chose, loin de là.

 

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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