7/10

Cowboy Bebop : knockin' on heaven's door

"See you one more time space cowboy"... Après l'anime et le manga, il ne manquait plus à Krinein que le film pour avoir fait le tour d'une des plus intéressantes productions du studio Bones. Il aura fallu pas mois de deux années pour que le film débarque en France, d'où une certaine impatience de la part de nombreux admirateurs qui n'attendaient plus que cela pour parfaire leur imagination débordante d'apprentis chasseurs de primes sur les traces de Spike, Jet, Faye, Ed et Ein... donc forcément il en résultait beaucoup d'attentes. Attentes oui, et à tous les niveaux : scénario, animation, bande originale pour un ensemble qui ne pouvait atteindre que la perfection. Pour ne pas déroger à la règle, le sous-titre de cet épisode Knockin' On Heaven's Door a été interprété entre autres par Bob Dylan, Guns'N'Roses et Eric Clapton et d'emblée avec ce titre, Bones nous promet un grand space opera s'inspirant d'un scénario original qui est en fait un épisode intercalé au sein même de la série, plus précisément entre les numéros 22 et 23 mais sans rapport direct avec la quête poursuivie par les cowboys dans l'aventure principale... la dernière occasion de les voir tous ensemble réunis avant le grand final.

Duel sur Mars

En cette belle année 2071, peu de temps avant Halloween, les âmes en peine du Bebop stationnent en orbite de Mars sans le sou, comme d'habitude, et avec une ambiance alternant entre calme, folie douce et disputes incessantes. La déchéance semble les guetter puisque rien de nouveau ne se présente à l'horizon, entendez par là le calme plat du côté des primes importantes ! Seule Faye est partie à la recherche d'un misérable petit hacker et le blues du chasseur se fait ressentir jusque dans son regard face à cette mission peu passionnante... jusqu'à ce qu'un camion-citerne n'explose devant elle provoquant des dizaines de victimes frappées par un subit virus.

Bien vite, un homme est repéré sur les lieux de l'attentat avant d'être identifié comme étant un ancien militaire répondant au nom de Vincent Volaju qui prévoit un grand feu d'artifice pour Halloween, voulant gâcher la fête en répandant son virus. Huit beaux zéros succèdent au 3 qui caractérisent la prime de ce nouvel ennemi public numéro un, il n'en faut pas plus pour motiver les éléments du quatuor interstellaire pour se lancer immédiatement à sa recherche transformant leur blues en un morceau de jazz endiablé.

Intrépide, Faye pense pouvoir coincer à elle seule le terroriste mais Vincent a plus d'un tour dans son sac et la capture, c'est ainsi que commence une opération de délivrance dans laquelle Spike va se lancer. Sur sa route, le chasseur de primes va aussi devoir se coltiner la présence d'Electra Ovilo qui semble avoir une relation personnelle avec le terroriste. Parviendront-ils à stopper Vincent ?

Comme un long épisode...

Disons le tout de suite, le scénario est un peu léger, la plupart des épisodes de Cowboy Bebop montraient des intrigues souvent plus complexes que celle-ci mais il tient la route et les aventures de l'équipage sont toujours aussi passionnantes. C'est un bon épisode s'étalant sur 1 h 55 qui se déroule merveilleusement bien. D'emblée conquis par la fabuleuse scène d'introduction dans la superette, tous les éléments qui font la renommée de l'anime sont passés en revue : poursuites, bagarres, traque impitoyable sous forme d'une enquête menée par Spike et Electra et bien sûr les facéties habituelles de Ed ou le caractère grincheux de Jet... absolument pas dépaysé, on se replonge en terrain connu.

Le petit plus du film consiste à proposer un nouveau personnage, Vincent, au passé trouble qui cherche vengeance après avoir été manipulé et avoir perdu la mémoire. Celui-ci prend de l'ampleur au fur et à mesure de l'avancée du film mais c'est évidemment Spike qui garde la vedette.

... bon mais sans plus !

Au niveau de la réalisation, bin... c'est Bones... donc une animation fluide, des scènes qui resteront gravées dans les mémoires (le train suspendu, la scène finale sous le feu d'artifice, j'en passe et des meilleures...), les décors splendides, le chara design excellent, que dire de plus que bravo ! C'est un tel plaisir de revoir Spike & Co évoluer qu'on redemanderait un second film. Le seul reproche possible est de constater une qualité quelquefois légèrement inférieure mais si peu sur la durée que le travail de Shinichiro Watanabe (The Animatrix) est un plaisir qui se laisse admirer tel qu'il est présenté.

Et enfin comment ne pas parler des musiques de Yoko Kanno avec des musiques adaptées à chaque scène qui verront se succéder aussi bien le jazz avec un solo de trompette immense lors d'une poursuite, "sûrement un hommage gracieux et suggestif à Charlie Parker". La variété des styles est tout de même étendue en passant aussi par du rock et de la pop qui permettent à Kanno de confirmer que son inventivité est toujours bien au rendez-vous même si les thèmes sont moins accrocheurs que dans la série. L'ensemble reste quand même plus qu'agréable et ravira tous les adeptes de la compositrice.

Cowboy Bebop : Knockin' On Heaven's Door est un très bon moment à dévorer visuellement qui confirme le potentiel de la série sans pourtant apporter des nouveautés ou révélations. Il permet juste de confronter une fois de plus l'équipage interstellaire le plus jazzy de l'histoire de la japanimation à une aventure qui met une nouvelle fois les studios Bones en valeur. S'il n'apporte rien à l'histoire, ce passage au grand écran aura permis de divulguer au grand public un western futuriste où les indiens sont souvent mal intentionnés mais où les cowboys sont bien plus intéressants, toujours à la recherche d'un peu d'or dans ce Far West que représente la galaxie.

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