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Cratère (Le)

1970, Osamu Tezuka a déjà connu le succès avec Astro Boy, Le Roi Léo ou Princesse Saphir, sans compter Phénix. Cette constellation de mangas atteignant les sommets des meilleures ventes de l'époque cache l'autre visage du Hergé japonais avec des recueils beaucoup plus intimes dignes d'un vrai conteur. Le Cratère fait parti de ses oeuvres avec ses dix-neuf histoires réparties en deux volumes sans aucun lien entre elles, hormis le fait de mettre en action les personnages récurrents de Tezuka dans une intrigue fantastique teintée de valeurs humanistes. Du bon, du moins bon et au final beaucoup de détails à relever pour une oeuvre pas tellement en rapport avec la bibliographie du maître.

Cracra

En dix-neuf nouvelles, le mangaka s'attache à mettre en place des histoires flirtant entre réalité et fantastique avec son personnage récurrent. Celui-ci répond chroniquement au patronyme de Ryuichi et se retrouve propulsé dans tous les scénarios pleins de malice de Tezuka avec des dénouements souvent inattendus et intéressants par leur petite morale pas toujours très... morale. Ces intrigues de trente pages sont menés avec entrain et abordent franchement le sujet développé mais les raccourcis sont faciles, les ellipses un peu trop importantes parfois et les chutes tombent comme un cheveu sur la soupe.

Tezuka se personnifie et s'intègre à ces histoires sans sourciller mais sans ne jamais prendre la vedette, un peu comme dans Vampires. Si le protagoniste principal présente les mêmes traits, son environnement, sa situation et les personnages secondaires varient du tout au tout. Chaque histoire présente un élément fantastique nouveau, créant une situation inédite ou en rapport avec les mythes nippons. Malheureusement, le problème inhérent à tous les recueils de nouvelles apparaît avec de nombreuses histoires bien moins intéressantes (voire dénués d'intérêt) faisant face à quelques seuls très bons contes surprenants. De l'illusion la plus basique au passage remontant dans le temps, sans oublier les monstres de légende, Osamu Tezuka inscrit un point d'honneur à présenter une vision non exhaustive de l'ensemble des troubles touchant la conscience et la peur humaine.

MétéoRITE

Tezuka n'a pas encore assuré définitivement son trait qui reste hésitant, pas encore tranchant. Ces erreurs apparaissent surtout au début du premier volume sinon le dessin du maître est aisément reconnaissable, prenant les mêmes caractéristiques que d'habitude avec un trait arrondi mettant en scène des personnages aux allures caoutchouteuses dans une mise en scène dynamique et un remplissage impressionnant pour l'époque. Les détails ne s'illustrent pas sur les personnages mais plutôt sur des plans larges travaillés avec justesse. Comme d'habitude, le découpage illustre le dynamisme de l'oeuvre à la perfection, ce qui permet au manga de rester dans l'actualité encore aujourd'hui.

Le Cratère reste à réserver aux admirateurs de Tezuka car ses propos trop épars ne touchent pas suffisamment le lecteur même si des nouvelles comme Le plus grand des voleurs ou Le visage de Tomoé sont plus que plaisants. Quoiqu'il en soit, Le Cratère montre la polyvalence du mangaka capable de s'illustrer aussi par le biais d'histoires courtes, participant un peu plus à sa légende...

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