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Crying Freeman

Sanctuary s'est terminé en août, relayé ensuite par Heat. Puis, en ce début de mois, l'éditeur Kabuto a eu la bonne idée de continuer sur sa lancée et de ressortir un ancien titre, transfuge de chez Glénat : Crying Freeman.
La sortie des deux premiers tomes de ce seinen serait presque à marquer d'une pierre blanche car d'une part, elle va permettre aux lecteurs de la première heure de la série de connaître le dénouement de l'intrigue du Freeman après des années d'attente. Et d'autre part, il y a fort à parier que Crying Freeman devienne rapidement un nouveau succès de l'éditeur. En effet, outre la réédition du titre, le mangaka officiant au dessin : Ryôichi Ikegami jouit d'une solide réputation en France (grâce à Sanctuary et Heat) et dernier attrait et pas des moindres : Crying Freeman a donné lieu il y a dix ans à une adaptation cinéma célèbre réalisée par notre Besson bis national : Christophe Gans (Le pacte des loups, L'aventurier et Silent Hill bientôt). Mais on reviendra plus tard sur celle-ci après nous être penché tout d'abord sur le fondement de cet article : le manga.

Crying Freeman
Crying Freeman
Le jour de son vingt-neuvième anniversaire, la belle Hino Emu se remémore une journée particulière, celle où elle a vu un gangster chinois se faire assassiner devant ses yeux. Mais plus que cette mise à mort, c'est l'assassin qui a marqué sa mémoire... Car combien de tueurs professionnels pleurent après avoir tué leur victime?
Ce dernier, les yeux embués de larmes, lui avait dit son nom et au tréfond de son coeur, Hino comprit que ses jours étaient comptes car lorsqu'un tueur donne son nom à quelqu'un, c'est qu'il s'agit de sa prochaine victime...

Pour les habitués de Heat et surtout de Sanctuary, Crying Freeman se révèlera légèrement décevant. L'histoire est en effet plus alambiquée et rocambolesque, moins réaliste et donc moins prenante dans ce genre de récit. Pourtant, Kazuo Koike (le scénariste du manga, auteur de Lone Wolf & Cub entres autres) utilise les mêmes ingrédients que reprendra plus tard Sho Fumimura dans Sanctuary. Au programme : yakuzas, maffia, politiciens véreux, femmes soumises, etc... Rien de bien original pour un manga de l'auteur.
Pourtant, la qualité n'est pas la même. En fait la différence provient des protagonistes de l'histoire. Si dans Les oeuvres plus récentes de Ikegami en collaboration avec Shimura les personnages paraissaient bien réels, ceux de Crying Freeman se détachent de cette réalité pour se rapprocher des héros des films de Hong Kong. Le Freeman en est le parfait exemple que ce soit dans ses capacités et techniques de combats que dans son caractère. Sans nul doute, John Woo ne le renierait pas. Kazuo Koike suit donc ce modèle de personnages hong kongais pour ce manga. Les autres protagonistes gravitant autour du héros suivent ce même schéma cinématographique et rendent donc l'oeuvre moins réaliste.

Toutefois, cette prise de position n'a pas que des défauts. Ainsi, si l'histoire est moins ancrée dans la réalité, elle donne un charme différent aux personnages. Le Freeman bien que physiquement surhumain n'en reste pas moins fragile, voir touchant. Même chose pour Hino Emu qui au fil des volumes montre une psychologie plus travaillée qu'il n'y parait, moins superficielle.
L'histoire concoctée par Kazuo Koike sans égaler celle de Fumimura-senseï n'a pas à rougir. L'intrigue est prenante, les révélations du Freeman surprenantes. Bref, le mangaka signe ici un travail de qualité inspiré des meilleurs films HK.

Au crayon, Ryôichi Ikegami nous propose un travail de jeunesse (comparé à Sanctuary) de qualité. Même si le trait n'est pas encore maîtrisé sur toutes les planches, le résultat final est plus qu'honorable. Certaines expressions manquent encore de finesse comme certains décors mais au final ces détails passent en arrière plan, derrière le travail de mise en page du mangaka et de son talent de conteur. Il y a vingt ans, Ikegami maîtrisait déjà parfaitement le dynamisme dans les combats.

Enfin, comme de coutume, le travail de Kabuto est honnête au regard du prix. On regrettera un encrage trop sombre sur certaines pages rendant la lecture et la lisibilité mal aisée, ainsi qu'un découpage des planches trop proche des bordures. Résultat, parfois le dessin, voire la bulle de texte est tronquée. On se consolera sur les couvertures magnifiques rendant enfin hommage au travail du dessinateur ainsi que sur le bonus présent à la fin du volume 02 nous présentant parfaitement les différences entre le film et le manga. A ce sujet, j'avais mentionné en début de critique revenir sur le film, mais il me semble que le mieux est d'aller jeter un oeil sur la fin de ce volume 02. Comment ça vous allez devoir payer les deux premiers volumes alors ? Qu'à cela ne tienne, le manga le vaut bien.

Ainsi, si Crying Freeman n'est pas le meilleur manga d'Ikegami car moins sérieux et moins abouti, il ravira tout de même les fans du genre. Pour ceux disposant d'un budget plus serré : à vous de voir. Crying Freeman est moins lourd et moins sérieux que les deux autres séries de l'auteur publiées mais sans doute plus riche en action.

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Zipang

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1 commentaires

  • Anonyme

    03/04/2008 à 16h55

    Répondre

    bonjour,


    je suis une fan du manga crying freeman ainsi que du film avec Marc Decasco, j'ai été séduite par ce manga et surtout ce que l'on a reproduit en film mais j'ai été déçu que l'on ne donne pas une suite au film comme l'on a fait au manga car la suite du manga est vraiment très intéréssante ce déssin animé est fabuleux pourquoi pas en faire une suite pour le film? 


    envoyer moi votre avis s'il vous plait.


    annabella555@hotmail.fr

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