8.5/10

Cyber Weapon Z

La science est manifestement l'un des plus grand accomplissement de la race humaine, nous permettant de découvrir des instruments capables de nous faire voir et espérer bien au-delà de notre condition. Seulement, ce trésor a un prix. En effet, la télé réalité, Internet et autres insanités du genre nous pervertissent en profondeur. Rares sont ceux qui savent encore jouir de la vie aussi intensément que du temps où l'homme n'avait pas acquis le luxe dans lequel il vit aujourd'hui. En définitive, nous en sommes à un léger passage à vide de notre évolution, et le calcul est simple : si nous nous complaisons à vivre dans le confort sans réapprendre à apprendre, notre disparition est imminente. Il subsiste pourtant une alternative, celle d'éteindre sa télé et de se bouger un peu.

Cyber Weapon Z
Cyber Weapon Z
Et c'est dans cette optique des plus réjouissantes et optimistes que le monastère de Shaolin accueille les élèves en art martiaux les plus talentueux du monde pour les entraîner et en faire des défenseurs de la race humaine, mais aussi et surtout ouvrir la voie vers des nouvelles possibilités encore insoupçonnées du corps humain. Park Iro, un jeune garçon en quête de vengeance, et Anling, un peu le pot de fleur de l'histoire, font partie de la dernière promotion. Presque au même moment, un mystérieux combattant aux cheveux verts attaque le monastère et libère Molitofu, un démon enfermé depuis la dernière guerre interdimentionnelle d'il y a 10 ans. Ils s'enfuient, malgré la résistance opposée par Loneken, l'éléve le plus doué du monastère et Rosaland, sa panthère.
Ainsi se profile une nouvelle guerre entre humains et démons, dirigés par le maléfique Soloté, dont les ambitions expansionnistes dépassent l'entendement humain. Face à lui, aucune arme ne peut triompher, si ce n'est la force du poing et la volonté inébranlable de protéger ceux que l'on aime. C'est ce qu'apprendront à leurs dépends Park, Anling et Loneken.

Cyber Weapon Z, c'est avant tout la réplique chinoise aux mangas. Le succès sans précédent de cet avatar de la culture japonaise sur le sol chinois dans les années 90 entraîne une contre-attaque, qui percera jusque chez les nippons, et dont Andy Seto est certainement le plus grand représentant. Ce dessinateur de génie n'est que peu connu en Europe, si ce n'est pour son travail pour la série King of Fighters et le manga éponyme, ainsi que sa récente adaptation de Tigres et Dragons. Cyber Weapon Z, issu de sa collaboration avec Andy Lau pour le scénario, est pourtant un des premiers mangas à sortir en France. Le succès est sans précédent, tout comme l'oeuvre est sans conteste une réussite.

Beaucoup d'éléments dans Cyber Weapon Z font penser à des shônens japonais classiques. Ne nous méprenons pas, si plagiat il y a, c'est qu'il s'est fait dans le sens inverse. En effet, le manga emprunte tellement à la culture chinoise qu'il n'est au final pas très étonnant de voir des récurrences. Pourtant, dans le fond, Cyber Weapon Z est, si ce n'est plus abouti, au moins extrêmement différent des shônens japonais typiques. Les valeurs sont très largement empruntées à la philosophie des arts martiaux, et les fans de Bruce Lee ne seront pas dépaysés par le fond de l'oeuvre, qui n'est pas aussi évident que l'on voudra bien le dire.

Cyber Weapon Z est une oeuvre où les combats s'enchaînent comme dans un Dragon Ball Z, mais ne comportant que 10 volumes d'une centaine de pages, l'histoire est bien moins disparate, et le lecteur qui s'attend à lire toute une saga risque de voir venir la fin bien plus vite qu'il ne l'aurait cru. Le tout se déroule sur quelques jours à peine, et inutile de préciser que la plupart de l'action se résume à des combats. Des combats dynamiques, dans l'esprit des films hong kongais des années 70-80. On est encore loin de l'aspect kitsch et sur-stylisé des films ‘d'art martiaux' visibles aujourd'hui : l'accent est porté sur les mouvements des personnages, d'un réalisme impressionnant.

C'est ainsi que nous en venons à parler de l'aspect graphique de Cyber Weapon Z. Andy Seto est aux pinceaux, et cela se traduit par des dessins colorés, superbes, peut-être un peu dépassés au niveau du style (voir le design de Park Iro), mais toujours aussi beaux à admirer. C'est pendant les affrontements que Seto se déchaîne, pour le bonheur de nos yeux. Et plus les volumes vont, et plus on hallucine devant la qualité de cette oeuvre, qui contrairement à King of Fighters : Zillion, est entièrement faite à la main, si ce ne sont les quelques rares effets d'ordinateur. Nul besoin de vous mentionner que le combat final remporte la palme avec une apothéose graphique assez impressionnante.

Cyber Weapon Z est un excellent manga, bien rythmé, intelligent, et surtout d'un soin tellement irréprochable qu'encore douze ans après sa sortie, on ne peut qu'admirer et très certainement le comparer à la production manga actuelle (qui n'a d'ailleurs pas vraiment de quoi s'enorgueillir à ce niveau). Moins kitsch que King of Fighters : Zillion, tout en s'inscrivant clairement dans sa lignée (qui ne voit pas dans Loneken un précurseur à Terry Bogart ?), cette oeuvre est un pilier de la bande dessinée asiatique (voire mondiale), une valeur sûre du genre.

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2 commentaires

  • Anonyme

    24/06/2007 à 10h22

    Répondre

    tres bon manga souffrant malheureusement d'un defaut de taille: un tirage sur un support des plus fragiles (pour un prix tout de meme assez consequent)!!! des livres relies avec une telle negligence qu'ils ne supportent qu'une cinquantaine de lectures maximum.


     A apprecier et a manipuler precautionneusement donc.

    M.

  • Anonyme

    15/06/2009 à 00h54

    Répondre

    Voici un manhua (et non un manga!) très surfait.


    CyberWeapon Z (tu parles d'un titre) est un shonen made in china, donc
    priorité à l'action, oui, sauf que même dans les plus bourrins des
    shonen japonais on pense quand même à développer un peu une histoire,
    quelques persos qui tiennent la route... ici c'est quasi le désert et
    donc reste que les combats... qui sont ultra-basiques, du niveau d'un
    dbz (la classique montée en puissance du héros est un peu risible)

    Du coup tout ça se lit très vite, trop vite (ça fait bizarre quand on est habitué à la densité des mangas jap).

    Sinon le maigre background est inspiré (pour ne pas dire pompé) de
    l'univers de masamune shirow : 'Ghost in the shell' pour le thème de
    l'homme/machine et 'Orion' pour le mix techno/magie. Mais tout ça est
    amené superficiellement (manque de place), ainsi la comparaison avec le
    grand Shirow est douloureuse pour CWZ, vous vous en doutez.

    Bon allez je mets quand même un généreux 5/10 pour le dessin : Seto est
    doué, indéniablement. Mais irrégulier, bizarrement. Parmi les planches
    pour la plupart splendides se glisse parfois le moyen, voire (rarement)
    le baclé. Petit coup de flemme ou à la bourre ? (prépublication ?)
    C'est encore pire pour la couleur, qui peut changer du tout au tout
    d'une planche à l'autre ! Première fois que je vois ça dans une bd...
    les coloristes auraient pu se partager les volumes plutôt que les pages
    >_<... C'est dommage car ici il y a souvent du beau boulot mais
    le manque d'unité est forcément dommageable.



    Résumé : très vite lu, très vite oublié, un peu comme un blockbuster estival en somme.


    Ma note : 5/10

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