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Daiô

Iô Kuroda, auteur méconnu, voit l'occasion de se laisser découvrir à travers un one-shot compilant des oeuvres de toute sorte et de tout style. Un beau fourre-tout.

Daiô est un recueil d'une dizaine d'histoires courtes pleines de mystères et de curiosités en tout genre comme le faite de posséder comme animal de compagnie un éléphant ou une baleine, que certains moustiques se transforme en femme ou encore qu'il existe un lien entre un jeune bonze agressif et la crise de Cuba de septembre 1962.

Daiô
Daiô
Compilation de récits courts d'un mangaka au style atypique, Daiô se montre comme un one-shot assez particulier dans la mesure où Iô Kuroada (Le Clan des Tengu, Un Eté Andalou et Autres Aubergines) s'essaye à différents styles graphiques pour illustrer différents points de vue narratifs. Treize nouvelles pour un ensemble composite permettant de constater des sources d'inspiration aussi diverses que le sport, la politique, la science-fiction, le fantastique ou l'absurde au rayon. Daiô se démarque comme une bizarrerie dont aime bien se fournir le label nippon de Casterman, Sakka. Et une nouvelle fois, on se retrouve rapidement enchanté des prouesses narratives dont l'auteur est capable et des univers originaux créés. S'il semble avoir un problème avec les éléphants, le mangaka n'en démord pas, les doux dingues sont des héros à part entière pour lui, à tel point qu'il aime les mettre dans des situations rocambolesques dans lesquels leurs caractères fantasques prend toute leur ampleur. Des mises en scène assez souvent incroyables mettent ces personnages face à des situations totalement farfelues auxquels ils trouvent des moyens tout aussi... dingos pour y répondre.

Le style graphique est fluctuant et s'adapte aux différents critères de l'histoire. L'ensemble semble souvent laisser aller et Kuroada renforce délibérément cette impression de "premier jet" par un manque de finition chronique dans le détail des personnages. L'auteur est beaucoup plus intriguant par son scénario en majorité mais lorsqu'il parvient à allier les deux facettes du métier, il arrive à offrir des résultats spectaculaires (Un été d'éléphant, La promenade de l'éléphant ou même une courte revisite du Metropolis de Tezuka). Néanmoins, on retrouve aussi quelques nouvelles se rapprochant plus de son style actuel comme Fleurs de liseron.

Un petit recueil étrange dont Sakka sait faire merveille mais qui n'enthousiasmera certainement que les plus grands aficionados de Kuroda, auteur aux délires narratifs et au style graphique trop disparate pour espérer toucher un jour le grand public. Mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Tant mieux, ainsi le résultat reste à l'écart de lignes éditoriales perverties par le succès... 
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