6/10

Deep Kiss

Elle met du vieux pain sur son balcon...

Asuka est un petit nom du manga français. L'éditeur fait son chemin, loin des grosses maisons comme Kana. Leur catalogue s'étoffe petit à petit, grâce à d'excellentes séries, des blockbusters, et comme partout des séries de qualité moindre. Deep Kiss fait partie d'une nouvelle collection, appelée "Ladies", dont le concept pourrait se définir comme un shôjo pour public averti. Dans ce one-shot, tout comme dans les autres volumes de cette collection, se suivent quatre histoires indépendantes. Juste de quoi remplir les 160 pages du livre.

Pour attirer les moineaux, les pigeons...

Deep Kiss
Deep Kiss
Ces petites nouvelles racontent toutes des histoires d'amour. Comme tout shôjo qui se respecte, elles mettent en scènes des héroïnes belles, au caractère bien trempé, qui passent leur temps à se dépêtrer dans des relations sans lendemain, toujours à la recherche de l'amour avec un grand A. Des filles présentées comme des "mademoiselle tout le monde" mais qui vivent visiblement bien en dehors du monde réel. Des filles qui sont souvent des adultes accomplis, mais qui, dans leur têtes, raisonnent encore comme des gamines au collège. Le cocktail habituel en somme. La véritable différence entre ces nouvelles et n'importe quel autre recueil de nouvelles étiqueté shôjo-manga, c'est la très forte connotation sexuelle de l'ensemble. Pour une fois le sujet n'est pas tabou, et les relations entre hommes et femmes ne se limitent pas à de chastes et passionnés baisers d'adieux sous la pluie. Le sexe fait partie de la vie de ces femmes, elles ne se sentent pas souillées, ce n'est pas impur, elles le recherchent. Une vie autrement plus normale que celle de toutes ces filles qui courent après le prince charmant en pensant que les bébés sont générés spontanément dans leur ventre lorsqu'elles se trouvent à moins de 5 mètres de l'être aimé. Et l'auteur ne se gène pas pour le montrer. Impossible de feuilleter ce livre sans tomber sur des pages où l'on découvre les protagonistes en train de faire des choses que la mère de Brassens aurait très certainement défendu de nommer ici.

Elle vit sa vie par procuration...

Un aspect voyeur bien intégré à l'histoire, mais qui dérange un peu. En pénétrant dans les vies des héroïnes, en les regardant partout, jusque dans leur intimité, on se retrouve à vivre "par procuration". Les situations que vivent les personnages sont simplistes. Les hommes sont tous fermés sur eux-mêmes, incapables de manifester ouvertement leur sentiments, et les femmes ne sont rien de plus que des greluches amoureuses maladroites. Le message ? "Mesdames, faites le premier pas, couchez avec eux, c'est la seule manière de les amener à vous faire une confession. De toute façon, une fois le coït terminé, ils vous aiment." Discutable.

L'impression sur laquelle on reste, c'est vraiment celle de vie par procuration. Le contexte simple, trop simple, les histoires banales simplement rehaussées par ces scènes de sexe n'ont pas de réel intérêt. Il n'y a rien de vraiment divertissant là-dedans. Mais on se retrouve plongé dans une vie idéale, le même type de vie que celle que l'on peut trouver dans la plupart des Soap qui passent entre 13h et 16h sur les chaînes de télé. On est bien loin de la réalité. Gageons tout de même que ce manga rencontrera un vrai succès auprès des collégiennes, qui trouveront ici un shôjo ultra-classique suggérant et montrant un sujet qui les préoccupe, et généralement tabou. Mais ne vous y trompez pas : il ne s'agit pas d'un manga seinen ou érotique. Il ne s'agit que d'un shôjo osé. De quoi faire rêver des adolescents, rien de plus.

Et si la description ne vous suffisait pas, n'hésitez pas à feuilleter le manga. Les codes graphiques utilisés par l'auteur sont ceux du shôjo : fonds vides, taches lumineuses, grands yeux, tenues Kawaï, grandes silhouettes élancée... Le travail est très propre et très soigné, mais sans une once d'originalité. A l'image du reste du manga en somme.

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