6.5/10

Demon's Diary

Peut-être les amateurs de jeux vidéo parmi vous se rappellent encore de Dungeon Keeper, un soft PC assez délirant où vous incarniez un démon dont le business était de tenir un donjon diabolique tirant son profit de la séquestration de nobles héros venus en quête d'aventure. Plus les aventuriers en question étaient prestigieux, plus votre donjon gagnait en prestige et attirait d'autres preux chevaliers, etc... Le capitalisme appliqué au métier de démon en somme.

Demon's Diary
Demon's Diary
Le lien avec Demon's Diary, car il y en a un, est sans conteste ce principe selon lequel les démons qui nous terrorisent auraient eux aussi une vie privée et des fins de journées difficiles. Ce n'est pas Yclipt, démon de troisième rang dans la hiérarchie maléfique, qui viendra contredire ces propos. En effet, tout allait bien pour lui jusqu'à la mort de son maître, le malfaisant Rainef, roi démon parmi les rois démons, reconnu et admiré pour son sadisme et sa cruauté au sein de la communauté satanique. Yclipt, s'étant lui-même maintes fois illustré par ses actes lors de guerres et massacres divers, se voit chargé de trouver la réincarnation de son maître et de l'initier aux usages du rang qui lui revient de droit.
Hélas, la réincarnation de Rainef se trouve être le garçon le plus innocent de la Terre. Ce n'est même pas qu'il répugne à faire le mal ; il va jusqu'à ignorer même en être capable. Bien que naturellement enclin à rechercher le bonheur d'autrui, il devra apprendre à être à la hauteur de son prédécesseur. S'ensuivent alors des heures de leçons et de prises de tête pour le pauvre Yclipt, et une bonne dose de rigolade pour le lecteur.

Demon's Diary est un manhwa qui fait immédiatement penser à Angel Sanctuary. Pas d'erreur possible : non seulement les traits se ressemblent parfois à s'y méprendre, mais les personnages, l'ambiance, la mise en scène s'en inspirent clairement, frôlant bien des fois le plagiat pur et simple. Pourtant, le style est plus grossier dans les formes, et les nombreuses et excellentes caricatures dessinées par le duo Kara rompent nettement avec le style de Kaori Yuki. Demon's Diary repose aussi beaucoup plus sur le ressort comique de l'oeuvre, ce qui permet fort heureusement au lecteur de ne pas se retrouver face à un ersatz du shôjo japonais typique.

On s'en démarque par ailleurs nettement : les relations amoureuses sont seulement suggérées (quand elles existent.), et heureusement pour nous, la mise en scène est beaucoup moins typée public de filles. Ce n'est pas un shôjo, alors ? Hé bien, si, un peu quand même. Je m'explique : les personnages gardent cet aspect très féminin, avec leurs grands yeux, leurs visages et leurs corps fins. Au final, on se demande toujours si tel personnage est vraiment un garçon ou une fille. Les auteurs semblent jouer là-dessus, créant une relation plus qu'ambiguë entre Rainef et Yclipt.

Le scénario de Lee Yun Hee tient très bien la route, se renouvelant assez bien tout en gardant en main les éléments clés de l'oeuvre. Les situations comiques sont très bien exploitées, et savent se renouveler à chaque fois, tout en reposant la plupart du temps sur le caractère naïf de Rainef, puis plus loin sur les deux boulets que sont Ertis, fille chevalier devenue serviteur du palais après avoir tenté d'assassiner Rainef, et Kiris, aspirant ordonnateur anti-démon en vacance. Assaisonnés de caricatures diverses, les gags doivent aussi beaucoup, il faut le dire, à la traduction qui est exemplaire, comme souvent chez Saphira.

Demon's Diary est une oeuvre soignée qui se tape le luxe de proposer une narration décousue, sans vraiment que cela n'apporte grand-chose au récit. Le scénario est agrémenté de petites histoires plaisantes d'une vingtaine de page. Pourtant, là encore, on se demandera si elles ont une utilité réelle. Ces quelques détails, la mise en page, ainsi que l'oeuvre dans son ensemble témoignent d'un travail débutant ; une volonté de se démarquer des modèles parfois un peu maladroite font de Demon's Diary un manhwa très agréable à lire, mais aussi pas vraiment sérieux, dans tout les sens du terme.

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MW

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1 commentaires

  • Anonyme

    31/05/2016 à 03h22

    Répondre

    Hem l'image c'est du Ludwig pas du Demon's Diary... peut-être pour ça que "les traits se ressemblent parfois à s'y méprendre"
    Parce que ... Demon's DIary semble presque totalement épuré niveau détail quand on compare avec les dessins de Kaori Yuki.

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