Attention aux oreilles, les Deux Van Gogh arrivent chez Glénat !

Fin du XIXe siècle. Théodorus Van Gogh, est un célèbre vendeur d'art chez Goupil & Cie. Ses clients : de grands bourgeois, conservateurs, en quête de signatures prestigieuses et valorisantes, persuadés que l'Art n'est accessible qu'à un échelon supérieur de la société, en excluant d'emblée la plèbe ignorante. Mais Théo recherche et développe aussi de nouveaux talents aux techniques révolutionnaires. Souhaitant détruire le système de l'intérieur, il se sert de sa position pour mettre en avant des artistes peu académiques dont son frère Vincent...


L'histoire se passe dans le Paris du XIXe siècle. L'art est encore très codifié et l'Académie des Beaux Arts possède un droit de regard absolu sur ce qui va être exposé ou non. C'est donc à une époque où l'art est coupé du public que Théo Van Gogh décide de monter à la capitale. Il va y travailler comme marchand d'art et va tenter de réformer le système de l'intérieur. L'idée derrière ce titre est assez curieuse, intrigante même. Hozumi s'est donné comme objectif de mettre en avant le frère Van Gogh que l'on connaît moins. Tout le monde connaît Vincent, ses peintures et son oreille coupée mais qui peut en dire autant de Théo ? Le peintre n'apparait presque pas dans les 400 pages (environ) de l'oeuvre pour ne pas faire d'ombre à son frangin blondinet qui n'a qu'un but : amener l'art au peuple. Pour cela, il est prêt à tout et Hozumi nous montre un personnage très intelligent, presque machiavélique, qui pense chacun de ses mouvements à la manière d'une partie d'échecs. On voit d'ailleurs en début de tome qu'il possède un certain talent pour ce jeu de plateau alors qu'il écrase un riche déguisé en clochard (c'est une longue histoire…).

L'histoire fonctionne plutôt bien et on reconnaît pas mal de personnages et autres lieux historiques réels mais là où il y a un petit souci, c'est au niveau des événements. Pour quiconque connaît un peu Vincent Van Gogh, on nous présente une histoire qui ne tient pas debout. Il est dépeint comme quelqu'un de calme, serviable et qui ne ferait pas de mal à une mouche. Un homme qui se laisse aller à la peinture tout simplement parce qu'il aime ça, pour son propre plaisir. Malheureusement, la réalité est tout autre puisque le peintre était plutôt fou et ses coups de génie étaient justement inspirés par la folie. L'auteure nous assène le coup final dans les dernières pages lorsque Théo fait appel à un écrivain pour réécrire la vie de Vincent puisqu'il se dit qu'une vie traditionnelle ne fera pas vendre. Cette réécriture s'avère être la véritable histoire dans un twist difficilement justifiable.

Quel est l'intérêt de ce retournement de situation ? Si l'auteure avait voulu faire une réécriture, ça serait très bien passé mais on a l'impression qu'elle a eu un petit doute et a décidé de rétablir la vérité pour ne froisser personne. C'est dommage puisque tout son travail sur Théo passe un peu en second plan après ce revirement final. Les Deux Van Gogh est un titre bien construit et qui propose un retour intéressant sur un peintre légendaire sans réellement passer par les chemins classiques puisqu'on passe ici par son frère. On regrettera juste un final qui n'était pas vraiment nécessaire et amené peut-être un peu trop rapidement. 

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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