3.5/10

Diu Diu

Quel mangaka, et à plus forte raison dessinateur, n'a jamais rêvé de voir ses créations s'animer et prendre place autour de lui ? En tout cas, Jun Nie a réalisé en partie son rêve à travers Diu Diu. Le chinois a crée un monde de toons dans lequel plus aucune limite ne s'applique. S'incarnant à travers un héros pathétique mais fort drôle, les histoires de Diu Diu ont bien du mal à décoller laissant un manga un peu naïf, un peu bancal, manquant d'un vrai fil rouge narratif pour être vraiment intéressant. Des manques que l'auteur de My Street avait su combler dans son autre oeuvre...

Diu Diu, héros poubelle

Diu Diu
Diu Diu
Jia Xue est une gentille dessinatrice de BD, sans histoire... jusqu'au jour où ses personnages, grâce à une formule magique, décident de s'échapper de ses dessins... et d'envahir le monde réel. Que faire alors ? Une seule solution : ressortir de la poubelle un vilain renard (même pas futé) nommé Diu Diu, et lui confier l'impossible mission de ramener les évades dans leur univers d'origine.

Le manhua est délirant, prenant son inspiration chez Tex Avery et tous ses héros repassés avec un adoucissant chinois, autrement dit fortement dépendante du manga. Si la folie est là, elle demeure plus contrôlée, moins convaincante. Jun Nie va moins loin dans ses personnages délirants, il n'exploite pas leur plein potentiel. Il introduit le concept de l'anti-héros pour le personnage de Diu Diu, seul entité novatrice parmi la multitude de seconds rôles de l'histoire qui ne font que des apparitions sporadiques dans un registre beaucoup moins avenant. Le ton est particulièrement ambigu entre phases comiques burlesques et insertion de bouts d'intrigues qui ne tiennent pas la route. Le ton est bizarre, peu accrocheur, manquant de cohérence dans la narration.

Jun Nie, manhuaji de l'étrange et du burlesque

Diu Diu en devient irritant par instants, passable le reste du temps et l'idée de départ aurait pu être mieux exploitée pour parvenir à rendre justice au manhua. Mais il est plus inquiétant de constater que toute la folie douce développée dans My Street par le mahuajia est redistribuée sans finesse ici. Les aventures de Diu Diu n'en deviennent que plus difficiles à appréhender...

Par contre, le dessin reste un des points les plus fameux de l'oeuvre, précis, fin et donnant un air caustique à chaque personnage, Jun Nie s'illustre une fois de plus. Les personnages ont de bonnes têtes, très typés. L'esprit toon donne forcément beaucoup de passages en SD et comme d'habitude, la malheureuse victime devient la victime préférée dessinée à toutes les sauces. Le remplissage est bon, le découpage plutôt classique. Manquait juste un vrai intérêt pour l'histoire...

Difficile de dire à qui s'adresse le manga tant le public visé semble restreint. Le ton naïf et le manque cruel d'une histoire d'intérêt élimine les plus vieux, le manque d'action élimine les adolescents. Reste les plus jeunes mais auront-ils vraiment l'idée de lire Diu Diu et découvrir un panel de personnages sortis tout droit de Chine ? Un choix de publication étrange pour Xiao Pan même si l'édition rigide pourrait faire penser à une bande dessinée de poche. Sait-on jamais ? Des amateurs ?

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