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Donne-moi ton Amour / Déclic Sensuel

On ne change pas une équipe qui gagne. Tel semble être le mot d'ordre pour Asuka et sa nouvelle collection "Ladies". Ces second et troisième volumes de la collection sont en tout point semblables au premier, Deep Kiss. Il m'aura même fallu rédiger cette critique pour m'apercevoir que les auteurs des différents volumes n'étaient pas qu'une seule et même personne.

On aurait également pu dire "c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes" pour décrire ces mangas. Ils reprennent la recette qui a fait le succès du shôjo, en y ajoutant une dose de sexe explicite (mais sans tomber dans le Hentaï). Entre les volumes, les histoires suivent toutes peu ou prou le même modèle. Il faudra attendre le troisième tome pour voir une approche un peu différente des intrigues.

Donne-moi ton Amour
Donne-moi ton Amour
Dans Deep Kiss comme dans Donne-moi ton Amour, les histoires sont relativement sages. Le sexe fait partie de la vie des héroïnes, elles le recherchent, mais le scénario ne tourne pas uniquement autour de ce point. Pour en savoir plus, reportez à la critique du premier volume. En revanche, dans le troisième tome, intitulé Déclic Sensuel, il est très clair que le sujet n'est plus vraiment des romances teintées de scènes plus osées, mais très clairement le sexe en tant que tel. Les héroïnes ne sont plus préoccupées par les habituelles problématiques des shôjo, mais plutôt par la relation qu'elles et leurs copains ont vis-à-vis du sexe. On ne tombe pas pour autant plus dans l'érotique, mais on ne se dirige jamais vers une réflexion sur la place du sexe dans une relation amoureuse. Ce n'est pas plus mal, car ces considérations auraient sans doute été bien trop déplacées au milieu de tous ces clichés narratifs et visuels.

Encore une fois, ces trois volumes suivent les codes du shôjo manga. Ils les suivent même si bien que le lecteur a parfois du mal à faire une distinction entre les volumes. Pour les habitués du genre, et pour tous ceux qui repèrent facilement les clichés, ces mangas perdent rapidement tout intérêt. Il n'y a pas besoin de longtemps pour s'apercevoir que ces livres ne sont qu'un recyclage de clichés à la sauce "olé-olé". Dire que l'on regrette ce manque d'originalité est un doux euphémisme. Il est consternant de constater que des auteurs différents, sensés avoir des sensibilités différentes, peuvent produire des choses aussi similaires. Similaires aussi bien dans les histoires que dans les codes narratifs et les dessins. On arrive toujours à identifier à quel genre appartient un manga en le survolant, grâce au nombre de code qu'il s'approprie et qu'il véhicule, mais on atteint avec ces livres un autre niveau. Il ne s'agit que -et exclusivement- d'un amoncellement de clichés tous plus rebattus les uns que les autres. Et alors que les séries shônen ou shôjo arrivent généralement à préserver un tant soit peu l'illusion de l'originalité (certains mieux que d'autres), le simple de fait de les grouper dans une même collection, sous un même label, avec une édition similaire nous montre à quel point le milieu est régi par des règles de publications strictes et étroites d'esprit.

En soit, ces mangas ne sont pas plus mauvais que bien d'autres, et ils sont tous du même niveau, mais ils incarnent tout ce que l'univers du manga à de pire : le manque cruel d'idées et d'innovations. Pour un Monster ou un Akira, combien de Deep Kiss ? On est en présence d'un manga industriel, bien propre, bien lisse, parfaitement formaté pour un marché bien défini, mais qui ne pourra pas intéresser les amateurs de nouveautés.

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