7/10

DORAemon

Les aventures d'un chat venu du futur pleines d'humour !

Quick et Flupke. Tic et Tac. Boule et Bill. Doraemon et Nobita. Les duos comiques traversent les âges sans prendre de rides, c'est d'autant plus vrai avec le dernier cité connaissant un succès sans précédent au Japon avec un renouvellement de la série animée depuis trente ans et presque autant pour l'édition papier terminée en 1996. Alors à quoi tient le succès de ce titre de Fujiko F. Fujio ? Tout simplement à une incroyable bonhomie et aux nombreux gadgets entraînant des situations drôles dans un cadre relativement libre où la créativité des scénaristes n'était pas brimé lorsqu'il prétendait créer une série à destination des enfants. Amusant pour tout public, Doraemon met en avant le courage de Kana de publier une longue série (45 volumes) plus vraiment toute jeune...

Le chat venu du futur  

Doraemon, c'est pas du pipeau
Doraemon, c'est pas du pipeau
Nobita
est un jeune garçon assez irresponsable, complètement gaffeur et maladroit. Il est, de plus, régulièrement grondé par sa mère et ses professeurs à cause des mauvais plans qu'il imagine souvent.
Un jour, pourtant, débarque dans sa vie un chat-robot venu du futur. Il se nomme DORAemon, porte toujours une clochette autour du coup et a la particularité d'avoir des mains toutes rondes. DORAemon est en fait envoyé par le futur petit-fils de Nobita. Sa mission sur Terre : sauver Nobita de ses échecs successifs et donc sauver la famille de la déchéance. Il va donc devoir s'atteler à faire évoluer Nobita dans le bon sens et, par là, infléchir le destin. Inutile de préciser que cela ne sera pas de tout repos…

Car Nobita a l'art de cumuler tous les défauts. Pleutre, insouciant, gaffeur et surtout terriblement geignard, il représente l'enfant unique gâté à outrance par un couple de parents typique de la société nippone de l'époque. Notre héros se repose sur DORAemon, gentil chat extra-terrestre toujours plein de bonne volonté mais tout autant gaffeur. Ce duo de pieds nicklés agit dans le cadre de courts chapitre d'une vingtaine de pages mettant régulièrement aux prises Nobita face à ses camarades de classe. Souffre-douleur consentant par son attitude à toutes leurs moqueries, il règle rarement ses problèmes par le biais de DORAemon, ou au contraire les décuple. Ces petites histoires ont une morale souvent toute simple mais profondément efficace dont le message prioritaire consiste à évoquer la nécessité de se débrouiller seul et les joies de l'enfance de découvrir. On ne pourrait pas se passionner pour ces aventures minimalistes si l'humour délivré par l'auteur n'était pas à mourir de rire. L'alliance de l'humain et de l'extra-terrestre virent dans des quiproquos et autres situations rocambolesques inventives et sortant du cadre des shônen actuels du même genre. Du coup, c'est un véritable festival d'humour auquel nous convie Fujiko F. Fujio dans une bonhomie rafraîchissante.

Rires et bonhomie

Pas vraiment de scénario car les personnages n'évoluent pas ou peu. Les situations restent les mêmes que celles de départ et Nobita gaffe toujours autant. C'est le principe de ces duos comiques sans cesse renouvelable qui peuvent lasser au bout d'un certain nombre de volumes. Et DORAemon ne peut échapper à cette régle même si l'auteur nous gratifie de nombreuses situations salutaires (la découverte du monde des dinosaures ou celui de la galaxie...) mais le plus souvent de situations de la vie quotidienne d'un jeune garçon (devoir, relations aux autres...). Néanmoins, la bonne bouille des personnages ne saurait mentir, DORAemon donne la banane et la greffe en permanence sur le visage. Les personnages secondaires tout à fait conforme à la norme attendue donne la réplique sans pour autant apporter beaucoup plus à l'ensemble par leur caractère trop réducteur mais ils représentent quelques facettes de la jeunesse. Même si Nobita demeure le personnage central, c'est bien Doraemon qui garde la vedette avec sa poche ventrale magique, son petit air de père tranquille et sa crainte des souris. Sans Nobita, le personnage est aussi amusant.

A la manière des shônen de Tezuka, Fujio a adopté un trait arrondi efficace à défaut d'être admirable. Ses personnages bénéficient d'un traitement simple qui les fige tout de même énormément dans l'espace. Le découpage ancien laisse place à des vignettes assez vides mettant en scène uniquement les personnages (ou presque). Par la suite, le design évolue peu mais ce n'est pas la principale caractéristique du titre car tout se concentre autour de la rondeur de DORAemon, boule de poil unique en son genre qui se place en tant qu'alternative à la vie difficile de Nobita. Son côté rondouillard le rend sympathique et facilement adoptable par le lecteur. Le tout dans une bonne édition malgré quelques erreurs d'impression.

Un manga à mettre entre toutes les mains, laissant une impression de légéreté et de créativité. Un titre comme on aimerait en voir plus souvent avec un humour qui ne tombe pas dans le grotesque au fil des volumes ni dans la surrenchère de l'absurde. DORAemon mérite sa réputation mais saura-t-elle toucher des lecteurs plus de trente ans après malgré son graphisme ancien ?
A découvrir

Mail

Partager cet article

A propos de l'auteur

0 commentaires

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques