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Dream

Commet appréhender un manhua sans texte ? Ni la moindre bulle, ni une infime onomatopée ne viendra pervertir le dessin de LIU Feng. Pour une simple balade de quelques minutes dans un monde imaginaire en compagnie de deux personnages importants car uniques en leur genre. Sous la forme d'un one-shot tout gentillet, le plus proche parent de Dream se nomme Gon et lorsqu'on sait le potentiel d'interprétation de ce dernier, obtenir la BD chinoise entre les mains devient un objet de valeur qu'on ne saurait conseiller pour le dessin mais avec un scénario bien fluet.

Cochon ailé

Dream
Dream
Quel beau voyage en compagnie de ce sacré cochon magique ! Il vole et peut même me porter sur son dos. Nous voici donc partis à la recherche de la cité perdue, celle qui cache les plus fabuleux trésors, là où tout est à portée de main en abondance. Alors je me remplis l'estomac et les poches et nous voilà à nouveau dans les airs. Jusqu'à ce que...

L'histoire tient sur un post-il plié en quatre mais le conte va se révéler bien plus intéressant dans sa seconde partie. Le manque de texte renforce le pouvoir des cases qui contribue chacune à faire avancer le scénario à grand coup d'observation des détails et d'expression des héros. Le manhuaji n'a pas le droit de se louper sur la moindre case et il en est bien conscient, offrant un travail de tout premier plan avec une oeuvre coloré dans ses trois quarts. Le manque de coloration dans le reste de l'intrigue est le symbole d'un changement important dans l'histoire à tout point de vue, mettant en scène un cruel dénouement en l'espace de quelques pages sous forme de conclusion.

Dream on, dream on

L'association des personnages un peu rapide met en avant des thèmes propres à la sécurité matérielle et la volonté de s'échapper d'une morne réalité dans laquelle ils retombent trop vite. Les teintes orangées du rêve commun des deux héros montre la vie désirée du duo qui a bien du mal à s'en remettre avant de finir dans le grand guignol comique sur la toute fin.

L'ensemble est de toute beauté. L'orange contraste avec le noir et blanc plus classique mais LIU Feng prouve qu'il maîtrise de bout en bout son oeuvre même si le scénario apparaît léger. Les quelques illustrations de fin montrent un véritable autre talent de la BD chinoise après celui de Benjamin avec des cases très fouillées à tous les points de vue, desservant à merveille les caractéristiques des personnages et des décors. Les bulles auraient presque gâché l'attrait visuel du manhua...

Dream se révèle être un manhua pas essentiel mais à apprécier pour son dessin autant que pour sa morale cruel mais qui ne prouve pas grand-chose au final. Une petite douceur acide qui se déguste en cinq minutes pour apprécier ce retour au cauchemar d'un quotidien trop dur à supporter...

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Détenu 042

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