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DYS

Les chiffres de ventes des mangas font rêver toutes les maisons d'éditions, ce n'est une surprise pour personne. Alors que des auteurs se mettent à faire du manga, cela ne nous étonne même pas. En revanche, ce qui étonne avec ces « manfras », c'est qu'ils sont bien peu franco-belges.

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On avait déjà vu des BDs s'inspirer fortement du manga, avec plus ou moins de bonheur. On pouvait s'attendre à ce que les premiers manga franco-belges s'inspirent aussi de la BD franco-belge. Et surprise, pour DYS, il n'en est rien. A priori, il n'y a rien de mal à ça, loin de là. Le seul hic, c'est qu'à force de vouloir faire dans le style japonais, on arrive à quelques absurdités. Prenons par exemple les phylactères. Puisque le sens d'écriture est vertical dans l'archipel, les bulles sont étirées dans le sens de la hauteur. Du coup, lors de la traduction, les mots sont souvent coupés en deux, et les deux morceaux sont mis l'un en dessous de l'autre. Lorsque l'on aborde pour la première fois un manga, c'est très désagréable. Ce sentiment disparaît avec l'habitude, et ces mots découpés deviennent presque une caractéristique des mangas traduits. Dans DYS, on retrouve ces mêmes mots massacrés. On peut concevoir que l'auteur ait vraiment voulu faire du manga, mais là, c'est fait en dépit du bon sens. Même remarque pour les bulles énormes remplies par seulement deux mots. Elles sont une conséquence de la traduction, et ne devraient pas apparaître dans une création francophone.

Max est un bon à rien. Enfant colérique et gâté, il se retrouve presque livré à lui-même lorsque son père et sa mère déménagent suite à une promotion. Ses parents lui versent tout de même une généreuse pension pour lui permettre de finir ses études en toute tranquillité. Bien évidemment, Max se plante en beauté. Incapable de se présenter devant son père suite à cet échec, il décide de se débrouiller tout seul, et de devenir « quelqu'un d'important ». Hélas pour lui, il découvre bien vite que sans diplôme et sans expérience, trouver un travail n'est pas une chose facile.

Le thème principal est vu et revu, mais qui sait ? Les histoires de beaux gosses livrés à eux-mêmes dans la jungle urbaine donnent parfois de bons mangas.

Hélas, ce n'est pas vraiment le cas. On sent une certaine immaturité dans ce manga, que ce soit au niveau des dialogues comme à celui du dessin.
Bien que la langue de bois utilisée en entreprise soit très bien retranscrite (c'est aussi morne et inintéressant que dans la vraie vie) les dialogues dont le niveau de langue est courant ou familier sont assez mal fait. Les phrases sont beaucoup trop longues, et trop recherchées pour paraître naturelles. Ajoutez à cela des tournures un peu démodées (« c'est un chic type ») qui côtoient des jurons (« fait chier ce boulot ») et du politiquement correct (utilisation massive de « fichu » à la place de « foutu » lors de dialogues familiers), et vous aurez une impression d'amateurisme tenace. On a l'impression de lire une fanfiction, ou un manga tout droit sorti d'un fanzine. Non pas que les fanfics ou les fanzines ne produisent que des choses de qualité médiocre, mais il faut bien reconnaître que généralement, c'est le cas.
Et le dessin n'est pas là pour redresser la barre. Il donne lui aussi cette impression d'amateurisme désagréable. Les proportions ne sont souvent pas respectées (la taille des bras à tendance à varier), et les expressions des visages ne sont pas assez en accord avec les paroles. D'ailleurs, ces expressions sont nombreuses, mais elles souffrent du même défaut que les postures : elles sont trop peu naturelles. Les lecteurs des Rubriques A Brac verront dans DYS la plupart des gestes-quotidiens-des-héros-que-jamais-personne-ne-fait-dans-la-vraie-vie.

L'édition est celle de Pika, donc c'est bon, comme d'habitude. Mais cela ne sauve pas DYS, qui reste un cran en dessous de la production actuelle à cause de son apparent « amateurisme ».

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