7.5/10

Ecole Emportée (L')

Shô est un jeune écolier japonais. Pour lui, la journée a mal commencé puisque il s'est disputé violemment avec sa mère pour ensuite oublier son ticket de cantine. Pourtant, le garçon n'est pas encore arrivé au bout de ses surprises. En effet, un terrible tremblement de terre secoue alors toute l'école. Les élèves se calment quelques instants après la fin du séisme croyant le pire passé. Pourtant ils vont vite déchanter en comprenant qu'ils sont passés de Charybde en Scylla. Car autour de l'école, tout a disparu, le seul paysage qui s'étend à perte de vue est constitué de sable...

L'Ecole Emportée
L'Ecole Emportée
L'Ecole Emportée
est un manga qui fait parti des classiques au Japon. L'auteur : Kazuo Umezu est un mangaka reconnu dans son pays presque au même titre que Tezuka. Mangaka avant-gardiste, spécialiste de l'horreur comme de l'humour noir, Glénat nous livre ici une de ses oeuvre les plus connues.
L'Ecole Emportée a beau avoir plus de trente ans, on a rarement atteint une telle qualité et profondeur dans un scénario de manga. D'ailleurs, si l'Ecole Emportée met en scène de jeunes écoliers, le public visé est bien plus âgé. Car la trame de l'Ecole Emportée sert surtout de prétexte à l'auteur pour analyser le comportement des individus, et ici plus particulièrement des enfants, face à une situation dramatique, désespérante et fantastique.
Ainsi, Kazuo Umezu, à travers son manga, cherche à décrypter les réactions d'un groupe d'enfants se retrouvant seul. Livrés à eux-mêmes, les écoliers doivent en effet s'autogérer très rapidement. Le mangaka, par l'intermédiaire des différents élèves de l'école, analyse pas à pas le comportement de chaque enfant face à cette crise. En grossissant le trait, voir en caricaturant par moment, l'auteur parvient pourtant à dresser une analyse sociale et surtout psychologique de l'Homme.
En outre, l'Ecole Emportée nous propose un scénario bien plus compliqué qu'il ne le laisse présagé. Le suspense reste entier, mais encore plus fort, l'auteur arrive très souvent à duper son lecteur en l'envoyant sur de fausses pistes.
Pour autant, l'Ecole Emportée n'est pas exempt de défauts. Le trait grossi du comportement des personnages est trop souvent exagéré. Conséquences directes, certains personnages perdent en réalité. Ces caricatures rendent parfois même les scènes grotesques, à la limite du burlesque.
Enfin, certains aspects rappellent aux lecteurs que le manga date. Ainsi, des concepts et répliques du manga sont devenus obsolètes comme par exemple le discours sur le rôle de la femme dans le volume deux.

Graphiquement, le dessin du mangaka a plutôt bien vieilli, un peu à la manière de celui de Tezuka. D'ailleurs on retrouve quelques similitudes dans le style graphique des deux auteurs. Kazuo Umezu dessine dans un style proche ses personnages. Ils ne sont pas très détaillés mais ont la qualité de ne pas se ressembler et d'être expressif. En revanche, contrairement à Tezuka, Kazuo Umezu a beaucoup moins de talent que le maître au niveau de la mise en page. Celle-ci, bien qu'efficace, reste assez classique. Le découpage n'est en effet pas comparable à celui d'Ayako ou de L'Histoire des 3 Adolf. Pour le reste, le mangaka assure un travail de qualité. Les scènes sont bien rythmées et pas figées grâce au coup de crayon de l'auteur. Néanmoins, petit bémol concernant le manque de détail sur les décors. Cela leur donne un aspect mort, morbide, et vide. Toutefois, on peut se demander si au vue du scénario et de l'atmosphère du manga l'effet n'est pas voulu. A confirmer donc avec Makoto-chan, une autre série de l'auteur, dans un style comique à paraître au mois de juin chez J'ai lu.
Au final, l'Ecole Emportée avec son graphique old-school est un manga qui vaut la peine d'être lu. Si le dessin peut à première vue rebuter, il serait dommage de passer à côté de cette oeuvre à ranger sur son étagère pas loin des manga de Osamu Tezuka.

Coté édition, Glénat fait un excellent travail pour son premier manga au format bunko. Que cela soit au niveau du papier, de la jaquette ou encore de la reliure, le matériel utilisé est de qualité. Rien à dire non plus sur les retouches graphiques ou encore la traduction. Le prix un peu plus élevé que d'habitude pour du Glénat est logique étant donné que le format du manga comprend plus de pages.

 

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2 commentaires

  • cactus07

    23/07/2006 à 21h53

    Répondre

    hou là...alors moi j'ai bien aimé l'école emportée,meme si c'est sinistre...malheureusement j'ai pas pu lire le 7è tome,mais je peux juger sans je pense:je trouve les persos très réalistes...sauf Shou,qui ne se laisse jamais aller.C'est dommage,je trouve.
    A part ça,je n'aime pas le dessin:les personnages ont l'air tout raides XD
    mais on a toujours envie de savoir ce qui va arriver aux pauvres élèves(qui recoivent calamité sur calamité!!)

  • tartak

    10/09/2011 à 16h14

    Répondre

    Bon article, avec une toutefois une petite réserve ; non seulement les dessins de Kazuo Umezu sont objectivement très bons, mais je les trouve même assez au-dessus d'une bonne partie des mangas modernes (ce n'est qu'un avis personnel, mais dans une même veine scénaristique je les préfère de loin à ceux d'un Dragon Head, par exemple).

    Alors certes ils ont un côté un peu vieillot, et la comparaison de l'auteur à un Tezuka moins le génie du rythme et du découpage est très pertinente, mais j'ai un peu l'impression que si le dessin de l'École Emportée est si souvent cité comme un défaut, c'est surtout parce qu'il diffère assez des standards habituels du manga moderne, dont la relative uniformité m'ennuie un peu (au passage, je le conseillerais d'ailleurs à tout ceux qui pensent que les mangas se ressemblent tous...)

    Peut-être que si on met un peu de côté les attentes de pure convention qu'on peut avoir lorsqu'on ouvre un manga, on pourra s'ouvrir à une esthétique un peu plus inhabituelle et apprécier le dessin pour ce qu'il est : plein, soigné et incroyablement expressif...
    http://manga.krinein.com/ecole-emportee-l--2299/critique-2306.html

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