7/10

Emma

Emma est fait d'une ambiance originale pour une histoire classique mais avec beaucoup de scènes amusantes...

Kurokawa parvient toujours à nous surprendre par quelques perles rares dans tous les genres, dénichés à droite à gauche. Le dernier titre en date se nomme Emma et nous plante un contexte inhabituel pour une romance en pleine période de l'Angleterre victorienne. Au-delà de la surprise, le manga se révèle prenant par de multiples côtés amusants, donnant une joyeuse mise en scène avec des regards s'entrecroisant et des silences qui en disent long...

A cup of tea ?

C'est en rendant visite à son ancienne institutrice, Madame Stowner, que William Jones rencontre Emma, la domestique de la maison. Autour d'un portrait de William enfant, ils font connaissance et très vite William s'aperçoit qu'il n'est pas indifférent au charme de la soubrette. Pour la revoir, il va volontairement oublier ses gants... C'est le début d'une histoire d'amour impossible, entre un bourgeois gentilhomme et une domestique en plein cœur de l'Angleterre victorienne.

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Emma (c) Kurokawa
Emma
ne tombe pas dans le conventionnalisme. Bien au contraire. Le manga montre l'effet des classes sociales sur une époque réglementée par les codes de la société ultraconservatrice. Le charme timide d'Emma séduit beaucoup de nobles et bourgeois mais la pression des castes semble trop forte, la jeune femme semblant devoir rester célibataire à vie. William et de nombreux autres soupirants s'empressent de la courtiser pour la vie ou... pour une nuit. Le manga prend alors une tournure où les événements mettent souvent le jeune homme en fâcheuse posture devant sa belle. Aucun des deux ne semble vouloir faire le premier pas, on sent presque le shojô à gros tirage. Mais non. Emma joue sur les non-dits avec un pouvoir de séduction subtil à travers des tranches de vie humoristiques ou graves. Les regards ne trompent pas, ces deux-là sont faits pour s'entendre. Seulement, pour s'entendre, il faudra surmonter beaucoup d'épreuves allant contre les a priori. Loin d'être gagné.

Reine de cœur roturière

L'époque et les nombreuses remarques sur les gestes et coutumes de l'époque apportent du charme au manga. L'auteur crée une ambiance propice à la mise en scène de rencontres fortuites avec de nombreux personnages secondaires rendant l'histoire progressivement plus complexe. La force d'Emma est d'arriver à conforter son scénario très classique à travers un enrobage intéressant où l'humour est à la fête. Les mimiques et excès de William jouent pour beaucoup dans ce domaine.

Graphiquement, le trait de Kaoru Mori embellit le manga, en s'adaptant à l'époque : costumes, urbanisation, posture. Tout y est, pour le bonheur des yeux. Le chara design perd un peu de cette valeur avec des personnages peu détaillés et avec des yeux félins. L'expressivité est tout a contrario et constitue un plus non négligeable dans ce manga qui est, finalement, une œuvre de genre.

Adapté en anime, Emma est bel et bien une réussite. Superbe mise en scène avec une histoire qui peut tourner un peu autour du pot par moments mais avec des larges compensations qui apportent beaucoup à l'œuvre.
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