4.5/10

Enemigo


La famille Seshimo est à la tête d'un groupe immobilier Japonais puissant installé dans un pays fictif d'Amérique latine, le Nascencio, qui est très instable politiquement et où s'opposent un gouvernement communiste autoritaire et une armée de rebelles dirigée par le général Marquez. Dans cette famille, les deux fils ont suivi deux voies opposées : Ken, le grand frère (et également le personnage principal) est un ex-commando d'une unité d'élite, il vit à New York où il est détective privé. Kenichi, au contraire, marche sur les traces du père et conduit les projets industriels de l'entreprise jusqu'au jour où il se fait enlever par les rebelles de Marquez. Rien de tel pour énerver Ken et réveiller ses pulsions de Rambo ! Il décide ni plus ni moins de se rendre au Nascencio et d'aller tout faire péter pour délivrer son petit frangin qu'il n'a pas vu depuis 17 ans !

Même si mon résumé est un peu caricatural, il reprend assez bien l'idée de ce one shot qui, je dois l'avouer, m'a un peu déçu. Au niveau du scénario, il faut avouer que Taniguchi nous a habitué à bien mieux que dans Enemigo où le thème est presque survolé et où les problèmes soulevés sont présentés de manière totalement superficielle. Tout est prétexte à "l'envolée sauvage" de Ken qui révèle ses qualités de commando au fur et à mesure de son avancée dans le Nascencio. Mais Ken n'est pas le seul personnage à être assez moyen. Il faut aussi parler de Gloria. La secrétaire de Kenichi était membre d'un groupe de résistants et elle s'avère presque plus efficace que que Rambo Ken ! Elle connaît les raccourcis, les habitudes des gardes... Bref, un vrai couteau suisse qui permettra au héros de servir véritablement comme les "muscles" de l'opération sauvetage. On pourrait m'objecter que c'est une oeuvre de jeunesse mais malgré ça, quand on a lu d'autres titres de l'auteur qui sont sortis en France, ça pique un peu !

Ce qui sauve réellement Enemigo, ce sont ses graphismes et son édition. Le ton est donné directement avec la couverture. L'auteur cherche à faire dans le dessin réaliste et il faut avouer qu'il réussit avec brio. Chaque planche est très travaillée et présente de nombreux détails qui permettent d'apprécier pleinement les lieux successifs où se retrouve le héros et ses compagnons de fortune. Que ce soit la grande ville ou la jungle luxuriante, vous pouvez donc vous attendre à vous en prendre plein la vue. Comme à son habitude, Sakka a fait du très bon travail sur l'édition : grand format, adaptation tip top et bonus en fin de volume. En effet, pour notre plus grand plaisir, plusieurs petits entretiens viennent s'ajouter au récit, ce qui nous permet de voir le regard d'autres auteurs sur le travail de Taniguchi.

Malgré un style de dessin léché et un vrai réalisme rappelant le graphisme de certaines BD occidentales, la tentative de l'auteur de créer une intrigue autour d'un thème politique reste vaine tant le scénario reste simple et le dénouement prévisible dès les premières pages. L'histoire semble être calquée sur un mauvais film d'action américain où seules importent les scènes d'actions et non pas sur de la BD franco-belge, dont elle était censée s'inspirer. La volonté de créer un personnage charismatique, fort et taciturne avec Ken accompagné de son chien mangeur d'hommes, Little Boy, en rajouterait presque encore à la caricature de ce manga. Si vous aimez Taniguchi, dirigez-vous plutôt vers Quartier Lointain, L'Homme qui marche ou encore Le Sommet des Dieux parce qu'Enemigo n'est vraiment pas au niveau.

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A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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