5.5/10

Enfant aux Trois Yeux (L')

Vu l'engouement actuel pour les mangas, les éditeurs aiment ressortir les oeuvres des grands maîtres du genre. Asuka n'échappe pas à la règle et vient de publier L'enfant aux Trois Yeux de l'illustre Osamu Tezuka (Astroboy, Black Jack et bien d'autres). Les connaisseurs du mangaka ne seront pas décontenancés puisqu'on retrouve dans cette série de huit volumes tous les éléments habituels de l'auteur, que ce soit les personnages non manichéens, le héros physiquement bizarre ou le découpage en petites histoires qui se finissent bien.

L'enfant aux trois yeux
L'enfant aux trois yeux
Même si L'Enfant aux Trois Yeux est particulièrement célèbre dans le répertoire de Tezuka, ce n'est pas le plus réussi. L'histoire basique et répétitive ne parvient pas à accrocher et les années écoulées n'arrangent rien à l'affaire. On se retrouve dans le Japon des années 1970 à suivre les aventures d'un enfant pas comme les autres puisqu'il est chauve et doté de trois yeux (le frère de Ten Shin Han ?), deux placés au bons endroits et le troisième au milieu du front. Toujours est-il que cette caractéristique fait de Sharaku un être doté d'une double personnalité, passant du génie machiavélique au crétin profond lorsqu'on lui cache ce troisième oeil. Mais d'où vient-il et quelle peut être l'étendue de ses pouvoirs ? Le manga cherchera à répondre à ces interrogations mais l'on peut facilement annoncer dès les premières pages qu'il serait un descendant d'une civilisation disparue.

Quand on lit un shônen de Tezuka il ne faut pas chercher de grand scénario ou de personnages complexes mais simplement du divertissement. Effectivement, ce n'est pas avec une trame qui n'avance pas d'un poil et des aventures répétitives que l'on trouvera notre bonheur mais bien avec un ton humoristique et des situations amusantes. Tezuka sait y faire à ce niveau et L'Enfant aux Trois Yeux n'y coupe pas. Toutefois, ce manga est loin d'être sa meilleure oeuvre, les histoires manquant d'originalité entre elles et les personnages n'étant que peu développés. Le recours systématique aux histoires de civilisation ancienne et de troisième oeil dévoilé lasse rapidement et on a tout lu après seulement deux chapitres. Tezuka aime aussi que ses héros ne soient ni tout noirs ni tout blancs mais il a dû oublier les nuances de gris. La différence de caractère de Sharaku est trop importante puisqu'il réagit comme un enfant de maternelle ou comme le futur dictateur de la Terre. Oui ce n'est pas manichéen mais il ne faut pas abuser dans l'autre sens non plus. Et puis la jolie fille qui s'amourache du gamin de 5 ans laisse un goût d'incrédibilité dans la bouche.

Au niveau graphique Tezuka fait du Tezuka, à savoir des dessins clairs, ronds, agréables et orientés pour les enfants. Le sens de la mise en page et du découpage est toujours aussi bon, bien servi par l'édition d'Asuka qui nous offre un encrage de qualité. En revanche le petit format bunko fait pavé et sortir deux volumes au lieu d'un aurait sûrement été préférable.

L'Enfant aux Trois Yeux n'est sûrement pas le meilleur manga d'Osamu Tezuka. Il se lit facilement mais devient vite répétitif et seuls les amateurs de son humour et de son style graphique y trouveront leur compte. Pour le reste, il vaut mieux voir à côté.

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Nana 7.8

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1 commentaires

  • Anonyme

    14/09/2008 à 19h13

    Répondre

    Ce manga laisse une impression de malaise persistant en raison de l'absence de personnages auxquels on puisse s'identifier. On a l'impression qu'il y a là une fable sur la destructivité présente en chaque enfant, qu'il soit stupide ou suprêmement iintelligent. Cela induit un pessimisme profond.


    L'héroïne - outre que son attachement est difficilement compréhensible - est elle-même fascinée par le mal et les autres adultes apparaissent pareillement irresponsables et impuissants que l'enfant soit stupide ou intelligent.


    Enfin, le monde semble lui-même frappé de fragilité.


    Peut-être ce manga est-il désagréable en raison de ce qu'il laisse apparaître un côté noir chez Tezuka, le côté inhumain de l'infantile ou de lr'archaïque

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