7.5/10

Entre les Draps

Minako est la meilleure amie de Saki. Ensemble, elles sortent en boîte et font les folles. Seulement, Saki a un copain, qui lui offre l'amour que Minako ne pourra jamais lui offrir. De là, Minako restera dans l'ombre de son amie, à s'accrocher à leur amitié et à tout faire pour que son amie vienne vers elle, quitte à coucher avec son copain pour qu'ils se séparent.

Entre les draps
Entre les draps
Entre les Draps
n'est pas, à proprement parler, un yuri. A vrai dire, Entre Les Draps est très difficilement classable en tant que manga. L'auteur (Erica Sakurazawa) est sans aucun doute japonaise, mais qu'en est-il de son oeuvre ? Par son sujet, par ses dessins, par son déroulement, son atmosphère, Entre les Draps fait indubitablement penser à une bande dessinée de chez nous. L'influence européenne transparaît à chaque case, et seule la mise en page - et les bonnes vieilles trames à l'ordinateur - ressemblent à du manga. Seulement, qu'on ne se trompe pas, Entre les Draps reste aussi typiquement oriental, opérant un métissage des plus intéressants.

Les dessins sont le meilleur exemple de cette rencontre déjà annoncée par des auteurs comme Yayoi Ogawa (Kimi Wa Pet). D'une part le trait semble incontrôlé, parfois grossier, donnant parfois au personnage un gribouillis négligé en guise de visage, beaucoup moins strict et encadré que dans un manga. Un style moins rigide, où il n'y a pas besoin de traits pour suggérer le mouvement et la forme, et où l'on trouve des yeux aux proportions normales, mais aussi des expressions toujours très japonaises, et, au détour d'une page, une caricature, un dessin figé typique de l'art japonais. C'est à travers le dessin que le mélange est le plus agréable et le plus évident. Il est dommage qu'on garde cette tendance très manga consistant à ne dessiner que la moitié des décors, mais aussi ce coté brouillon qui rappellera L'Habitant de l'Infini à certains et Corto Maltese à d'autres. Tout va donc pour le mieux.

Entre les Draps n'est pas un yuri, disais-je. A travers le personnage de Minako, c'est le désarroi et la jalousie que l'on découvre. Attachée à une amie qu'elle aime d'un amour pur et sincère, elle cherche à la protéger des hommes, sans se rendre compte ou vouloir admettre que Saki est prête à passer à travers mille souffrances pour pouvoir continuer à être avec cet homme volage qui lui ressemble tant et qui est donc le seul à comprendre cet aspect de sa personnalité et que Minako s'obstine à ne pas voir. D'une simple amitié, Minako devient obsédée par Saki qui deviendra l'objet de son désir égoïste, et de l'amour innocent, le lecteur assistera à un éveil à la perversion.

Inutile de préciser qu'Entre les Draps s'adresse à un public plutôt adulte, non seulement par ses dessins mais aussi parce qu'un p'ti jeune ne risque pas de trouver beaucoup d'intérêt à l'oeuvre (si ce n'est les dessins en question, peut-être). Cela dit, Entre les Draps est un très bon manga, teinté de cette sensibilité que l'on attendrait d'un vrai yuri, alors qu'il n'en est pas un...

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