Entretien avec un Yuki Kodama - Mangaka le jour, vampire la nuit

Certains d'entre vous ne le savent peut-être pas mais il y a quelques jours avait lieu le salon du livre à Paris. Les éditions Kurokawa avaient invité Yuki Kodama, auteur de Blood Lad et Krinein en a profité pour lui poser quelques questions !


Si vous désirez voir comment le dessin a été réalisé, cliquez sur ce lien pour un petit Vine sympathique ! 

 

Bonjour, pour vous présenter un peu auprès de nos lecteurs, est-ce que vous pouvez nous donner une information sur vous que vous n'avez encore révélée dans aucune autre interview ?

Yuki KODAMA : Hum… Une chose que je n'ai jamais révélée à personne c'est qu'Hamatora est une série finie mais je travaille déjà sur autre chose qui va devenir un anime. Encore un peu de patience pour savoir de quoi il s'agit !

 

Est-ce que vous pouvez parler de ce que vous avez fait avant Blood Lad ?

Yuki KODAMA : Avant Blood Lad, j'ai écrit de nombreux récits courts mais qui n'ont malheureusement jamais connu la vie en volume reliés.

 

Est-ce que vous pouvez nous parler des oeuvres qui vous ont le plus influencé ?

Yuki KODAMA : Dragon Ball (Akira Toriyama), Akira (Katsuhiro Otomo) mais aussi Ranma 1/2 (Rumiko Takahashi).

 

En lisant Blood Lad, impossible de ne pas se dire que vous n'êtes pas accros aux manga et aux jeux videos. Est-ce qu'il y a des titres que vous suivez religieusement à l'heure actuelle ? Quel est le dernier jeu auquel vous avez joué ?

Yuki KODAMA : Je me suis remis à Street Fighter IV il n'y a pas longtemps, c'est le dernier jeu auquel j'ai joué sérieusement. En ce qui concerne les manga, en ce moment, je relis le manga Parasite (Hitoshi Iwaaki) qui est remis au goût du jour avec la diffusion de l'anime.

 

Blood Lad, c'est l'expression qu'utilise Wolf pour s'adresser à Staz mais le mot "lad" a plusieurs significations en anglais (mec cool, écuyer, une expression vieillotte pour designer un jeune homme, un pote...), selon vous, laquelle définit le mieux Staz?

Yuki KODAMA : Selon moi, c'est plutôt le jeune homme car Staz n'a rien d'une aide et c'est en pensant à un simple jeune homme que j'ai utilisé ce mot la pour la première fois.

Le manga est bourré de références à d'autres titres (Dragon Ball, Tetsuwan Atom...), le côté "relax" de Staz est très Yoh de Shaman King... vous ne trouvez pas ?

Yuki KODAMA : Non, je n'ai pas particulièrement l'impression que Staz et Yoh soient similaires !

Qu'en est-il du D. dans le nom de la famille du frère de Staz est-il un hommage à One piece ?

Yuki KODAMA : Non, je n'y avais vraiment pas pensé comme ça mais maintenant que vous me le dites, je le vois. Cependant, c'est vraiment un hasard ! (rires)

Pour aller plus loin, chaque membre de la famille de Staz a une initiale en milieu de nom, est-ce qu'elle a une signification particulière ?

Yuki KODAMA : Eh bien même s'ils ne sont pas tous donnés directement dans le manga, je peux vous dire que le D signifie Daniel, le C est pour Charlie et le T représente Tiffany. Il n'y a pas de signification particulière comme vous pouvez le voir. Je voulais juste que leur nom soit plus long parce que ça fait cool et aussi plus noble en fait.

 

Le debut de Blood Lad est très shônen avec un jeune garçon qui se lance dans une aventure (en l'occurrence la recherche d'un moyen de ressusciter Fuyumi) mais très vite, le scénario s'assombrit et on a le droit a une ambiance plus seinen. Est-ce que c'est quelque chose que vous aviez en tête depuis le début ?

Yuki KODAMA : En fait, c'est un manga qui a débuté de manière assez brusque donc je n'ai jamais vraiment eu le temps de réfléchir à ce que j'allais faire par la suite. Ce changement est donc plutôt venu au fur et à mesure de l'histoire. Ce n'était vraiment pas planifié au départ.

 

La serie compte maintenant 11 volumes en France et 13 au Japon (si ma mémoire est bonne), quelle est la scène que vous avez préféré dessiner ?

Yuki KODAMA : En réalité, c'est impossible d'en choisir mais je serais tenté de dire que j'adore dessiner les scènes où on voit les culottes de Bell !

 

Les magies de téléportation sont celles qui semblent être les plus prisées dans le monde de Blood Lad. Pourquoi ce pouvoir en particulier ?

Yuki KODAMA : Elles sont aussi importantes tout simplement parce que c'est très pratique pour moi ! Pour vous dire la vérité, en tant qu'auteur, c'est parfois même un peu trop pratique… à tel point que ça en devient gênant.

Dans ce cas, est-ce que vous avez pensé à une manière de les limiter ?

Yuki KODAMA : Je crois que je les limite moi-même en utilisant le caractère et la façon d'être de chacun de mes personnages.

Dans Blood Lad, la magie et la science coexistent et l'une ne semble pas plus importante que l'autre. Est-ce que cette relation d'égalité est importante pour vous ?

Yuki KODAMA : Oui tout à fait. Sans cela, il serait impossible d'avoir un bon équilibre dans le monde que j'ai créé.

 

Est-ce que vous pouvez nous parler de votre travail sur Hamatora ?

Yuki KODAMA : Comme ce n'est pas une histoire que je n'ai pas imaginée moi-même, c'est une méthode de travail un peu différente. Je n'ai eu qu'à dessiner mais ma mission était quand même de rester aussi proche que possible de l'oeuvre que j'étais censé adapter. Il ne faut pas non plus oublier qu'il y a beaucoup de gens impliqués dans la production d'un dessin animé. On ne peut donc jamais vraiment faire ce que l'on veut. Il y a toujours des deadlines !

Sachant que c'est une adaptation sur une série animée, comment avez-vous adapté votre méthode de travail ?

Yuki KODAMA : En fait, pour être sûr de ne pas avoir de problèmes, j'avais pris beaucoup d'avance sur Blood Lad. J'ai donc eu le temps de me mettre sur Hamatora mais je pense que je n'ai pas été très raisonnable sur ce coup là donc je n'aurais pas pu continuer très longtemps.

Quel niveau de script receviez-vous sur Hamatora ? Est-ce que vous aviez déjà le storyboard ?

Yuki KODAMA : Je recevais le scénario sous forme de texte qui contenait l'histoire mais aussi la description de certaines scènes et les répliques. Je n'avais donc qu'à « digérer » tout ça pour le mettre en images. Il y a parfois certaines choses que je changeais donc je faisais quand même un nemu (NdlR : storyboard très schématique, l'une des premières étapes de la création d'un manga) pour approbation mais mon boulot consistait surtout à transformer le texte en images.

Vous étiez chara-designer sur la série animée, non ? Quelle était votre implication ?

Yuki KODAMA : J'étais là dès le début du plan pour la production du dessin animé et j'ai eu de la chance car on m'a laissé carte blanche pour le design des personnages. Je n'avais aucune contrainte à ce niveau là. Par contre, j'ai eu l'impression que le sentiment de responsabilité vis à vis de l'oeuvre, et des deadlines, était un peu dilué dans la mesure où l'on ne travaille jamais seul. Pour Blood Lad, c'est de moi et de moi uniquement que dépend la continuité de la série alors que sur un dessin animé, c'est un peu plus facile à appréhender puisqu'on était plusieurs.

Quid du changement d'univers et d'ambiance entre les Blood Lad et Hamatora ? Ce n'était pas dur de passer de l'un à l'autre ?

Yuki KODAMA : Alors oui, c'était un peu difficile de passer de l'un à l'autre mais il ne faut pas oublier que je ne m'occupais pas du tout du scénario de Hamatora. J'avais beaucoup moins de travail en amont donc ce n'était pas quelque chose d'insurmontable.

Est-ce qu'il vous est arrivé de glisser un ou deux personnages de Blood Lad discrètement dans un background ?

Yuki KODAMA : Eh oui, j'ai glissé un personnage qui ressemble à Fuyumi dans le premier chapitre d'Hamatora qui n'était prévu que pour le clin d'oeil. Cependant, comme le scénariste l'a beaucoup aimée, elle en est venue à revenir plusieurs fois !

 

Pour terminer, est-ce que vous pouvez nous parler rapidement de votre avenir ? Est-ce que Blood Lad arrivera bientôt a son terme ? Est-ce que vous avez déjà de nouveaux projets en tête ?

Yuki KODAMA : J'arrive à une période où je suis en train de penser à la fin de Blood Lad et j'ai déjà dans ma tête la prochaine série que je veux réaliser mais aucune de ces deux idées n'est encore définie. J'en suis encore au stade où je les affine dans ma tête. En théorie, je pense finir Blood Lad en 15 ou 16 tomes.

Merci beaucoup et bonne fin de séjour !

 

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C'est tout pour aujourd'hui mais n'oubliez pas qu'en ce mois d'avril sort le deuxième tome de Bloody Brat, un yonkoma très apprécié de l'auteur basé sur l'univers de sa série Blood Lad dont vous pouvez retrouver les onze premiers volumes chez Kurokawa !

 

Traduction : Grégoire HELLOT - @Goldengreg sur Twitter

Remerciements : Adeline LABORIE et le staff des éditions Kurokawa (KuroBlog et Compte Twitter) pour l'organisation de l'interview.

Interview réalisée par Salomon IFRAH - @Krinein_OuRs256 sur Twitter pour Krinein.com

 

A propos de l'auteur

Un peu fou mais passionné de manga depuis ma plus tendre enfance, je n'hésite pas à tester tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi en fait...).

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