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Escadrille des Nuages (L')

A une époque inconnue où les zeppelins sont encore considérés comme un moyen de transport privilégié, de nombreuses et audacieuses attaques aériennes, orchestrées par le groupe des Sastros : des pirates de l'air cruels et sanguinaires, déstabilisent de nombreux gouvernements. Pourtant, ce n'est ni l'argent, ni la gloire qui intéressent la jeune Koto et son groupe d'amis. Ils semblent plutôt chercher à déjouer les manigances d'armées peu scrupuleuses voulant les faire passer pour ce qu'ils ne sont pas... Mais quelle est leur véritable mission ? Et pour qui travaillent-ils vraiment ?

L'Escadrille des nuages nous raconte donc l'histoire de ces pirates de l'air pas tout à fait comme les autres. Pour ce premier volume, on a le droit à deux missions des Sastros. Celles-ci nous permettent de nous familiariser avec les six membres de l'équipe et de découvrir leur caractère bien tranché. Rivalités, gags et bonne humeur sont au rendez-vous. Si le mangaka Hirokastu Kihara n'a pas cherché à créer des personnages très originaux, il a au moins rendu ses protagonistes attrayants. La sauce prend bien d'autant plus qu'en elle est magnifiquement mise en image par Aki Shimizu (voir plus bas).
En outre, ce premier volume nous permet de découvrir petit à petit le scénario du manga. Si à première vue on pourrait croire que l'intrigue ne portera que sur de banales missions des Sastros, on comprend très vite que derrière ce groupe se cache un commanditaire secret tout comme dans le camp opposé de l'armée où l'on aperçoit déjà quelques manipulateurs.
Entre Mission Impossible et Les Mystères de l'Ouest d'après l'éditeur Soleil, l'Escadrille des nuages se rapproche tout aussi bien d'une série d'animation comme Last Exile.


La couverture de l'Escadrille des nuages est alléchante. A première vue le chara-design apparaît plutôt bien travaillé et étudié. Les couleurs y sont chatoyantes. On pourrait comparer cette image de jaquette avec celles des jeux vidéo et je suis sûr qu'on y trouverait des points communs. Bingo, en regardant la bio de la mangaka Aki Shimizu officiant ici au dessin on remarque qu'elle a débuté sa carrière comme illustratrice et comme chara-designer de jeux vidéo pour passer ensuite au manga.
Graphiquement, la mangaka nous propose un trait souple et maîtrisé. Le dynamisme des planches et notamment celles mettant en scènes les combats aériens est indéniable. Dommage toutefois que certains passages soient trop surchargés et en deviennent difficiles à suivre. En revanche, la dessinatrice se rattrape sur sa mise en page et surtout sur les choix d'angles utilisés. Entendons par là par exemple, les plongées et contre plongées utilisées pendant les scènes aériennes. Ainsi de ce côté-là l'originalité est au rendez-vous et l'auteur exploite pleinement les possibilités offertes par le scénario.
Un dernier mot concernant le chara-design et la boucle sera bouclée. La mangaka se montre donc à l'aise et logiquement débrouillarde dans ce domaine, on peut même dire que c'est sans doute son point fort dans l'Escadrille des nuages. Chacun des protagonistes est travaillé avec minutie. Sans difficulté, on les reconnaît du premier coup d'oeil et on apprécie leurs particularités. Toutefois, notons que le travail de Aki Shimizu à été grandement facilité pour cette oeuvre car les protagonistes principaux sont tous des stéréotypes. Au programme donc le balaise, la pro des explosifs, celle des déguisements... Ainsi, l'auteur n'a pas eu besoin de se creuser pour en faire des entités différentes.

L'édition de Soleil commence enfin à se rapprocher de ce que propose les autres éditeurs français. Le schisme avec Végétal aura donc été bénéfique. On notera tout de même des coquilles d'éditing comme des « espaces » oubliés entre les mots et surtout plusieurs orthographes différentes pour le groupe de héros : Sastros, Sarastros ...? La question est posée.

Au final, l'Escadrilles des nuages se révèle un manga divertissant. Si le monde créé et encore plus les personnages n'ont rien d'innovant, le traitement de l'histoire et la qualité du dessin vous permettront de passer tout de même un bon moment. La série contient quatre tomes, gageons que le scénario principal se mettra en place rapidement et que l'histoire ne traînera pas en longueur. Un argument de poids dans le monde du shônen qui je suis sûr en décidera plus d'un.

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2 commentaires

  • platypus-sensei

    16/06/2006 à 10h30

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    je viens de lire le volume 4 qui clot la série et quelle déception! la série s'arrête abruptement, plein de questions restant sans réponse. le scénariste prend d'ailleurs la peine de s'excuser pour cette fin "en queue de poisson" (il ont apparement dut arreter la série précocément). dommage car elle était vraiment prometteuse...

  • Anonyme

    20/07/2009 à 17h31

    Répondre

    Est-ce que quelqu'un saurait pourquoi la série à du s'arreter aussi vite?

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