3.5/10

Etrange Petite Tatari (L')

Comme tant d'autres, Hanako Inuki s'est spécialisé dans le manga d'horreur avec ses qualités et ses nombreux défauts. Après La Femme Défigurée, c'est au tour de L'Etrange Petite Tatari de paraître chez Akata. Difficile de rendre un kowai particulièrement intéressant surtout lorsque l'action ne dépasse pas le cadre scolaire et que l'intensité en est réduite à des moments de terreur classiques. La tâche est ardue mais la mangaka s'en tire plutôt bien malgré l'intérêt limité du genre.

Malédiction !

Tatari
Tatari
Tatari est une collégienne de 12 ans maladroite et timide. Chaque année, elle rêve de se faire des amies mais ses camarades de classe la persécutent car elle a un air lugubre et est bien différent des autres. Elle tient un journal intime où elle raconte ses aventures à l'école, lieu de ses pensées les plus intimes. Heureusement, Tatari possède le pouvoir inestimable de jeter des malédictions... et n'hésite pas à s'en servir !

Si le journal est un prétexte à la narration subjective, le manga demeure bel et bien dans les normes de l'horreur. Mais plus encore, c'est le style linéaire des intrigues qui rend immédiatement le manga peu appétissant : Tatati espère se faire un ami, celui-ci la déçoit et la persécuté au point de soulever la colère du laideron. Tombe alors la malédiction jusqu'à la punition mortelle ou correctionnelle. Et ainsi de suite sur l'ensemble des chapitres. Autrement dit, l'intrigue est réduite à son postulat de départ et la condition de Tatari n'évolue pas d'un pouce car chaque chapitre est à prendre indépendamment du précédent. Plus que l'histoire, c'est le personnage principal qui concentre l'intérêt car les questions s'accumulent sur son compte, un peu à la manière de Shitaro-kun... mais en bien meilleur.

Otarie, Atari, Tatari...

Les valeurs de tolérance et de respect des autres sont employés pour faire peur avec le message de ne pas juger sur l'aspect physique des individus. Tatari est la plus douce des camarades de classe mais le côté malsain et cruel des enfants choisissant leur mouton noir et l'accablant de tous les maux. L'étrange ne rentre en compte que pour régler le problème. Le problème de l'ijime (élève persécuté par ses camarades) est la toile de fond de cette oeuvre avec une morale tendant vers la loi du Talion. Du coup, le manga ne donne pas forcément dans la peur mais dans la vengeance froide et calculée. Mais pas toujours dans le finaud et avec un surenchère progressive...

Côté dessin, la couverture reflète l'intérieur du manga avec un chara design assez hors du commun. Les personnages possèdent des yeux libidineux, des têtes toutes plus bizarroïdes les unes que les autres et une impression de dégoût s'en dégagent. Pour autant, le style fait son effet et - qu'on accroche ou pas - reste durablement en mémoire. Le principe même du dessin de kowai est de se concentrer sur les personnages et leurs émotions, plutôt que sur le reste : technique appliquée à la lettre par Inuki dont les fonds et le détail restent sommaires.

L'Etrange Petite Tatari se classe directement dans la case kowai sans grand effet novateur. Le genre a du mal à s'imposer et on attend toujours l'étincelle qui le fera décoller. En attendant, celui-ci est plutôt amusant mais pêche par excès d'orgueil en tentant de soulever des valeurs et une morale véritablement trop consensuels pour ne faire qu'effrayer des jeunes adolescentes sensibles...

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2 commentaires

  • Anonyme

    22/04/2007 à 08h33

    Répondre

    C'est de la méga-bombe de balle !

    Enfin un manga que l'on peut passer à des potes pour qu'il se refassent une idée des mangas en général !

    En seulement 15 pages, vous êtes accro ! parce que chaque chapitre est une histoire indépendante.

    Vivement le dessin animé !

  • Anonyme

    22/07/2007 à 00h11

    Répondre

    Un bon manga d'horreur, où l'on retrouve Tatari petite élève de
    collège qui est la souffre douleur de sa classe. Pour se venger, elle
    leur jette des maledictions.


    Très intéressant tant au niveau de
    l'histoire qu'au niveau du dessin. Ce dernier reflète bien l'horreur
    des situations mais donne en plus un coté comique qui nous pousse à
    rire du malheur des élèves maudits par Tatari.


    Seul bémol, c'est assez répétitif...et il n'y a pas d'intrigue principale, seulement des petites histoires accolées... 

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