6/10

Excel Saga - le manga

Rappelez-vous... Il y a maintenant, un an, un siècle, une éternité, Canal + diffusait des séries animées à l'heure de l'après goûter. Parmi elles, GTO ou Monster mais aussi une série complètement délurée exploitant le génie de l'absurde à gogo et répondant au doux lyrisme d'Excel Saga. Avec des personnages hauts en couleur et une vague histoire de conquête d'une ville indéterminée tournant souvent à la dérision et à la parodie, le spectateur se retrouvait souvent les quatre fers en l'air, se bidonnant de situations drolatiques mais lassantes sur une durée de vingt-six épisodes. Nous nous étions empressés de les interviewer. Suite au succès, Kabuto eut la bonne idée de publier le manga originel de Koshi Rikdo pour infliger de nouvelles douleurs au ventre de fans en manque de rire mais bizarrement le manga ne se distingue pas autant que son adaptation. Le point avec Excel et Hyatt...

Retour à ACROSS

Krinein : Vous vous rappelez de moi ?
Excel : T'es qui toi ?
Hyatt : Oui, bien sûr.

K : Et la conquête de la ville, ça avance ?
E : Ah... euh... ça ne peut que s'améliorer vu le nombre d'échecs que nous avons accumulé mais je suis trop trop confiante, la prochaine sera la bonne et puis bon, après tout, faut dire qu'il y a toujours un ennemi pour nous mettre des bâtons dans les roues.

K : Que devient l'adorable chien Menchi ?
E : On l'a mangé au petit dej'...
K : Non ?
E : Non.

Un ange passe.

K : Hum... bien, nous avons sollicité Ilpalazzo mais il a refusé de se faire interviewer. Pourquoi ?
E : Le maître possède des projets beaucoup plus importants que de répondre à des scribouillards
H : Il est en vacances.
E : C'est ce que je disais, respecte ton rang numéro 3 et obéis à ton supérieur ! C'est top secret ! On ne doit pas dire qu'il est parti chercher des fonds pour inventer de nouveaux plans géniaux servant à améliorer notre couverture dans l'intention de renverser le maire aux moustaches géantes qui gouverne cette ville pour encore peu de temps.
H : Chef !
E : Oups... on coupera au montage.

K : Et que répondez-vous à ceux qui vous distinguent comme Excel la stupide et Hyatt la douce ?
E (approchant avec un regard méchant) : Paf !

Un incident technique met malencontreusement fin à cette interview.

Excel Saga
Excel Saga
Comme le manga, les scénarios sont de courte durée et fleurent bon le n'importe quoi organisé par un mangaka très inspiré pour mélanger différents éléments partant dans tous les sens avec un choix assumé pour la dérision et la parodie des oeuvres sous tous supports. Mélangeant les genres avec pas mal de brio, l'histoire conserve son rythme entraînant en provoquant rire devant la fascination pour l'immensité dérisoire des missions des deux agents d'ACROSS. Ceci dit, la situation de départ n'évolue jamais ou presque et les différentes missions se succèdent et se concluent par des échecs, ni plus ni moins, comme on pouvait s'y attendre. Les deux filles sont largement supplantés par la tripotée de personnages secondaires venant prêter main forte l'espace d'une mission en s'adjugeant les rôles principaux pour quelques pages. Tout ceci entraîne véritablement une lassitude au bout d'un certain nombre de volumes (seize au total) du fait de la stérilité d'un scénario qui part très rapidement en vrille.

Error in database

Ce sentiment se révèle dérangeant pour la narration mais encore plus dans la mise en scène où le lecteur se retrouve perdu, voire complètement largué. Autant la version animée permettait de suivre avec aisance les saynètes des nombreuses histoires, autant la version papier marque le pas par son grand nombre de personnages et un rythme saccadé, sans aucune considération pour la viabilité de « l'intrigue ». Bref, à son grand désarroi, le lecteur est contraint de faire appel à ses neurones et a beaucoup d'imagination pour comprendre ce qui se passe sous ses yeux. Mais il suffit d'une case bien sentie pour redéclencher le rire.

Question dessin, Koshi Rikdo ne se foule pas des masses et propose un trait assez classique avec des personnages féminins dans les canons du genre et des personnages masculins légèrement plus perfectionnés, le maire moustachu se révélant comme une trouvaille excellente. Tous les personnages sont des stéréotypes d'un manga déjà-vu et les « guests » sous la forme de personnages extrêmement connus des amateurs (les personnages de Leiji Matsumoto) ou parodiant un genre (les soubrettes par exemple) ne font qu'agrémenter le délire ambiant. Et forcément le SD et le découpage donne une connotation encore plus folle, laissant de côté un remplissage pauvre.

Un humour de situation à 200km/h mais une narration et une mise en scène décevant par rapport à celle de la série laisse pantois devant la version papier d'Excel Saga, d'autant plus que l'impression n'est pas au top de sa forme. Un petit manga sans autre prétention que de présenter l'humour absurde nippon dans son plus fantastique n'importe quoi...

A découvrir

Reborn

Partager cet article
A voir

Fragment

A propos de l'auteur

2 commentaires

  • trab

    28/11/2006 à 21h42

    Répondre

    J'ai acheté le 1er tome et je me suis arrêté là, j'aurais pu prendre le 2ème par curiosité ...

    J'aimais bien l'animé que je trouvais plutôt rigolo mais c'est vrai que le manga semble moins rythmé.

    Peut-être que ça vient de la difficulté pour la traduction de retranscrire l'humour original ?

  • juro

    29/11/2006 à 00h11

    Répondre

    Certainement en partie mais c'était déjà le cas pour le même genre d'oeuvre comiques comme Keishicho 24 ou Dr Slump mais ce qui m'a surtout gêné c'est la mise en scène où parfois on ne comprend véritablement rien à ce qui se passe... sans compter les ellipses d'une page pour en revenir au scénario de départ. Tout ça passe beaucoup mieux avec l'anime...

Participer à la discussion

Nous nous réservons le droit de ne pas publier les commentaires qui ne nous semblent pas appropriés (netiquette, loi, point godwin, imbécillité profonde, etc.). Et ne venez pas crier à la dictature !

Vous allez commenter en tant qu'invité-e :

Chez Krinein Manga et animes, c'est la culture japonaise qui est mise à l'honneur grâce à des critiques de shonen, shojo et autres termes bien connus des vrais fans. Toi même tu sais.

Rubriques